ArcheOn

13 août 2018

Chapelle Saint-Eloi de l'Arbre Inférieur

Nul ne sait quand fut fondée la chapelle de Saint-Eloi, aujourd’hui disparue, au quartier de l’Arbre Inférieur.

Ce n’est en effet qu’au début du XIXème siècle que cette chapelle semble refaire surface dans les archives, quand, en 1809, des marguilliers demandent les chapelles de Saint-Lambert et Saint-Eloi pour leur paroisse. Cette chapelle, « sise au quartier de l’Aubre », semble cependant en mauvais état au début de ce siècle, car en 1863, Antoine Tonino achète une propriété à l’Arbre Inférieur « où existe une chapelle dédiée à St-Eloi mais depuis longtemps laissée à l’abandon ». Il va cependant la faire restaurer et demander la « permission afin qu’elle puisse à l’avenir être officiée ». Malheureusement, l'édifice est détruit dans la seconde moitié du XXème siècle pour la création de bureaux et d'entrepôts, et notamment la construction d'un dépôt de bus, lui-même détruit en 2012 pour la construction d'un programme immobilier. Il ne reste donc plus rien de la chapelle Saint-Eloi.

chapelle St Eloi Nice

Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, cette chapelle n’était pas située au niveau de l’impasse de Saint-Eloi toute proche, mais en bas de l’ancien chemin de Saint-Yriel, qui descendait jusqu’alors au Paillon. Elle figure dans le cadastre napoléonien à la parcelle 954, propriété de Tonino Antoine, boulanger à l’Arbre Inférieur.

Cependant, si cette chapelle est désignée comme chapelle de « St. Eloi » sur une carte de 1883, elle apparait aussi sous le nom de « St. Erei ». Or, il s’agit d’une contraction de Yrieix (dont le nom romain était Aredius), la véritable orthographe de Saint-Yriel. Ces deux toponymes, Saint-Eloi et Saint-Yriel, concernaient-ils deux chapelles différentes ou un seul édifice ? La chapelle Saint-Eloi n’est en effet mentionnée sous ce patronyme qu’au XIXème siècle. Le seul plan qui indique cet édifice sous le patronyme d’Yrieix date vraisemblablement du XVIIIème siècle. De plus, il se situe au commencement du chemin dit de Saint-Yriel, qui existe encore en partie aujourd’hui. Faut-il y voir un changement de titulature à la fin du XVIIIème siècle ? Y avait-il une autre chapelle au niveau de l’impasse de Saint-Eloi, impasse moderne située à quelques mètres du chemin de Saint-Yriel ? Cela semble peu probable.

Cartes figurant la chapelle Saint-Eloi

Je rajouterai que dans l’hagiographie, saint Yrieix et saint Eloi sont « liés », dans la mesure où saint Eloi nait au moment même où meurt saint Yrieix et où il est donc considéré comme son successeur. D’ailleurs, Yrieix est à l’origine de la première fondation monastique du limousin, le monastère d’Attanum, et Eloi, qui lui succède, est à l’origine du deuxième monastère du limousin, celui de Solignac. Krusch a d’ailleurs démontré que la vita d’Yrieix (attribuée à tort à Grégoire de Tours) était inspirée de celle de saint Eloi.

Saint Eloi a-t-il succédé à saint Yrieix en tant que saint patron pour la chapelle de l’Arbre Inférieur ? On ne peut l’affirmer. Mais sur le plan symbolique, le parallèle avec la succession de saint Eloi en tant que fondateur de monastère, à la suite de saint Yrieix, est saisissant. Rappelons d’ailleurs que le chemin Saint-Yriel permettait de se rendre des bords du Paillon au … monastère de Cimiez !

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04 juillet 2018

Chapelle Sainte-Anne de l'avenue Isabelle

 

Façade de la chapelle

Cet édifice, que la tradition orale attribue à sainte Anne, se trouve au bout de l’impasse Isabelle, du nom d’un des anciens propriétaires de ce secteur, Isabelle Colombo qui résidait avenue Félix Faure mais possédait à Cimiez une maison de campagne. Une confusion avec la proche chapelle Sainte-Anne n’est cependant pas à exclure.

IMGP1478Cette chapelle orientée ouest-est est composée d’une nef courte et d’une petite abside à trois pans coupés. Elle mesure environ 4,50 mètres de long pour 3,5 mètres de large. La façade de l’édifice est percée d’un oculus ovale et de deux fenêtres dont les encadrements sont en briques. Elle présente sur la gauche ce qui pourrait s’apparenter à un contrefort mais qui est en réalité le moignon d’un des murs de la maison qui était autrefois accolée à la chapelle. Il est possible que le retour présent au nord-ouest de l’abside soit également un élément de cette maison disparue. L’appareil est principalement constitué de moellons grossièrement assemblés et un lit de briques vient soutenir la toiture.

IMGP1493

Dans les états de section de 1873, la chapelle est indiquée comme « en mauvais état et servant à des usages ruraux », ce qui pourrait s’expliquer par l’orientation religieuse des propriétaires, les Colombo. Cette famille de négociants installée à Nice depuis au moins le XVIIIème siècle était en effet de confession juive. Le fonds Colombo (1 S 1-118, Ville de Nice et Métropole Nice Côte d’Azur - Service des archives) nous apprend notamment qu’Abraham Colombo (1803-1870) était président de la communauté israélite de Nice et qu’il possédait à Cimiez une maison de campagne qu’il louait parfois au dey d'Alger, Hussein Bey. Rien d’étonnant, donc, à ce que cette chapelle ait été utilisée pour des « usages ruraux » par son propriétaire, Joseph Colombo, en 1873. Ce n’est d’ailleurs pas la famille Colombo qui est à l’origine de la villa et de sa chapelle attenante, puisque pas moins de trois cartes conservées aux archives de Turin, dont une de 1762-1763, mentionnent le nom de « Cauvin » à côté de ce bâtiment, qui existait donc avant que les Colombo ne rachetent le domaine.

Traces du parcellaire de 1871 dans le cadastre actuel

Actuellement, un permis de construire a été accordé pour un projet d’immeuble à côté de la chapelle, mais l’entrepreneur s’est engagé à ne pas détruire le petit édifice. Par ailleurs, un article du Nice-Matin du 3 juillet 2018 dans le cadre d’un contentieux entre les riverains et le promoteur immobilier fait état de « souterrains mystérieux », mais il s’agit sans doute des anciennes caves de la villa qui était autrefois accolée à la chapelle.

Cartes (ASTo) et restitution sur vue aérienne (IGN)

 

Aude Lazaro

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09 janvier 2018

La survivance du parcellaire médiéval de Biot

D’abord occupé par des tribus celto-ligures[1] battues à Aegitna[2] par les légions romaines venues au secours des grecs, le village est par la suite occupé par les Romains qui s’établissent sur le site actuel de Biot[3]. La période qui suit la chute de l’empire romain est trouble et n’a pratiquement pas laissé de traces. Ce n’est qu’à partir du Xème siècle que des cartulaires signalent des noms de lieux biotois tels que Clausonne, Bisoto ou Buzoto[4].

Se développent alors le christianisme et la féodalité. Les terres appartiennent à des seigneurs sous l’autorité du comte de Provence. C’est d’ailleurs ce dernier qui, en 1209, fait donation à l’ordre du Temple d'une partie des terres et droits qu’il possède à Biot. Ainsi, les Templiers fondent ce qui deviendra une des commanderies les plus importantes de la région, accumulant par achats, legs et dons des terres et constituant le territoire qui correspond à la surface actuelle de Biot. Arrêtés en 1308, leurs biens sont attribués aux Hospitaliers Saint-Jean de Jérusalem par le Pape. En 1530 ils deviennent chevaliers de Malte et, avec l’évêque d’Antibes, ils administreront le territoire de Biot jusqu’à la Révolution.

Par ailleurs, en 1348 et 1352, la peste noire décime la population et des compagnies de mercenaires ravagent la région. La guerre de succession de Jeanne d’Anjou aggrave la situation. Biot est finalement abandonnée et ses habitants se réfugient dans la tour de la Garde, près de Villeneuve-Loubet. Pendant près de 80 ans, le village est un repère de brigands et corsaires[5]. En 1470, afin de mettre fin à cette situation, le roi René, Comte de Provence, décide de repeupler Biot et fait installer une cinquantaine de familles originaires d'Oneille (Imperia), leur offrant terres et avantages. C’est avec ce repeuplement que la fabrication de la jarre connait une expansion croissante. Exporté dans toute la Méditerranée, cet artisanat régit l’économie du village et fait vivre la population biotoise. Au XVIIème siècle, la vie connait une importante expansion démographique. Ainsi, en 1696, on y recensait 1600 âmes (sans compter les enfants de moins de 10 ans).

Malgré une économie florissante, les razzias et incursions barbaresques se multiplient. Vandalisé et brulé au cours des guerres de succession d’Espagne et d’Autriche, le village ne compte plus que 700 habitants au XVIIIème siècle et les habitants de Biot doivent se réfugier à Antibes en 1747. Pourtant, malgré ces conditions difficiles, la poterie connait un essor important avec le commerce de jarres et bugadiers vers tout le bassin méditerranéen, les Indes et les colonies des Antilles. Cette activité décroit au XIXème siècle avec la concurrence des futs, citernes et silos. Les potiers se diversifient alors, s’orientant vers un artisanat plus décoratif. Petit à petit, le verre à bulle s’impose comme l’une des spécialités du village qui tire sa renommée de cet artisanat. Aujourd’hui, le village vit toujours du verre et de la poterie, auxquels se sont ajoutés les revenus liés au tourisme.

Malgré les destructions et remaniements auxquels a été soumis Biot, le village a su conserver son aspect médiéval et son parcellaire témoigne encore de cette époque troublée.

Les documents de travail utilisés sont le plan cadastral de Biot de 1813, feuille A, disponible en ligne sur le site des Archives départementales des Alpes-Maritimes et les registres et actes conservés aux archives municipales et départementales.

             1. Le Castrum primitif du XIIème siècle

Le site de Biot répond à un besoin de protection. Il surplombe donc la plaine de la Brague, ce qui lui permet de dominer le territoire jusqu’à la mer. Le promontoire est bordé par deux cours d’eau : la Brague, à l’ouest, et le Vallon des Combes à l’est (Fig. 1). Densément plantés de feuillus et de pins, les environs présentent un couvert forestier indispensable à l’implantation d’une population sur un territoire. C’est donc à cet emplacement stratégique, situé en face de la mer et d’Antibes que Biot se développa, d’abord sur l’extrémité sud-est de la crête puis sur son prolongement nord-ouest.

Fig. 1 : carte topographique de Biot et de la plaine de la Brague 

Fig. 2 : Place des Arcades

La première forme qui se dégage du parcellaire de Biot est celle du castrum primitif. La forme, moins régulière que celle du reste du village, suit une orientation est-ouest selon la crête du promontoire barré sur lequel s’est établie la population.  L’actuelle place des arcades aurait été le siège des Templiers et certaines arcades dateraient du XIIIème et XIVème siècle (Fig.2).

De l’état primitif, l’église est l’élément qui a conservé la forme la plus reconnaissable et dont la trace est toujours clairement identifiable dans le cadastre. Actuellement orientée selon le reste du Castrum du XIIème siècle, c’est-à-dire est-ouest, elle était à l’époque orientée sud-nord (Fig. 3), ce qui justifie cette forme particulière et cette entrée en vestibule. Les évêques d’Antibes en font mention dès 1155 et elle est signalée dans un document du 9 avril 1211 sous le vocable de Sainte-Marie. Cependant, de l’église romane, seul l’emplacement peut encore être deviné, l’église du XIIème siècle ayant été détruite en 1387, restée en ruine jusqu’en 1470 et reconstruite selon un plan différent au XVème siècle.

Fig. 3 : état de Biot au XIIe siècle

Cette reconstruction serait intervenue après la destruction de l’église primitive lors des périodes de guerre et de brigandage traversées par la population biotoise. Un procès-verbal fait en 1411 par les commissaires de l’ordre des Hospitaliers mentionne les destructions dont a été victime le village et précise que l’hôpital possédait une importante maison, avec une chapelle et un oratoire, et que cette maison et ses dépendances avaient été complètement détruites il y 24 ans à cause des guerres, soit en 1387[6]. On sait par ailleurs que la population, faute d’église pour célébrer les offices se déplacera vers la Garde et son castrum. C’est ainsi que le prieur de Biot apparait pour la première fois à la Garde en 1375, sous le nom de « Prior de Bisoto de Garda[7] ».

Le parcellaire des habitations semble s’être organisé autour du noyau créé par l’église. La place de l’Eglise, autrefois appelée petite place est le cœur du castrum médiéval et s’expliquerait par la présence d’un cimetière accolé à l’église primitive (Fig. 3), avant que celui-ci, pour des raisons d’hygiène, ne soit déplacé. La morphologie du parcellaire est irrégulière mais il s’en dégage une orientation est-ouest. Les îlots d’habitation du XIIème siècle n’ont pas de médiane et présentent principalement 3 types de lotissements qui semblent néanmoins se baser sur une mesure de base située entre 8 et 9 mètres de long et 4 et 5 mètres de large. Les autres types de lotissement, en particulier les lots de 16/17 mètres de long sur 5 mètres de large, sont des multiples de cette mesure de base. Les bandes les plus régulières sont celles à l’ouest du castrum, attribuées à la commanderie des Templiers. La bande la plus longue mesure 47 mètres contre 35 mètres pour celle qui lui fait face (Fig. 4). Malgré le fait que certains arcs qui constituent les habitations de ces deux bandes soient datés du XIIIème siècle, il est probable que cet ensemble ait été remanié au XVème siècle, la bande la plus courte suivant parfaitement la ligne nord-sud du parcellaire du XVème siècle. Des réemplois d’éléments lapidaires pouvant fausser l’interprétation sur l’emplacement de la Commanderie ne sont également pas à exclure.

Fig. 4 : Unités modulaires du parcellaire du castrum au XIIe siècle

           2. Le renouveau du XVème siècle

Après une période de troubles et de destructions, le roi René décide en 1470 de repeupler Biot. Il y installe une cinquantaine de familles qui reconstruiront le village et de nouveaux remparts. L’installation de ces nouvelles familles sur le territoire de Biot a conduit à la création d’un nouveau schéma d’arpentage, essentiellement réalisé aux XVème et XVIème siècles.

Fig. 5 : points d'inflexion et d'intersection du parcellaire de Biot

Ainsi, le 24 février 1470, l’évêque de Grasse, coseigneur de Biot autorise les « habitants de Gênes, au nombre de 48, à passer tous actes et transactions nécessaires à cet établissement[8] ». Cette « émigration ligure[9] » se retrouve dans une charte dont l’original n’a pas été retrouvé mais dont le détail nous est parvenu grâce à une copie défectueuse des archives communales de Biot, corrigée par M. R. Busquet d’après une transcription du 18 janvier 1488. Il y est écrit que « les étrangers du Val d’Oneille, peuvent être reçus, à défaut d’éléments provençaux, aussi bien dans l’intérêt du pays où ils veulent se fixer que dans celui des pays voisins et de la Provence ; dans l’intérêt de Biot, village détruit et abandonné où des bandits dissimulés dans des cavernes commettent les pires méfaits, - dans l’intérêt des pays voisins, la zone maritime de la région étant terrorisée par les pirates des nations ennemies... ». Dans cette charte, le roi René autorise les nouveaux habitants du Castrum et leurs successeurs à reconstruire le village, à édifier des fours et moulins, à tenir les terres libres en pleine propriété, à conserver le fruit de leur travail et les affranchit même pendant 20 ans de charges fiscales[10].

Les nouveaux habitants de Biot vont donc entreprendre de reconstruire le village selon un plan défini et remarquablement régulier. Les îlots suivent la crête orientée est-ouest et l’observation du cadastre permet de dégager une régularité dans la morphologie et la métrique du parcellaire. Les trois principales demies-bandes de lotissement allongées structurent l’espace entre le castrum primitif et les remparts du XVIème siècle. On distingue sept demies-bandes orientées est-ouest et ce qui semble être une bande orientée nord-sud, le long du rempart ouest aujourd’hui disparu, divisée par des impasses qui permettent d’accéder aux habitations dans le prolongement des demies-bandes est-ouest. Cette bande, en rupture avec la régularité des bandes est-ouest est probablement venue s’ajouter contre l’emplacement des remparts, dans l’espace laissé pour la défense du village. C’est ce même type d’espace contre les remparts sud qui se devine sur le parcellaire du plan cadastral de 1813, l’espace alors vide aujourd’hui occupé par des maisons construites après la réalisation de la carte napoléonienne.  Les points d’inflexion permettent de confirmer une rupture au niveau de la bande nord-sud qui ne faisait sans doute pas partie du schéma d’arpentage d’origine (Fig. 5).

Fig. 6 : Unités modulaires du parcellaire au XVe siècleLes demies-bandes orientées est-ouest mesurent en moyenne entre 9 et 10 mètres de large (7 mètres sur la partie la plus resserrée), à l’exception des trois bandes au sud du castrum primitif qui mesurent environ 17 mètres de large, soit le double des autres bandes. Il faut néanmoins noter que leurs médianes correspondent aux demies-bandes de 9 à 10 mètres, pour la plupart sans médianes. Il faut donc en déduire que la largeur des habitations était sensiblement la même, soit entre 9 et 10 mètres de large sur les demies-bandes orientées est-ouest. Pour ce qui est de la longueur, les bandes présentent moins de régularité. La rue Lei Croûtons est la seule à couper de façon parfaitement droite les bandes orientées est-ouest. Les deux premières demies-bandes au sud sont coupées en trois parties de dimensions inégales mais à peu près régulières. La troisième demie-bande est quant à elle constituée d’une longue partie de 90 mètres de long sans interruption, puis d’un prolongement de 37 mètres. Elle est doublée en son milieu par le prolongement la quatrième bande qui s’y est accolée. La quatrième bande est quant à elle venue s’adapter au castrum primitif et sa médiane rejoint la limite des premières fortifications. Toutes ces bandes et demies-bandes sont parallèles et suivent la même orientation le long de la crête du promontoire (Fig. 6).

L’église primitive située dans le castrum de Biot est également reconstruite à cette époque. L’architecte de la nouvelle église nous est connu grâce à une inscription encastrée au-dessus de la porte latérale : IHS OCMD VI TADEUS NIGER COMPOSUIT (Fig. 7). On sait de plus que Thadée Nègre et son père étaient spécialisés dans la réalisation d’édifices religieux et il est possible qu’ils soient à l’origine d’autres monuments religieux de Biot et des environs.  

Fig. 7 : fronton de la porte latérale Fig. 8 : dédicace de Mgr Isnard de Grasse

Fig. 9 : place de l'Eglise et entrée ouest

Une inscription scellée à droite du chœur permet de dater cette reconstruction de la fin du XVème siècle et permet de savoir qu’elle fut consacrée le 19 janvier 1472 par Mgr Isnard de Grasse[11]. Cette inscription est confirmée par un inventaire dressé à Biot, en 1659, par Louis Constans, notaire et greffier de la communauté : « une bénédiction et consécration par l’évêque de Grasse, abbé commanditaire de Lérins, d’une place ou rotonde de laquelle le conseil avait délibéré de construire une église, un cimetière et un cloître ; en l’année 1472. Notaire : Bartélémi de Laudes ». La nouvelle église est donc construite selon un plan orienté est-ouest, et une porte est percée sur la place de l’église, devant le cimetière du XIIème siècle (Fig. 9). C’est aujourd’hui encore l’orientation et l’implantation de l’église actuelle (Fig. 10).

Fig. 10 : église Sainte-Marie Madeleine 

Fig. 11 : entrée ouest

La différence de niveau entre le sol de l’église primitive et l’entrée de la nouvelle église sur la place est à l’origine des douze marches qui permettent de descendre dans l’église et qui ne sont pas parfaitement alignées avec le plan du bâtiment (Fig. 11 et 12).

Fig. 12 : plan de l'église Sainte-Marie Madeleine et de ses chapelles

La note de Louis Constans permet en outre de supposer que le cimetière se trouvait encore au cœur du village à la fin du XVème siècle. Il devait pourtant sans doute exister un cimetière extérieur dès la moitié du XVIème siècle, car Mgr de Boussicaud donna l’absoute des morts en 1604 dans un cimetière « entièrement abandonné et profané par les bêtes »[12]. Ce désintérêt du cimetière extérieur s’explique par la volonté des habitants d’être inhumés dans l’église Sainte-Marie-Madeleine. Si certains purent se faire élever de magnifiques tombeaux qui sont les actuelles chapelles de l’église, la plupart des habitants furent inhumés dans la tombe commune des confréries, ensevelis sous les dalles, à faible profondeur. Cependant, ces inhumations laissaient tant à désirer du point de vue de l’hygiène que Mgr Godeau, au XVIIème siècle, fut obligé de les règlementer et obligea la population biotoise à nettoyer ses tombes communes dans un délai d’un mois.

Fig. 13 : cimetière actuel

 En 1643, il interdit finalement les inhumations dans l’église, sans grand succès, car Mgr de Roquemartine constate en 1679 que les dalles de l’église sont disjointes et qu’elles continuent de recouvrir des corps dégageant dans l’église une odeur épouvantable. Finalement, il fut décidé que les paroissiens seraient enterrés dans le cimetière et que ceux qui voudraient être enterrés dans l’église devraient s’acquitter de la somme de 20 sous[13]. On sait néanmoins qu’il existe dès 1795 une personne chargée d’ensevelir les morts[14] et il est possible que le cimetière ait déjà été déplacé hors des remparts du village (Fig. 13).

Quant au cloître, il semblerait que Biot ait accueilli une communauté monastique en la présence d’un prieuré. Plusieurs registres et actes font mentions de ce prieuré[15], ou encore d’une vicairie[16]. Si on admet l’hypothèse d’un prieuré à Biot, on peut se demander si ce qui est définit comme un cloitre n’est pas le bâtiment situé Place Marcel Camatte, derrière l’église (Fig. 14). Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le terme de « claustra », aujourd’hui parfois abusivement traduit par « cloitre », pouvait simplement désigner une clôture.

Fig. 14 : place Pierre Camatte

Les informations relatives à l’église de Biot permettent d’expliquer les places ou espaces laissés vides sur le cadastre. Il en effet fait mention d’un cimetière situé derrière l’église[17]. Or, si au XIIème siècle, l’entrée de l’église se situait au sud et le cimetière à l’ouest sur l’actuelle place de l’église, au XVIIème siècle, l’entrée se situait à l’ouest, ce qui peut laisser supposer que le cimetière qui se trouvait « derrière l’église » était à l’est de celle-ci, soit sous la place Marcel Camatte, d’où cet espace dans le cadastre.

Afin de se protéger, les habitants durent également élever des enceintes défensives autour du nouveau village.  Les remparts de Biot, du fait de leur forme irrégulière, n’ont pas laissé de trace dans le cadastre du village, si ce n’est par les tours dont on voit encore les formes et qui sont toujours en élévation, bien que parfois partiellement ruinées. Leur empreinte est pourtant identifiable, car s’ils n’apparaissent pas sur le cadastre, la plupart des murs défensifs est encore en élévation.  Ils ceinturent la deuxième vague d’habitations du XVème siècle établie autour du castrum primitif (Fig. 15).

 

Fig. 15 : restitution des remparts de Biot

 

porte des tines avant après 1Fig. 17 : porte des TinesJusqu’au siècle dernier, trois portes donnaient accès au village : la Porte Basse, dite porte des Tines (Fig. 16 et 17), construite en 1565, la Porte du Mitan, dite porte des Migrainiers (Fig. 18), construite en 1566 et la Porte du Haut-Village, dite porte du plus haut ou porte de Saint-Antoine (disparue aujourd’hui, elle était située au début de la rue du Portugon et du passage de la Bourgade).

Fig. 18 : porte du Migrainier

Dans une lettre écrite au roi le 3 juin 1592[18],  le duc d’Epernon fait mention des remparts et on sait également que les armées se brisèrent devant les fortifications de Biot et ne parvinrent à s’emparer que de la Bourgade (la Bourgade désignait le faubourg construit hors de l’enceinte des murailles). A ce jour, six tours sont encore en élévation (Fig.19).

Fig. 19 : tours défensives des remparts de Biot

Il faut cependant se demander si ces fortifications ne se sont pas élevées en deux étapes, une première qui longerait la rue Sous-Barri, redescendrait vers la rue des Tines, longerait la rue Sous-Balcon et remonterait par la rue du Portugon, et une seconde, rajoutée peu de temps après qui engloberait une bourgade au sud-est de la commune et qui suivrait le Chemin de Ronde. Le cadastre permet en effet de constater une séparation entre ces deux parties, marquée par un passage plus large que les rues Basses et du Mitan et par une rupture dans la régularité du parcellaire. Si cette deuxième étape dans la construction des remparts s’avérait exacte, on ne pourrait cependant pas la dater d’après 1592, les armées n’étant parvenues qu’à prendre la bourgade située à l’entrée de la Porte de Saint-Antoine et la porte des Tines datant elle-même de 1566. Il faut donc en déduire que si deuxième étape dans la construction il y a eu, elle a été réalisée moins de cinquante ans après les premiers travaux. On peut également envisager que les Biotois aient prévu de construire les remparts au niveau de la rue des Tines, et aient donc délimités leur schéma d’arpentage selon ce premier projet, puis qu’en cours de construction, ils aient réalisé qu’il leur faudrait agrandir le projet initial et étendre l’emprise des remparts à l’extrémité est de la crête. De plus, il ne faut pas oublier que le village est alors en croissance démographique et a de ce fait besoin de nouvelles habitations (Fig. 20).

Fig. 20 : évolution démographique du village de Biot

Par ailleurs, il n’est nulle part fait mention d’un nouveau chantier destiné à l’agrandissement des remparts. De plus, si les habitants avaient décidé de détruire la partie située sur la rue des Tines pour agrandir les fortifications vers l’est, pourquoi ne l’auraient-ils pas fait avec la bourgade située au nord-ouest ? Ce fait peut nous permettre de supposer que les travaux des remparts avaient probablement été commencés au niveau de la Porte Saint-Antoine, puis que le chantier se serait poursuivi vers la porte des Migrainiers, datée de 1565, avant de se poursuivre vers celle des Tines datée de 1656. Et c’est à ce moment que le projet aurait été modifié pour englober la bourgade du sud-est, entrainant ces changements dans le parcellaire. Faute de preuves avérées pour étayer ces hypothèses, la question reste cependant entière.

Le parcellaire médiéval subit peu de modifications dans les siècles qui suivent et le village garde son aspect des XVème et XVIème siècles, même si de nouvelles maisons se sont élevées pour répondre à la croissance démographique de Biot. Le parcellaire actuel encaisse cependant un trou au niveau de la troisième bande, une place appelée « Place de la Catastrophe » (Fig. 21). Cette place ne se voit pas sur le cadastre napoléonien de 1813 car elle fut créée suite à l’effondrement de trois maisons le 12 juin 1898, entre la rue de la Poissonnerie (actuelle rue Vieille Boucherie) et la rue du Milieu (actuelle rue du Mitan), alors que trois familles étaient réunies dans la maison centrale pour la Fête-Dieu. C’est cette maison, sans doute sous le poids exercé par la trentaine de personnes réunies, qui s’effondra, entrainant avec elle les deux maisons qui lui étaient accolées de part et d’autre et n’épargnant que deux rescapés dont un enfant d’un an protégé par son berceau.

Fig. 21 : Biot au XIXe siècle

C’est également au XIXème siècle que sont détruites les Chapelles Saint-Grégoire, Saint-Sébastien et Saint-Philippe, situées hors du village et déjà partiellement ruinées. La chapelle des Pénitents Blancs située au niveau de la Porte Saint-Antoine fut en partie détruite dans la seconde moitié du XXème siècle, mais son clocher triangulaire fut conservé. Ce qu’il reste du bâtiment est aujourd’hui le musée de céramique Biotoise et la place laissée par la chapelle pour le stationnement des bus au XXème siècle a été renommée place de la Chapelle.

Enfin, si l’héritage médiéval de Biot est indéniable tant il a laissé des traces dans le parcellaire actuel, et si les sources écrites permettent de connaitre avec certitudes certains moments clés de l’histoire du village, l’absence de fouilles archéologiques sur l’ensemble du site rend incomplète la connaissance de Biot et ne permet que d’avancer des suppositions quant aux datations et constructions relatives à l’évolution du village. Il faut donc espérer que cet état de fait évolue et nous permette de mieux appréhender la réalité historique de Biot.


Aude Lazaro

 

Bibliographie

 

Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Première Partie, Histoire et géographie humaine, 1935

Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Deuxième Partie, Les temps modernes (de 1470 à la Révolution), 1936

Durbec, Joseph-Antoine, Biot : notice historique, Editions Macabet impr.. Vaison-la-Romaine

Papon, Histoire générale de la Provence, T.1, 1776

Prou et Clouzot, Pouillés des Provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, 1923

Tisserand, La Renaissance dans les Alpes-Maritimes, 1878

Walkenaër, Géographie ancienne des Gaules, 1839



[1] « Nicaea tangit Alpes, tangit oppidum Deceatum, tangit Antipolis », Pomponius Mela, De situ orbis, L. II, Cap. V

[2] Aegitna serait le nom du port antique découvert à Vaugrenier : « Aegitna urbem in agro Oxybiorum naves appulererunt », Polybe, Polybii Historiarium reliqua, L. III, Cap. IV

Walkenaër situe cependant Egitna à la Napoule (Aegitnapolis) ou à Agay dans sa Géographie ancienne des Gaules, t. I, p.182. Papon le situe au-dessus de Mougins, se basant sur le nom de Monginum qu’il assimile à Mont Aegitna dans son Histoire générale de la Provence, p. 177-178. C’est une hypothèse cependant réfutable car Mougins n’est ni un port ni située près d’un port. Cluverius, Sardou, Desjardins et Wissowa le situent en revanche à Cannes. La rivière Apron mentionnée par Polybe à proximité d’Aegitna est quant à elle interprétée comme étant le Loup. Il faut cependant noter qu’il existe près de Biot deux cours d’eau situés au lieu-dit les Aspres, ce qui pourrait confirmer l’hypothèse de ceux qui placent le port d’Aegitna à Vaugrenier.

[3] Plusieurs inscriptions romaines ont été trouvées en remploi dans le vieux village, dont un fut en calcaire découvert en 1931 dans la cave de l’ancien château de Biot et portant la mention suivante «  L. AMAENIUS FRONTO ET VILBIA MARCELLA UXOR ET M. AMAENIUS MATURUS M. AMAENIUS OPTATIANUS FILII SIGNUM ARBUGIONIS POSTERUNT. HOC AMPLIUS PAGUS… » Il est possible que le nom d’Arbugio mentionné ici fasse partie des nombreux noms portés par Biot au fil des siècles, tels que Buzot, Bisot, Bisotho, Bisoto, Buzotho, et Bisotto.

[4] Une des premières mentions du nom de Buzoto apparaît dans un cartulaire de 1173 : « Totum quod est a fonte Rusticina usque ad Bragam et usque ad passum de Labagoreda, et Garinos qui morantur in Buzoto cum omnibus que tenent, et pratum cum molandino de Ricsens et omne quod Martinus de Buzot tenet in portu pro Bertrando Agulfi », Gallia Christiana, III, F. 601, v

[5] Gauthier- Ziegler, « Ita quod locus ipse non castrum de Bisoto, sed verius vocabatur spelunca latronum. »

[6] Procès-verbal, par les commissaires de l’ordre des Hospitaliers, 1411 : « Habebat hospitale bonam et notabilem domum cum capella et oratio que propter guerras et habitantes in castro de La Garda, jam sunt XXIIII anni, fuit tonditus destructura. »

[7] Prou et Clouzot, Pouillés des Provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, p.273-276

[8] Cet extrait figure dans une note d’inventaire des archives de Biot aujourd’hui détruites.

[9] Tisserand, La Renaissance dans les Alpes-Maritimes, 1878

[10] Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Première Partie, Histoire et géographie humaine, 1935, p.113

[11] ISNARDUS DE GRASSA EPISCOPUS GRASSENSIS CONSECRAVIT 19 IAN. 1472

[12] Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Première Partie, Histoire et géographie humaine, 1935

[13] Mgr de Verjus, 1687 : « La quantité de corps qu’on ensevelit dans les caves et sépultures, le peu de soins qu’on a de nettoyer celles-ci de temps en temps, et de fermer et de sceller lesdites caves, cela cause une orible et dangereuse infetion dans l’église, dans laquelle on ne peut faire ces prières et le service divin sans une très grande incommodité […] qu’à l’avenir aucun paroissien ne pourra être enterré que dans le cimetière qui est derrière l’église. Ordonnons néanmoins que ceux qui voudront être enterrés dans les caves et sépultures des confréries qui sont dans l’église paieront 20 sous à la confrérie à qui la cave appartient. »

[14] Administration municipale des cantons de Grasse, Document L 1163 du 23/09/1795 du An IV au 22/09/1800 au An VIII, Folio 142 : « Gages de l'ensevelisseur des morts de Biot (5 floréal). »

[15] Document G 0030 du 01/01/1554 au 31/12/1571 « Collation du prieuré de Biot, pour Joseph Grenon (1562). »

Document G 1099 du 01/01/1635 au 31/12/1636 « Mise en possession du prieuré de Biot, en faveur d'Antoine Isnard (1635). »

Document G 0045 du 01/01/1704 au 31/12/1710 « Mise en possession du prieuré de Biot, pour Jean Mérigon (1707). »

[16] Document G 0048 du 01/01/1716 au 31/12/1720 « Mise en possession de la vicairie de Biot, pour Honoré Pugnaire (1719). »

[17] Ibid

[18] « Sire, c’est une place très importante pour la communication d’Italie […] on attaquera ung lieu nommé Byot qu’il a fortifié et sy près de luy que la fumée du canon pourra aller jusqu’aux fenestres de son chemin de Nice. »

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05 décembre 2017

Chapelle Saint-Charles

      La chapelle Saint-Charles est située à l’intersection du boulevard de l’Observatoire, du boulevard Bischoffsheim et de l’avenue Professeur Henri Chrétien. Un escalier venant du cimetière de Saint-Roch débouche également sur ce croisement. Elle est bâtie sur un à-pic qui surplombe le quartier de Saint-Roch. Du fait de la déclivité, le vallon qui s’ouvre sous le rocher de la chapelle a conservé un couvert forestier dense et n’a pas pour l’instant pas été urbanisé. C'est une petite chapelle avec abside. Sa façade se compose d'une porte rectangulaire surmontée d'un oculus. Au niveau supérieur, un fronton triangulaire est surmonté d'une croix et d'un clocheton sur la gauche du mur de façade. Une grille enserre désormais le parvis de la chapelle suite à des actes de vandalisme en 2012.

chapelle St Charles Nice

      Elle date vraisemblablement de 1864 puisque c’est la date qui apparait sur le drapeau accroché sur la croix qui surmonte le clocheton du mur clocher de l’église.

Saint-Charles clocheton

Saint Charles 1882

      La chapelle Saint-Charles est figurée sur une carte pour la première fois en 1882[1], où elle porte le nom de chapelle Saint-Charles. Elle sera par la suite régulièrement figurée, sans que son nom ne soit indiqué, comme sur les cartes de 1891[2] ou 1938.

tunnel de saint charles 1866 1869 recade

      Des photographies de 1866-1869, prises lors des travaux de constructions du réservoir des eaux de Peillon et des tunnels, dont celui dit de Saint-Charles[3] sont vraisemblablement les premiers documents iconographiques pour cette chapelle. Elle y apparait avec son apparence actuelle, au moins pour l’abside et les ouvertures pratiquées dans les murs latéraux.

      Si la façade actuelle est percée d’une entrée rectangulaire, ce n’était pas son aspect à la fin du XIXème siècle. Une photographie datée d’entre 1880 et 1902 montre une façade percée d’une entrée ogivale, accolée de part et d’autre par deux petites fenêtres étroites en baies en lancette. Seul l’oculus semble avoir gardé son aspect original. Cet aspect a au moins perduré jusqu’en 1953, date d’un tableau d’Alain Ducoté représentant Jean Behra au Tour Auto au-dessus de Nice. Si le clocheton diffère de son aspect réel, on reconnait aisément la colline du Château en fond, ainsi que l’entrée ogivale, les baies en lancette et l’oculus au-dessus de la porte. Un autre tableau de 1931 de Maurice Debenedetti représente également la chapelle Saint-Charles avec ses étroites baies latérales et son entrée ogivale. Cette entrée ogivale se devine encore sous l'enduit dont les murs de la chapelle sont recouverts.

Saint Charles 1880 1902 

08 St Charles R recad



[1] 1882, Nice et ses environs / Monnier, sous-lieut[enan]t au 111e, Source :  Bibliothèque nationale de France, GEC-20 (Source Gallica)

[2] 1891, Guide-touriste. Plan de la ville de Nice, avec indication des rues, places, hôtels, banques... / dressé par Ad. de R. Source : Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-1486

[3]  Distribution des eaux dans la ville de Nice : vues photographiques des travaux de captage et d'adduction des sources / Peillon, photogr. Source : Ecole nationale des ponts et chaussées

 

Aude Lazaro

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02 décembre 2017

Chapelle Notre-Dame des Anges

      La chapelle Notre-Dame des Anges de Nice fut fondée en 1696 par Charles Isoardo (également nommé Carlo Ioardo en 1748), huissier du Sénat de Nice.

« En 1696. Charles Isoardo érige une chapelle sous le titre de N-D. des Anges au Col de Villefranche au couchant.

Legs de 142 écus d’or dus par le Comte de Coarraze plus 25 écus dus par le Comte d’Aspremont.

Obligation d’y célébrer la messe aux jours des fêtes de : S. Charles, S. Antoine, les SS. Anges Gardiens, Ste Catherine de Sienne, de Ste Rose de Lima et une à l’année à l’anniversaire de son décès. Le S. Sacrement sera exposé les 3 dimanches de Carême avec célébration et application de la messe.

En 1784, le titulaire est Laurent Ferraris » [1] 

Un acte du 25 janvier 1716 fait état de « la restitution d'une maison demandée par l'huissier Carlo Isoardo, fondateur de la chapelle champêtre érigée sous le titre de la Très-Sainte-Vierge-des-Anges, au procureur Giambattista Pauliano (Pauliani) de Nice qui l'avait achetée des époux Rasini »[2]. Un autre acte du 9 octobre 1717 rappelle cette fondation et fait état du « procès en révision d'une sentence du sénat du 7 septembre 1717 demandé par le procureur Giambattista Pauliano à l'encontre de l'huissier Carlo Isoardo, en sa qualité de fondateur de la chapelle de la Vierge des Anges, érigée sur le col de Villefranche et du prêtre Ottavio Sauvaigo, promoteur de la mense épiscopale de Nice, en vertu de laquelle Pauliano était condamné au paiement de loyers d'une maison »[3].

25 janvier 1716 ND Anges

      Par ailleurs, un acte des archives du Sénat interdit le 28 septembre 1748 « de cultiver le terrain entourant la chapelle de la Très-Sainte-Vierge des Anges, située sur le col de Villefranche, exploité par Maria Ludovica Giacobi veuve du gardien de la dite chapelle »[4].

La chapelle faisait certainement partie d'une vaste propriété privée qui resta au moins jusqu'à la moitié du XIXème siècle la propriété de la famille Isoardo, comme en témoigne l'indication d'une "casa del Signore Ioardi" sur un plan du col de Villefranche de 1827 (AD 06, document 01FI 0042Col de Villefranche, 1827) .

Casa del Signore Ioardi

      Elle est figurée sur le plan de Visconti de 1872 et porte le nom de Notre-Dame des Anges sur un plan de 1882. Un autre plan, d’avant la restauration Sarde, mentionne « Mad. Degli Angeli ». Notre-Dame des Anges, Vierge des Anges Très-Sainte-Vierge des Anges, Madone des Anges et Madonette furent les différents noms de cette chapelle.

Carte ND Anges

      Si on se fie à la représentation qu’en a fait Ercole Trachel sur une huile sur panneau représentant Nice vue du col de Villefranche en 1855, c’était une chapelle à nef unique, avec une façade de style baroque et un clocheton. La chapelle n’étant qu’un détail du tableau, il serait difficile de pouvoir en dire plus.

Ercole Trachel, Nice vue du col de Villefranche

      Elle se trouvait sur la route de Villefranche, alors principal chemin d’accès pour rejoindre le col de Villefranche. Cette route s’appelle aujourd’hui avenue du Mont-Alban. Elle fut détruite vers 1970 par la construction d’un ensemble immobilier nommé "Résidence du Mont-Boron" au 33 de l'avenue du Mont-Alban.

 



[1] Document 014J0001, fond Chapuzot Chapelleries et chapelles - Tableau des chapelleries et bénéfices existant dans le diocèse de Nice avant la Révolution ; liste des chapelles rurales ;liste des chapelleries de Nice ; notes sur différentes chapelleries et chapelles ; historiques des chapelles Saint-François et Sainte-Réparate à la cathédrale, des chapelles de Sospel

[2] Document 01B 0339 du 22/02/1712 au 08/08/1716

[3] Document 01B 0340 du 19/02/1717 au 04/02/1719

[4] Document 01B 0359 du 28/09/1748 au 24/10/1750

 

Aude Lazaro


28 novembre 2017

Chapelle Saint-Aubert ou Saint-Albert

      La chapelle Saint-Aubert de Nice, également nommée Saint-Hubert ou Saint-Albert sur les cartes, est une chapelle privée située au bout d’une impasse au 71 du boulevard de l’Observatoire, juste avant le chemin du Mont des Mignons. Elle n’est cependant pas visible depuis cette impasse et il est nécessaire de faire le tour par le chemin du Mont des Mignons, de prendre la piste des carrières sur la gauche et en laissant les carrières sur sa droite, de récupérer le sentier conduisant à la batterie de Saint-Aubert pour apercevoir la chapelle. Elle se trouve au lieu-dit Saint-Aubert, au-dessus de Roccabilière et surplombe la vallée du Paillon. Elle fait face à l’actuel quartier de Pasteur. Elle se trouve à environ 130 mètres (à vol d’oiseau) de la batterie de Saint-Aubert (1888-1889) et se trouve sur l’ancienne voie qui reliait la Chapelle Saint-Charles à l’avenue Vincent Arnaud, au niveau de la Madone de Bon Voyage. Cette voie n’est aujourd’hui plus praticable du fait du développement de l’urbanisation. Elle existait encore en 1938 mais les tronçons qui n’avaient pas été recouverts par les habitations sont désormais recouverts par la végétation et pour l’essentiel impraticables.

      Elle est mentionnée pour la première fois le 19 août 1744 sur la carte particulière des environs de Nice et de Villefranche depuis Villeneuve-en-Provence jusqu'à Monaco, où l'on voit la marche des armées de France et d'Espagne... et les différentes attaques des retranchements de Mont-Alban et de Villefranche. Elle y apparait sous le vocable de saint Hubert. Elle est par la suite régulièrement indiquée sous ses différents vocables : Saint-Hubert, Saint-Albert et Saint-Aubert.

Cartes St Aubert Nice

      Etant une chapelle privée, la chapelle Saint-Aubert ne figure pas dans les archives religieuses et les traces écrites à son sujet sont très rares. On sait qu'en 1734 le titre de prédicat attaché à Saint Albert fut accordé à la famille de Raynaldi de Saint-Albert. Elle est également citée dans un article du 3 avril 1860 dans Le Messager de Nice : « Les voitures et les cavaliers sont allés à la rencontre des troupes sur la route de Gênes, jusqu’à la hauteur de la chapelle de St-Aubert, où une foule compacte accourue de la ville et des environs se trouvait massée. » 

      Trois dates figurent au-dessus de l’entrée de la chapelle: 1786, 1840 et 2001. La date de 2001 est celle de la dernière restauration du lieu par les actuels propriétaires, qui ont racheté la chapelle à la famille des Uberti (toujours la même confusion entre Hubert et Albert) en 1942. On pourrait supposer que les dates de 1840  et 1786 indiqueraient d'autres restaurations.

Chapelle Saint-Aubert de Nice AL

      C'est une petite chapelle puisque ses dimensions sont d'environ 6m50 de long et 5m50 de large. La façade de la chapelle, de style baroque, est percée d'un oculus ovale et de deux fenêtres de part et d'autre de la porte d'entrée. Surmontée d'une croix, elle vient s'appuyer contre le toit à double pente de l'édifice. Le mur sud de la chapelle se complète d'un clocheton. Cette chapelle semble avoir conservé sa cloche d'origine puisqu'on peut y lire : " ...OBIS S. ALBE...". La chapelle serait alors en réalité dédiée à San Alberto, Saint Albert, qui est d'ailleurs le nom indiqué sur une carte de 1794 (cette confusion se retrouve encore aujourd'hui dans les arrêts de bus du boulevard qui, après Saint-Charles, sont Saint-Albert, Sainte-Anne et Saint-Aubert).

 cloche de la chapelle Saint-Aubert Nice

      C'est néanmoins le vocable de saint Aubert, évêque d'Avranches à l'origine du Mont-Saint-Michel, qui semble s'être imposé, bien que le nom qui figure aujourd'hui au-dessus de l'entrée de la chapelle soit celui de "Saint-Albert". 

 

Aude Lazaro

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25 novembre 2017

Idées cadeaux pour archéologues et archéophiles - édition 2017

      Et voici que Noël approche de nouveau à grand pas. Alors cette année encore, ArchéOn vous a concocté une petite liste d'idées cadeaux pour vos proches et amis archéologues et/ou archéophiles. Vous pourrez aussi y trouver des idées pour votre propre liste de Noël !

Noel 2017 ArcheOn

      1. Des fournitures de bureau

Et on commence par une jolie gomme 3D représentant un … chapiteau ionique !! Tellement jolie qu’elle ne sera sans doute jamais utilisée si ce n’est comme objet décoratif …  Un petit cadeau pour seulement 2€75 !

Epatez vos collègues avec une clé USB en forme de vase grec pour conserver toutes vos recherches, à 14£99 (environ 17€) ! Si vous préférez l’Egypte à la Grèce, sachez que le British Museum propose également une clé USB représentant … la Pierre de Rosette !!

Et parce qu’il n’y a pas que l’Antiquité, un lot de 3 beaux carnets sur le thème de la Renaissance pour nos amis les modernistes à 8€50.

Fournitures de bureau

  

      2. Des cosmétiques

C’est vrai qu’on est souvent plein de terre et de poussière mais ce n’est pas une raison pour se laisser aller. Alors on reste dans le thème avec ces beaux savons à l’huile d’olive et à l’Aloe Vera en forme de vase grec !!! Comptez 3$ (environ 2€50) pour un de ces savons (plus des frais de port assez élevés, de 18$).

Et pour les moments de détente, une bombe de bain Cléopâtre aux huiles essentielles pour 5$ (environ 4€30).

Cosmétiques

 

      3. Des vêtements

En dehors des vêtements de chantiers et t-shirt personnalisés qui sont légion sur le web, il existe quelques accessoires vestimentaires qu’on se verrait bien porter pour épater les copains, dont cette très jolie cravate 100% soie aux motifs d’un des Codex de Léonard de Vinci, histoire de pouvoir frimer lors du prochain colloque, à 39€20.

Plus féminin, le British Museum propose de sublimes écharpes et foulards : un foulard en soie aux motifs de la déesse égyptienne Bastet (35£), une écharpe en soie inspirée de l’alphabet hiéroglyphique (45£) ou une magnifique écharpe en velours vert ornée de motifs celtiques (70£).

cravate et foulards

Et pour la guerrière moyenâgeuse du Moyen Âge qui sommeille en vous, voici des collants armure (29£) !!!!

Plus classique, vous pouvez aussi choisir d’offrir un t-shirt des légions romaines pour le Noël de votre légionnaire préféré (22€ le t-shirt, pas le légionnaire, hein).

vetements

 

      4. Un sac

Et parce que les archéologues sont souvent sur la route, offrez-leur un sac ! Que ce soit un tote bag pour nos amis les préhistoriens (9£90) ou un sac à dos Pierre de Rosette (14£99), tout sera bon pour ranger truelles, carnets et appareil photo.

sacs

 

      5. Un bijou

Je vous déconseillerais personnellement de porter des bijoux aux mains (et notamment aux doigts) lors de fouilles archéologiques, mais pour le reste du temps, n’hésitez pas, exprimez votre adhésion à cette belle et grande cause qu’est l’archéologie par … des bijoux !!

Par exemple, cette mignonne petite breloque en argent en forme de mini-truelle (4$95) sera le marqueur discret de votre appartenance à cette caste secrète dont le siège ancestral se trouve [ce passage a été censuré par les Illuminati].

Et pour toujours être à l’heure, voici une montre avec un petit chantier de fouilles à l’intérieur !! Et ce chef d’œuvre de précision est à seulement 40$ !

Plus « mâââle » (quoique…), un bracelet en cuir « Archaeology Life » pour 5$ sera le cadeau idéal pour votre nouveau pote archéologue rencontré cet été entre deux pelletées de terre au fin fond de la Creuse.

bijoux

 

      6. Du matériel

Parce que les temps sont durs pour vos amis archéologues, pourquoi ne pas faire un cadeau utile ? Une nouvelle truelle ou un pantalon de fouilles seront toujours les bienvenus.

Si vous n’arrivez pas à vous décider ou que votre archéologue préféré n’est pas (du tout) équipé, PlanetARCHEO propose des ArchéoBox, de 73€15 pour l’ArchéoBox Découverte à 158€38 pour l’ArchéoBox Anthropologie.

Pour les fans d’archéologie ET d’Harry Potter, découvrez cette truelle décorée du blason de Poudlard (86$26) !!

Et parce que je sais que vous rêvez tous secrètement d’avoir une époussette dans votre boîte à outils, pourquoi ne pas enfin oser la mettre dans votre liste de Noël ?! Les époussettes rendent le monde de l’archéologie meilleur, je vous le dis … Disponibles chez PlanetARCHEO ou dans n’importe quel bon magasin de bricolage de type Ciffréo Bona ou Castorama pour un peu moins de 10€ en moyenne.

matériel

 

      7. A manger et à boire !!

Parce que le cœur de certains se trouve dans leur estomac, pourquoi ne pas leur offrir une spécialité culinaire antique ou médiévale ? Pour 7€, offrez-donc des conserves dont les recettes ont été reconstituées d’après les recettes d’Apicius au Ier siècle de notre ère. Au choix, pois chiches au cumin, sauce raisin et cèleri, ou encore mezze de coings aux citrons confits !

Et pour ceux qui aiment cuisiner avec des aromates, offrez le sel romain, le Salyen, un sel aromatisé aux herbes pour 5€50.

Pour vos amis médiévistes, choisissez plutôt une terrine de sanglier à l'hypocras ou de de poulet à l'hysope (5€) !

nourriture

Et pour arroser le tout, pourquoi ne pas tenter une bouteille de Moretum à 10€, un alcool à base de vin rouge, de fruits rouges (mures, framboises …) et de miel ? Vos médiévistes préférés apprécieront également une bouteille d’Hydromel (12€) ou une bouteille d’Hypocras (9€50). N’oubliez également pas les bières médiévales, à (s’)offrir pour 2€50, à la châtaigne, au miel ou même … aux champignons !!

boissons

 

      8. Et pour les (grands) enfants :

Que ce soit pour endoctriner votre enfant (je ne juge pas, j’ai bien l’intention d’apprendre aux miens le latin en leur montrant des copies de manuscrits médiévaux dès l’âge d’un an …) ou pour vous-même, voici des peluches sur le thème des fouilles archéologiques pour pouvoir enfin dormir avec une truelle sans risquer un accident de type éborgnement… Au choix : pinceau, truelle, amphore, fémur, etc.

Enfin, les créatifs apprécieront ce kit de moulage pour reproduire le célèbre hippopotame en faïence égyptienne de la XVIIème dynastie, avec un moule en latex, un sachet de plâtre, de la peinture etc.,  à 19€90.

enfants

 

      Par ailleurs, n’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil à l’édition 2016, pour encore plus d’idées (P.S. : j’attends toujours qu’on m’offre la peluche Bastet présentée dans ladite édition, si vous voyez ce que je veux dire, hein …).

Et bonnes fêtes archéologiques !! :)

 

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16 novembre 2017

Chapelle Saint-Lazare

       La chapelle Saint-Lazare de Nice, sans doute fondée à la fin du XVème siècle, est mentionnée dès le 11 octobre 1519 : « Capelle Sancti Lazari extra-muros Nicie, quandam faissam scitam alla Buffa confrontande », aussi dite « in territorio Nicie, loco dista alla Buffo » en 1523 (Archives diocésaines de Nice, série C 25), soit au lieu-dit de la Buffa, hors des remparts de Nice. Ce sont plusieurs dizaines de reconnaissances de cens et services qui sont conservées pour la chapelle Saint-Lazare aux archives diocésaines de Nice, ce qui laisse supposer que cette chapelle était une véritable petite seigneurie foncière.

Archives des Carmes

       Par ailleurs, un acte du 18 des Calendes d’octobre de la cinquième année (decimo octavo kalendas octobus anno quinto), intitulé Resignatio Simplex (qu’on peut donc supposer être une renonciation à une charge, un droit ou un bénéfice, sans réserve de pension[1]) témoigne de l'importance acquise par la chapelle Saint-Lazare, désormais également désignée par le terme d'église [2] : « cura ecclesiam seu capellam S[anc]ti Lazari extra m[o]enia Civitatis Nicie », « ecclesie seu capelle » ou «ecclesiam seu capella[m] ».

       Il semblerait que cette chapelle ait notamment été en ralations avec le Monastère des pauvres filles orphelines de Nice et le Monastère des Carmes ainsi que l'attestent des documents conservés dans les archives du Monastère des Carmes de Nice (H 1572)[3]. C'est d'autant plus probable que le Monastère des Carmes, fondé à la fin du XIIIème siècle (dès 1249), était situé sur le site de l'actuelle rue du Paradis, dans le quartier dit de la Buffa, plus tard également nommé quartier de la Poudrière, où se trouvait également la chapelle Saint-Lazare.

St Lazare Nice carte

      La chapelle Saint-Lazare était également le seul souvenir de l'emplacement de l'hôpital de Saint-Lazare, destiné à soigner les lépreux. Géré par la Société du Saint-Sépulcre dès le XVème siècle (qui gérait également le Monastère des pauvres filles orphelines de Nice créé en 1584), cet hopîtal, initialement implanté en 1205 dans le quartier du Pré-aux-Oies avait été endommagé par le débordement du Paillon en 1596 et reconstruit dans le quartier de la Poudrière sur la rive droite du fleuve. Il aurait été détruit lors des sièges de 1691 et 1705 [4]. Il faut noter que la chapelle Saint-Lazare était antérieure au nouvel hôpital Saint-Lazare, cette chapelle étant mentionnée dès 1519 soit plus de 60 ans avant que l'hôpital ne s'implante sur l'actuelle rue Masséna.Quartier de la Poudrière au XVIIème

       Pour ce qui est des représentations cartographiques, la chapelle dite de Saint-Lazare figure sur trois plans identiques de la rive droite du Paillon dont le plus ancien est daté de 1812 (03 FI 11216, 01FI 0044 et 01FI 1413). Ces plans permettent de situer la chapelle Saint-Lazare au croisement de l'actuel passage Emile Négrin et de l'actuelle rue Masséna, à droite de l'embouchure du vallon de St-Michel.

      Malheureusement, profanée pendant la Révolution, la chapelle Saint-Lazare ne sera pas rendue au culte[5] et le projet d'aménagement de la rive droite du Paillon dans les années 1840 va entrainer la disparition de cette chapelle qui n'existe déjà plus en 1842.

Chapelle de St Lazare Nice



[1] Le Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale ..., Volume 5, édité en 1776 aux éditions Joseph Duplain, dit, à propos des Provisions (au sens de bénéfice conféré à un tiers) que « autrefois quand il n’y avoit point de réserve de pension, on l’intituloit, resignatio simplex », p.38.

[2] AD 06, 02G 0165 - folio 75.

[3] Le premier, daté du 4 février 1659, mentionne le « profi sotto il titolo di S. Lazaro di questa citta ». Un autre document daté de 1728 mentionne le « monistero delle povere figlie orfane di questa citta e della Capella di San Lazaro ».

[4] Guide des étrangers à Nice : contenant quelques notions sur l'histoire et la statistique du pays ..., la Société Typographique, 1826, p.45.

Aude Lazaro

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07 novembre 2017

Chapelle Saint-Jacques

      La chapelle Saint-Jacques n’existe aujourd’hui plus. Si on se reporte néanmoins aux plans où elle est figurée, on peut la situer au n° 77 de l’avenue du Mont-Alban de Nice. Cette résidence s’appelle d’ailleurs le Castellino St-Jacques.

André Salles, Route de Nice à Villefranche, 1893, SG WC-389

      Cette chapelle se distingue des autres chapelles rurales niçoises par une architecture un peu différente. Tout d’abord, un porche ouvert précède l’entrée. Deux photographies nous permettent d’appréhender l’aspect général de la chapelle Saint-Jacques. Ce sont des vues larges et générales du col de Villefranche et de la vallée du Paillon. Une photographie d’André Salles, de 1893, intitulée Route de Nice à Villefranche (BnF, document SG WC-389), nous donne une image très précise de l’aspect de cette chapelle. De fait, le toit est également différent car ce n’est pas comme sur les autres chapelles un toit en double pente mais un toit en pavillon à quatre versants. Cette chapelle n’a par ailleurs pas de mur-clocher mais un clocher propre de forme circulaire.

 

James Jackson, 123 phot. de Menton et environs de Nice, 1886, SG WC-175

      Sur le plan iconographique, deux autres vues de la chapelle Saint-Jacques nous sont parvenues, figurées sur deux aquarelles réalisées par Ercole Trachel (1820-1872). Ces deux aquarelles représentent la même scène : la ville de Nice depuis le col de Villefranche. Si la plus petite de ces aquarelles (24,1 x 34,3 cm) laisse un doute quant à l’identification de la chapelle Saint-Jacques, celle de 25cmx45,5cm n’en laisse aucun, car contrairement à la plus petite, la rampe accolée à la façade nord de l’édifice, et qu’on reconnait aisément sur les photographies et cartes où est figurée la chapelle, est représentée, le cadre un peu plus long permettant de rajouter cet élément.

Plan des environs de Nice, 1872

      Le seul plan à mentionner son vocable est le cadastre de 1812. Elle est néanmoins figurée sur un plan de 1882, au côté de Notre-Dame des Anges, elle mentionnée, ainsi que sur un plan guide de Nice de 1973. C’est un plan du 16 juin 1827 mentionnant une « cappella » qui permet d’affiner l’emplacement de la chapelle, la boucle formée par l’avenue du Mont-Alban étant aisément reconnaissable, et le projet de la nouvelle route étant également représenté (AD 06, document 01FI 0042, Col de Villefranche, 1827). Ce plan est d’autant plus utile qu’il permet de mettre en relation la chapelle Saint-Jacques avec une photographie prise du Mont-Alban, où figure une chapelle correspondant en tous points à l’emplacement et la forme de la chapelle Saint-Jacques.

1871, D1 Saint Roch et Lazaret, section du Col de Villefranche

      Un autre document nous apporte même le nom du fondateur de la chapelle, Jacques Daprosi (document 01FI 0147 du 6 juillet 1839). Ce nom apparait d’ailleurs plusieurs fois sur le dessin de 1827 sur deux des terrains adjacents à la chapelle.

16 juin 1827

     

 

 

       La chapelle aurait été détruite entre 1966 et 1968 . Une photographie aérienne de 1952 permet encore de distinguer le toit de l’édifice, et plus particulièrement son clocheton rond, grâce auquel l’identification est possible. Sur une autre photographie de 1966, l’échelle étant beaucoup plus petite que sur la précédente ( 1/5100 contre 1/19713), il est moins évident d’identifier la chapelle Saint-Jacques. L’emplacement et la forme de l’édifice correspondent cependant à ce qu’ils devaient être avant sa destruction. En 1969, la chapelle n’existe plus. Elle a disparu au profit du chemin d’accès permettant de se rendre au Castellino Saint-Jacques, grande résidence sortie de terre à quelques mètres de l’emplacement de la chapelle. De fait, le nom de cette résidence est le seul souvenir de la chapelle Saint-Jacques.

Aude Lazaro

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26 novembre 2016

Idées cadeau pour archéologues et archéophiles !!

Noël approche et cette année encore, vous ne savez pas quoi offrir à vos proches et amis archéologues et/ou archéophiles ?

archéon Noel

Voici une sélection d’idées cadeaux de Noël selon votre budget, que ce soit pour l’archéologue qui partage votre vie ou pour votre grand-père passionné de civilisations anciennes. Bien sûr, vous pouvez aussi y trouver des idées pour votre propre liste de Noël !

1. Un stylo multitâche

Le stylo ultime, incluant un tournevis, un niveau à bulle, et même un stylet pour s’en servir sur IPad !! Comptez environ 24€ pour ce stylo à la Indiana Jones.

http://www.hamiltonpens.com/troika-construction-ballpoint-pen?gclid=CKGhyvPliskCFQVuGwodh_UJBQ

stylo

2. Un message en cunéiformes

La tablette d’argile où aura été minutieusement transcris votre sms ou tweet le plus mémorable ! Vous avez quelque chose d’important à dire ? Dites-le en cunéiformes ! Comptez environ 24€ pour immortaliser vos messages.

https://dumbcuneiform.com/

intro-image

3. Un mug ou un thermos

Parce qu’on dit qu’un archéologue peut être soûl comme un irlandais le soir de la Saint-Patrick et capable de distinguer terre marron clair et terre marron moyen au matin ! Avec ces mugs et thermos, les différentes nuances de sol n’auront plus aucun secret pour vous ! Comptez environ entre 13 et 15€ pour ces nuanciers à boire.

http://www.cafepress.co.uk/+munsell-soil-color-chart+mugs

mugs

Le mug qui va sans doute finir sous peu dans mon placard entre celui du Colisée et celui des catacombes ! Pour tous ceux qui décomposent leur environnement en couches stratigraphiques, ces jolis mugs, décorés à la main, sont personnalisables, de quoi faire doublement plaisir pour seulement 14€ !

https://www.etsy.com/fr/listing/479262358/tassemug-archeologie-je-vois-la-vie-en?ga_order=most_relevant&ga_search_type=all&ga_view_type=gallery&ga_search_query=archaeology&ref=sr_gallery_13

mug coeur

4. Une boite de crayons

LA boite de crayons de couleur la plus classe qui soit ! Comptez un peu plus de 9 € pour cette jolie boite en forme de sarcophage contenant six crayons

http://www.britishmuseumshoponline.org/invt/cmcg67910

sarcophage coeur

5. Un parfum

Le parfum Neandertal avec son flacon en forme de silex et ses notes minérales et animales. Comptez tout de même environ 260€ pour un de ces splendides flacons.

http://neandertal.co.uk/#top

parfum

6. Un bijou

Les sublimissimes bijoux d’ArloEdgeWalker (sur ma wishlist depuis longtemps), parfaits pour l’anthropologue qui sommeille en vous ! Comptez entre 130 et 240 € pour une de ces petites merveilles sculptées dans de véritables perles.

https://www.etsy.com/fr/shop/ArloEdgeWalker?ref=listing-shop2-all-items-count#items

bijoux coeur

Un pendentif en argent représentant … une truelle ! Existe aussi en boucles d’oreille ! Comptez 51€ pour ce joli bijou.

https://www.etsy.com/fr/listing/225371416/tiny-trowel-pendant?ga_order=most_relevant&ga_search_type=all&ga_view_type=gallery&ga_search_query=trowel%20archaeology&ref=sr_gallery_2

pendentif

7. Une truelle (spéciale)

On vous l’avait déjà présentée, mais la revoici, la truelle décapsuleur, avec sa lame en acier trempé, que vous pouvez également faire personnaliser. Un must-have pour frimer sur les chantiers ! A partir de 12€.

https://www.etsy.com/fr/listing/198395849/larcheologie-truelle-decapsuleur-la-cle?ga_order=most_relevant&ga_search_type=all&ga_view_type=gallery&ga_search_query=archaeology&ref=sr_gallery_9

truelle

8. Du vin

Et pourquoi pas un vin romain ? Fermentés avec des plantes, vinifiés dans les dolia de 400 l de la cave gallo-romaine des Tourelles, les vins du Mas des Tourelles sauront agrémenter vos repas de fête et surprendre vos convives ! Comptez environ 13€ pour une bouteille de Turriculae et 20€ pour une bouteille de Carenum.

http://www.tourelles.com/prestashop/index.php?id_category=6&controller=category&id_lang=2

vin

9. Pour les petits budgets

Un mini rouleau de papyrus (18 x 14 cm) pour environ 1€20.

http://www.britishmuseumshoponline.org/invt/cmcn394700

papyrus

Un savon en forme de silex pour 1€21, disponible en plusieurs parfums et couleurs.

https://www.etsy.com/fr/listing/262475446/barre-de-fleche-de-savon-vous-choisissez?ga_order=price_asc&ga_search_type=all&ga_view_type=gallery&ga_search_query=archaeology&ref=sr_gallery_7

silex savon

10. Et pour les (grands) enfants

La peluche hippopotame de la fin du Moyen Empire, d’après les figures en faïence égyptienne !! 15€ pour éveiller la fibre égyptologique chez vos enfants !

http://www.boutiquesdemusees.fr/fr/boutiques/musee-du-louvre/peluche-hippopotame/7292.html

peluche hippo

La peluche de Bastet, déesse égyptienne à l’apparence de chat, pour environ 19€. Et si vous préférez les chiens (d’accord, c’est un chacal, mais ne chipotons pas), sachez qu’Anubis est également disponible version peluche !

http://www.britishmuseumshoponline.org/invt/cmcn459830

peluche bastet coeur

Et bien sûr, n'oubliez pas les cadeaux "utiles", une nouvelle truelle ou un nouvel outil de dentiste sont toujours les bienvenus ! :)

En vous souhaitant de bonnes fêtes archéologiques !

l'équipe d'ArchéOn

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