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27 juin 2019

Habitat et lieux de culte dans le vallon du Refrei (Tende, 06)

Ouvrage de Castel Tournou

Boudée par les randonneurs qui lui préfèrent la vallée des Merveilles et ses gravures protohistoriques, la vallée du Riofreddo, à l’est de Tende, n’est pourtant pas dénuée d’intérêt.

Le vallon du Refrei est formé par le ruisseau du Riofreddo (13 km) qui prend sa source sur le plateau de Malabergue à un peu moins de 1800 mètres d’altitude. Grossi par les eaux du vallon de Malabergue, de Bachialon et de Baracon, il s’écoule d’est en ouest, vers le sud où il rejoint la Roya au niveau de Tende.

Le vallon du Refrei est essentiellement connu pour Castel Tournou (ouvrage 243) et le rocher de Servia (ouvrage 244), deux ouvrages défensifs creusés à même la roche en 1940.

Vallon du Refrei, sd.

L’histoire de l’homme dans ce vallon est pourtant beaucoup plus ancienne.

C’est en 1163 qu’est mentionnée pour la première fois la route qui va de Cravaluna, au-dessus de Navarne (aujourd’hui La Varne), au gias[1] de Malaberga (Malabergue).

Aujourd’hui, la présence humaine ne se concentre plus qu’en trois lieux : la Pia, Refrei et la Varne.

A seulement quelques minutes en voiture de Tende, c’est le hameau de la Pia qui concentre le plus d’habitants. Viennent ensuite le hameau du Refrei et les granges de la Varne, desservis par une piste depuis Morignole. Si les routes et pistes ont permis de pérenniser (de façon très relative) ces groupements d’habitats malgré le dépeuplement du vallon, un autre facteur doit être pris en compte pour expliquer la longévité de ces hameaux au fil des siècles derniers.

Saint-Julien, la Pia, Carta contenente Briga, Carnino, Upega e Tenda, ASTo

Ce sont les lieux de culte. Seules trois chapelles semblent avoir existé dans le vallon du Refrei. La première se trouvait à la Pia et était dédiée à saint Julien. Un seul document nous renseigne sur sa localisation et seul un oratoire accolé à un bâtiment qui correspondrait à l’ancien emplacement du lieu de culte pourrait aujourd’hui témoigner de l’existence de cette chapelle.

La deuxième se trouve à la Varne et est dédiée à Notre Dame des Neiges. Modeste bâtiment semblable aux autres bâtisses du hameau, elle n’est reconnaissable qu’à la croix en fer forgé qui se dresse à son fronton. De plan carré, sa surface est légèrement inférieure à 30 m2 et elle s’ouvre au sud. Elle est totalement prise dans le noyau d’habitations que forment les granges de la Varne.

Notre-Dame des Neiges, La Varne

Enfin, la troisième se trouvait un peu avant l’actuel hameau du Refrei et était dédiée à Notre Dame de Consolation. Il n’en reste aujourd’hui que des ruines. Cette chapelle aurait été reconstruite au XVIIIème siècle en remplacement d’une ancienne détruite par une avalanche de neige[2].

N-D de Consolation, amorce de la voûteNon orientée, elle s’ouvre à l’est et sa superficie avoisine les 30 m2. Sa façade est percée d’une porte rectangulaire surmontée d’un linteau hémicylindrique en lames de schistes concentriques et de deux petites fenêtres latérales. Une autre ouverture, plus grande, perce le mur sud de l’édifice. Il est possible qu’un oculus se soit trouvé au-dessus de l’entrée. De plan carré, cet édifice semble avoir été couvert d’une voûte d’arêtes, comme en témoignent les piliers qui, aux angles du bâtiment, portent encore quelques un des claveaux de la voûte, réalisés en tuf de rivière. L’essentiel du bâti est modeste et fait la part belle au schiste. Des lames de schiste, complétées par quelques blocs calcaires, constituent l’appareil de cette chapelle.

Notre-Dame de Consolation

 

1785, La Varne et Refrei, ASTo

En 1805, on y célébrait encore la sainte Messe mais ces petits lieux de culte n’accueillaient en fait qu’une ou deux familles, rarement plus. Ainsi, à la Varne, on ne comptait qu’une famille de sept ou huit personnes en 1805[3]. Cet aspect n’est pas propre au vallon du Refrei puisque le hameau de Canaresse, au nord de Tende, où se trouve la chapelle Saint-Pierre d’Alcantara, ne comptait à la même époque que deux familles pour un total de trente-cinq personnes[4]. La pérennisation de ces familles en un lieu pourrait d’ailleurs expliquer le caractère erratique de ces groupements d’habitats. En effet, l’observation des cadastres anciens et modernes ne fait ressortir aucune logique d’organisation. Aucune ligne médiane -si ce n’est au hameau du Refrei-, des parcelles aux dimensions disparates, des orientations variables, le parcellaire de ces hameaux a tout de l’urbanisme erratique. On peut localement observer quelques rares noyaux autours desquels sont venus s’accoler les autres habitations, sans doute au fur et mesure de l’agrandissement des familles, mais le seul critère qui semble avoir été pris en compte lors de la construction de cet habitat fut la volonté de vivre ensemble.

Gias à Cravaluna

Enfin, il ne faut pas oublier les gias et vacheries dont les ruines se rencontrent encore à travers toute la vallée et notamment à partir de 1500 mètres d’altitude. Le hameau de Cravaluna est composé d’un noyau d’habitats et de plusieurs gias répartis le long de la barre rocheuse qui mène aux rochers de la Crave au-dessus de la Varne et de Lassanasque. La totalité du hameau est en ruines mais les gias sont les bâtiments les mieux conservés de cet ensemble, preuve d’une certaine longévité des activités pastorales après l’abandon de l’habitat. On les reconnait aisément car ce sont de très grands édifices avec de larges ouvertures, peu ou pas de fenêtres et un large pilier central pour soutenir la charpente et la toiture. A Cravaluna, leurs murs sont larges, massifs, quasiment exclusivement réalisés avec d’épaisses lames de schiste alternativement posées en panneresse et en boutisse qui confèrent à l’ensemble une grande stabilité et résistance. Pourtant, on n’y abrite plus les animaux depuis longtemps et la végétation reprend peu à peu ses droits. Seuls les toponymes et quelques rares bâtiments signalent encore leur existence, comme la vacherie de Valmaurina, le gias supérieur de Malabergue ou la bergerie de Sénéca. On retrouve également les ruines d’une ca d’arbinée, une construction typique de la Roya, se présentant comme un enclos circulaire ou semi-circulaire en pierres sèches destiné à protéger les abeilles et leur miel et pouvant abriter jusqu’à une centaine de ruches.

Gias à Cravaluna Vacherie de Malabergue

 Le vallon du Refrei ne conserve donc pas que des vestiges militaires liés à son emplacement stratégique mais aussi un « petit patrimoine », témoin de plusieurs siècles de pastoralisme, dont l’architecture singulière est cependant condamnée à disparaitre avec les traditions qui faisaient vivre cette vallée.

 

Aude Lazaro



[1] Gias ou jas, se traduit pas « gîte » et désigne de grandes bergeries construites à l’écart des fermes et hameaux.

[2] AD 06, 01B 0207 - l'autorisation pour le notaire de Tende de rebâtir une chapelle située dans le quartier de Rioffredo, emportée par une avalanche de neige, déjà obtenue de l'évêque de Ventimiglia (5 juin 1738).

AD 06, 01B 0211 - la construction d'une chapelle champêtre, sous le titre de Sainte-Marie-de-la-Consolation, dans le quartier Riofreddo de Tende, en remplacement d'une ancienne détruite par une avalanche de neige, accordée au chanoine de la collégiale de ce lieu et la collation de la prévôté dans ladite collégiale pour le prêtre Carlo Giuseppe Caissotti (30 octobre 1761).

[3] Archives Diocésaines de Nice, 1C6.

[4] Il ne faut pas oublier que le concept même de famille a énormément évolué ces 200 dernières années et que l’exode rural a morcelé ces « clans ».

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19 mars 2019

Reliques en séries ?

Saint Fortuné de Coldirodi

Vous vous souvenez peut-être du corps de saint Fortuné que je vous avais présenté il y a quelques temps. Au détour de mes (nombreuses) pérégrinations, je suis tombée il y a peu devant le corps de saint Placide à Ceriana. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a comme un air de déjà vu ! Conservés dans deux églises de deux villes différentes distantes d’une trentaine de kilomètres, dans la province d'Imperia (Italie), ces deux re-lit-quaires (le jeu de mot était trop facile) ont la même forme et le même style. Seules les couleurs et les moulures varient. D'une longueur de 140 centimètres pour environ 75 centimètres de haut, ces reliquaires présentent la même structure, à savoir une niche ouverte à l'avant posée sur quatre pattes de lion. Celle de Ceriana est bleue (un faut décor de marbre bleu veiné de blanc peint sur bois) et or. Celle de Coldirodi est verte et or. La principale différence réside dans les moulures latérales. Le reliquaire de Ceriana (bleu) présente sur les deux tiers supérieurs des moulures latérales un décor de feuilles de chêne et de glands. Sur la partie basse, une feuille d'acanthe recouvre les coins inférieurs du reliquaire. Le reliquaire de Coldirodi (vert) présente un décor plus simple, uniquement constitué de feuilles d'acanthe. La partie haute de ces deux reliquaires est la même, à l'exception du motif central figurant la couronne et la palme du martyr qui présente quelques variations, notamment sur la façon dont les palmes se croisent et retombent hors de la couronne. Or, sur les quelques 200 niches contenant des squelettes, corps momifiés ou personnages de cire que j'ai pu comparer, aucun ensemble (si ce n'est les classiques rectangles de verre) ne présentait autant de similitudes que ces deux reliquaires (on observera par ailleurs, au niveau du contenu, que les reliques de femmes prennent plus souvent l'apparence de personnages de cire dans des positions de repos, alors que les hommes apparaissent plus volontiers sous la forme d'ossements mis en scène, dans des postures également plus variées).

comparaison

On observe également des similitudes en ce qui concerne les occupants de ces niches.

Saint Placide de Ceriana

Les deux squelettes sont vêtus de la même façon, avec là encore, des variantes entre les deux. Saint Placide est vêtu d’un vêtement blanc ornés de motifs floraux. Son bras droit soutient sa tête, une posture que l'on retrouve également chez saint Benoit de Vallebona (province d'Imperia également, et sa posture n'est d'ailleurs pas la seule similitude avec les deux corps dont il est ici question...). A côté de lui est posé un petit pot en verre, dont le contenu est difficile à identifier, fermé par un galon doré. Saint Fortuné, lui, est vêtu d’un plastron argenté selon le modèle de la lorica squamata, ou armure d’écaille, le modèle de broigne le plus courant dans l’Empire romain (saint Benoit de Vallebona porte également un plastron semblable). Il repose allongé, sa main droite tient une épée de bois, la gauche une branche d'olivier séchée et ses jambes sont croisées, la gauche passant par-dessus la droite. La tenue de l’un comme de l’autre est fortement rehaussée de broderies et rubans dorés.

S’il existe plusieurs saints nommés Fortuné, la tenue de celui exposé dans la niche verte laisse supposer qu’il s’agissait du soldat connu sous ce nom, et qui appartenait à la légion thébaine. L’épée dans sa main droite et les écailles argentées sur son plastron évoquant une armure sont en effet plus proches de la représentation d’un soldat que de celle que l’on pourrait avoir de saint Fortuné de Spolète, un prêtre qui consacra sa vie entière au labeur et à la charité, ou de saint Fortuné de Todi, un évêque du V-VIème siècle. De plus, il tient dans sa main gauche la palme du martyr sur laquelle est écrite S. Fortunati Marty.

Saint Fortuné vêtu d'un plastron argenté

Or, le corps de saint Fortuné de la légion thébaine reposerait dans l’église paroissiale de Lonate Pozzolo… mais aussi à Camogli ! Quelle relique est donc l’authentique ? Si tant est qu’une seule d’entre elles soit authentique… Les doublons de reliques de ce type, avec des squelettes ainsi vêtus et placés dans des niches ne sont pas rares. Dans la cathédrale de Melfi, c’est saint Théodore, vêtu d’or et de banc, une épée à la main, qui se tient allongé, accoudé sur son bras droit. Son corps proviendrait des Catacombes de Priscille[1], à Rome. Seul bémol, l’église paroissiale de Vasto possède elle aussi un corps censé être celui du martyr saint Théodore, allongé dans sa niche bleue et or. Le corps de saint Valentin se trouverait quant à lui à Palmoli, à Cavour, à Monselice et à Belvedere !

saint Fortuné dans sa niche

Cette multiplication d’individus pour un même saint démontre en tout cas la création ex-nihilo de reliques à partir de corps dont la véritable origine nous est finalement inconnue. S'agit-il de corps d'homonymes attribués (sciemment ou non) à tort à des saints ? Ces corps proviennent-ils seulement des catacombes ?

Sur le plan ostéologique, c'est le squelette de saint Fortuné qui est le plus facilement observable. Son avant-bras gauche présente plusieurs cassures récentes, peut-être liées au déplacement de la relique de l'église Saint-Bernard (aujourd'hui connue sous le nom du Sanctuaire de la Madone Pèlerine) à l'église paroissiale où elle est aujourd'hui conservée. Le radius et l'ulna droits sont également en mauvais état. En revanche, la tête est dans un remarquable état de conservation, surtout au niveau de l'os nasal. L'observation du saint Fortuné de Coldirodi permet également d’affirmer qu’il s’agissait du corps d’un individu mort jeune. En effet, l’épiphyse proximale du tibia (surtout visible sur le tibia gauche) n’a pas encore complètement fusionné avec la métaphyse. Or chez les hommes, la fusion de l’extrémité proximale du tibia se fait vers l’âge de 18 ans (15 ans pour les femmes)[2]

tibia gauche de saint Fortuné, Coldirodi

On ignore à quel âge mourut saint Fortuné (seule la date de son décès nous est connue), mais ce fut vraisemblablement jeune. Pour autant, il ne faut pas en déduire que Coldirodi possèderait la véritable relique . Premièrement, parce que si saint Fortuné mourut jeune, il est peu probable que ce fut avant l'âge de 18 ans, d'autant plus que les citoyens romains étaient mobilisables de 17 à 60 ans (bien sûr, il faut aussi prendre en compte les variations anatomiques et les limites des méthodes d'estimation du profil biologique). De plus, la qualité de la réalisation, avec l’épée et la lorica squamata, laisse présumer de la grande érudition en matière de vitae sanctae des pourvoyeurs de reliques. C’est sans doute préjuger des connaissances ostéologiques de l’époque mais nous ne sommes pas à l’abri d’un choix délibéré qui se serait tourné vers un individu mort jeune (c’est encore le problème de la provenance des corps : cimetières, catacombes anciennes, corps volé ou acheté puis préparé par compostage, enfouissement ou même macération dans l’eau ou cuisson ?). La relique serait arrivée à Coldirodi en octobre 1772 et proviendrait de Rome, mais aucun authentique ou document ne peut en attester. 

Saint Placide

Concernant le corps de saint Placide de Ceriana, on se retrouve face au même problème de doublon dans la mesure où son corps se trouverait également dans l’église Saint-Jean de Malte à Messina où il aurait été retrouvé en 1588… La ressemblance entre le reliquaire de saint Placide de Ceriana et celui de saint Fortuné de Coldirodi, qui évoquent une facture baroque, probablement du XVIIIème siècle, pose la question d’une production "en série" de fausses reliques destinées à orner les églises d’Europe et à raviver la foi à une époque où la ferveur chrétienne avait déjà considérablement faibli.

 

Aude Lazaro

[1] Paul Koudounaris nous rappelle d’ailleurs que "les squelettes décorés proviennent d'Italie, d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche aux XVIIe et XVIIIe siècles [… et qu’] aucun d'entre eux n'appartenait à des saints célèbres ou à des personnalités canonisées lors de procès officiels. Ils venaient des catacombes romaines, ils étaient des martyrs et étaient donc considérés comme des saints ". P. Koudounaris, Heavenly Bodies: Cult Treasures & Spectacular Saints from the Catacombs, 2013

[2] B. Jain, Guide to Forensic Medicine & Toxicology, B. Jain Publishers, 2016

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24 novembre 2018

Idées cadeaux pour archéologues et archéophiles - édition 2018

Et revoici venu le fatidique moment des achats de Noël !

Alors, cette année encore, ArchéOn vous a fait une petite sélection d’idées cadeaux pour vos amis et proches archéologues et archéophiles, historiens et histophiles, préhistoriens et … bon ça va, vous avez compris l’idée, passons aux choses sérieuses !

Couverture 2018

Et commençons par nos amis les préhistoriens (même si nous ne les comprenons pas toujours) !

La boutique de l’archéosite des Fieux propose des « kit feu par percussion » pour apprendre à allumer un feu avec un percuteur en silex ! Ce qui, en dehors de l’aspect didactique, sera très utile si la personne à qui vous comptez l’offrir est adepte des randonnées en milieu hostile… Pour les créatifs, la boutique propose également un « kit de peinture préhistorique », avec des pigments naturels ! Comptez 20€ pour le « kit feu » et 8€ pour le « pit peinture ».

Pour les (grands) enfants, sachez qu’il existe des kits de fouille permettant d’exhumer le squelette d’un Australopithecus Afarensis (19€22) ou celui d’un Homo Neanderthalensis (10€71) ! Il s’agit de dégager un squelette d’hominidé à l'aide du petit marteau et de la pointe fournis dans le kit, puis de remonter les ossements retrouvés !

On vous l’avait déjà présenté sur la page Facebook, mais si vous êtes passés à côté, sachez que vous pouvez décorer vos murs façon Lascaux avec des stickers reproduisant des scènes de chasse où se côtoient hommes armés, bisons et mammouths (17$95) !

Vous pouvez également vous tourner vers ce lot de trois savons représentant des pétroglyphes d’animaux, pour 12$, avec des parfums aussi variés que champagne, chocolat, raisin, lavande, vanille, ou encore eucalyptus.

Enfin, pour épater vos collègues, voici deux magnifiques porte-clés, un représentant le crâne de l’Homo Erectus (11$75), et un autre représentant le crâne d’un Australopithèque (12$75) !

Préhistoire Bis

Et parce qu’une de mes plus proches amies est protohistorienne et que je ne peux plus faire semblant d’ignorer l’existence de cette absconde période, je vous ai dégoté un pendentif en forme de sanglier sur la Boutique de l’Oppidum, en argent, pour 40€. On y trouve également de nombreux autres bijoux inspirés de l’art celte !

Et même si je sais que l’art de la Protohistoire ne tourne pas que autour de ces succulents animaux, j’ai également trouvé de très mignonnes peluches de sanglier (29€99) !!

Sinon, vous pouvez offrir cette lampe à huile figurant Alaudagenos, un aristocrate Arverne (31$79).

Protohistoire

Amis antiquisants, voici trois magnifiques petits pin's représentant les trois ordres architecturaux des chapiteaux antiques ! A vous de choisir entre le corinthien, le dorique ou l’ionique (28$ le lot de 3 ou 11$ l’unité) ! La boutique propose également des pin's « Harpie » ou « Sphynx » (12$) !

 

Antiquité

Les égyptophiles apprécieront ce lot de 8 petits savons parmi lesquels figurent une momie, les pyramides de Gyzeh, Bastet ou encore le buste de Néfertiti (4$) !

Chez ArchéOn, on a eu un coup de cœur pour ce superbe pendentif figurant un sarcophage en pierre dans lequel se trouve un sarcophage en bois dans lequel se trouve une momie (43$75) ! C’est comme les poupées russes, mais en beaucoup mieux !!

Egypte

 

Pour nos amis les bretons et/ou fiers descendants des Vikings, sachez que la boutique du British Museum propose une reproduction du Hnefatafl (25£), un jeu viking caractérisé par des forces inégales puisque l’un des deux joueurs possède deux fois plus de pièces que son adversaire ! De quoi pimenter un peu les soirées autour du feu !

Pour les tempéraments plus calmes, la boutique propose également un canard de bain Viking (5£50) !

Vikings

Et maintenant direction le XIVème siècle, avec cet adorable modèle de crochet pour réaliser un médecin de la peste (4€80). Cela me donnerait presque envie d’apprendre le crochet !

Dans le même thème, voici un petit pin's émaillé à épingler sur le revers de votre veste (15$) !

Ce joli savon en forme de gargouille devrait également rencontrer beaucoup de succès auprès de vos amis médiévistes (5$) ! Sachez que cette petite gargouille existe également en bombe de bain !

Les amateurs de l’architecture gothique craqueront pour cette sublime bague en argent évoquant la silhouette d’une cathédrale gothique (118$94) !

Moyen Age

Pour les gourmands, direction la Cour des Saveurs qui propose des recettes inspirées de la cuisine médiévale telles que le civet de cerf aux châtaignes (12€) ou la terrine de chevreuil aux cassis (5€), mais aussi moult alcools délectables comme la bière à la myrtille ou aux champignons, l’hypocras ou encore l’hydromel (entre 2€50 et 12€) !

Sur le site de la Cuisine Antique, vous pourrez trouver de nombreux condiments et conserves inspirés de recettes antiques comme la sauce aux dattes et aux oignons (4€30), les champignons à la romaine (5€40) ou les pignons confits aux épices (5€60) !

Et pour ceux qui aiment cuisiner, vous pourrez trouver pas mal d'emporte-pièces sur le thème d l’archéologie sur la boutique de Bakerlogy, et notamment un emporte-pièce pour des cookies « Crâne de Noël » (11$69)!

Gastronomie bis

Enfin, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer : ArchéOn a enfin sa boutique sur Etsy ! Entre les fouilles et les papiers à rédiger, il y a encore assez peu d’articles en vente mais la boutique va s’étoffer dans les semaines à venir ! Donc, si vous cherchez un cadeau, n’hésitez pas à aller y jeter un coup d’œil !

Annonce 2

Par ailleurs, n’hésitez pas à aller regarder les éditions 2016 et 2017, pour encore plus d’idées.

Et bonnes fêtes archéologiques !!

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27 août 2018

Chapelle Sainte-Rosalie

La chapelle Sainte-Rosalie, autrefois située à l’intersection de l’avenue des Arènes et de la corniche Sainte-Rosalie, aurait été « bâtie sur un terrain appartenant au Chapitre, en exécution d’un vœu fait lors de la grande peste de 1631 »[1].

Mais c’est surtout au XVIIIème siècle, lorsque le chanoine Jean Garneri fonde une chapellenie dans la chapelle Sainte-Rosalie que cet édifice semble refaire surface. Un acte des archives du Chapitre cathédral de Nice mentionne en effet en 1772 la « fondation par le chanoine-curé Jean Garneri de deux canonicats et des cinq chapellenies rurales de Saint-Sauveur de Gairaut, Saint-Pierre de l'Ariane, Sainte-Rosalie de Cimiez, Saint-Etienne de Camp-Long et Saint-Roch de Roquebillière » et « l’acceptation de la fondation par le chapitre et l'évêque ». Le détail de ce legs est disponible sur le site Archeo Alpi Maritimi : http://www.archeo-alpi-maritimi.com/chapellesruralesdeNicegarneri.php .

Cartes figurant la chapelle Sainte-Rosalie

La chapelle Sainte-Rosalie semble avoir eu une vie religieuse assez marquée puisqu’elle est à plusieurs reprise mentionnée dans les archives anciennes et révolutionnaires. Ainsi, le 5 novembre 1779, un acte des archives du Sénat de Nice informe du « refus d'autoriser le transfert de la chapellenie érigée dans la chapelle Sainte-Rosalie, existant dans le quartier de Cimiez, dans la chapelle Saint-Roman, située dans le quartier de Bellet, dans la campagne de Nice »[2]. Le 12 août 1785, c’est « l'agrandissement de la chapelle champêtre Sainte-Rosalie de Cimiez » qui est mentionné, également dans les archives du Sénat de Nice[3].

Par ailleurs, les archives du Chapitre cathédral de Nice recensent les nominations ayant eu lieu à la chapelle Sainte-Rosalie. En 1773, Hyacinthe Botti est nommé chapelain de Sainte Rosalie de Cimiez[4]. La nomination de Pierre Giletta, de Levens, comme chapelain de Sainte-Rosalie de Cimiez se fait le 27 mai 1779[5]. Le 4 mars 1780, il s’agit de François Remusati. Le 25 janvier 1782, l'avocat Etienne Truqui reprend le poste de chapelain[6]. Un document du 12 avril 1785 comporte un « témoignage contre Truchi, chapelain de la chapellenie de Sainte-Rosalie, accusé de ne pas remplir avec conscience les charges de son bénéfice »[7]. Si l’orthographe du nom diffère sur les deux actes, il s’agit très certainement de la même personne. En 1787, la chapellenie est confiée à don Jean Honoré Castea (aussi orthographié Gioanni Onorato Casteu)[8]. Il achète notamment en 1792 quatorze ardoises pour neuf francs « pour les deux chapelles latérales de l’Eglise de ladite Ste Rosalie » [9]. On peut donc en déduire qu’en plus d’une sacristie, cet édifice comportait deux chapelles latérales, vraisemblablement ajoutées dans les années 1790.

Reçu pour la chapelle Sainte-Rosalie

Inventaire de 1805

Une série de documents conservés aux archives diocésaines de Nice nous apprend également qu’en 1789 la chapelle possédait, entre autres, une « couronne d’argent à l’image de Sainte Rosalie », une « petite croix d’argent à Sainte Rosalie », un « calice d’argent et sa patène », un « tableau des Indulgences » ou encore un « tabernacle en bois peint ». En 1805, elle était décorée par plusieurs tableaux dont un tableau de saint Joseph, un tableau de l’Immaculée Conception donné par le Sieur Passerone, un tableau de sainte Rosalie, un tableau de saint Charles et un autre de saint François d’Assise, ainsi que par deux « ovales », un à saint Louis et un autre à sainte Véronique[10]. On y trouvait également une représentation de saint François de Sales et un ovale de sainte Jeanne de Chantal, les deux fondateurs de l’ordre de la Visitation de Sainte-Marie. Enfin, une statue de la Vierge à l’Enfant ornée de pierreries et de perles décorait l’autel central.

La chapelle Sainte-Rosalie, parcelle 773

Le plan cadastral de 1871 indique qu’il s’agissait d’un petit édifice rectangulaire orienté ouest-est, d’environ 8 mètres de long pour 5 mètres de large. La chapelle est alors la propriété d’Albert Camous, « substitut du procureur du roi ». Il ne reste aujourd’hui de la chapelle que le nom de la corniche Sainte-Rosalie.

Aude Lazaro



[1] http://www.nicerendezvous.com/corniche-sainte-rosalie.html

[2] AD 06, Document 01B 0215 du 16/02/1776 au 17/12/1779

[3] Document 01B 0217 du 23/01/1784 au 30/11/1787

[4] Document 02G 0007-BIS du 01/01/1631 au 31/12/1782

[5] Ibidem (02G 0007-BIS)

[6] Document 02G 0005 du 01/01/1742 au 31/12/1864

[7] Document 02G 0068 du 01/01/1482 au XVIIIe siècle

[8] Document 02G 0004 du 01/01/1605 au 31/12/1862

[9] Archives Diocésaines de Nice, 1C29

[10] Ibidem

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13 août 2018

Chapelle Saint-Eloi de l'Arbre Inférieur

Nul ne sait quand fut fondée la chapelle de Saint-Eloi, aujourd’hui disparue, au quartier de l’Arbre Inférieur.

Ce n’est en effet qu’au début du XIXème siècle que cette chapelle semble refaire surface dans les archives, quand, en 1809, des marguilliers demandent les chapelles de Saint-Lambert et Saint-Eloi pour leur paroisse. Cette chapelle, « sise au quartier de l’Aubre », semble cependant en mauvais état au début de ce siècle, car en 1863, Antoine Tonino achète une propriété à l’Arbre Inférieur « où existe une chapelle dédiée à St-Eloi mais depuis longtemps laissée à l’abandon ». Il va cependant la faire restaurer et demander la « permission afin qu’elle puisse à l’avenir être officiée ». Malheureusement, l'édifice est détruit dans la seconde moitié du XXème siècle pour la création de bureaux et d'entrepôts, et notamment la construction d'un dépôt de bus, lui-même détruit en 2012 pour la construction d'un programme immobilier. Il ne reste donc plus rien de la chapelle Saint-Eloi.

chapelle St Eloi Nice

Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, cette chapelle n’était pas située au niveau de l’impasse de Saint-Eloi toute proche, mais en bas de l’ancien chemin de Saint-Yriel, qui descendait jusqu’alors au Paillon. Elle figure dans le cadastre napoléonien à la parcelle 954, propriété de Tonino Antoine, boulanger à l’Arbre Inférieur.

Cependant, si cette chapelle est désignée comme chapelle de « St. Eloi » sur une carte de 1883, elle apparait aussi sous le nom de « St. Erei ». Or, il s’agit d’une contraction de Yrieix (dont le nom romain était Aredius), la véritable orthographe de Saint-Yriel. Ces deux toponymes, Saint-Eloi et Saint-Yriel, concernaient-ils deux chapelles différentes ou un seul édifice ? La chapelle Saint-Eloi n’est en effet mentionnée sous ce patronyme qu’au XIXème siècle. Le seul plan qui indique cet édifice sous le patronyme d’Yrieix date vraisemblablement du XVIIIème siècle. De plus, il se situe au commencement du chemin dit de Saint-Yriel, qui existe encore en partie aujourd’hui. Faut-il y voir un changement de titulature à la fin du XVIIIème siècle ? Y avait-il une autre chapelle au niveau de l’impasse de Saint-Eloi, impasse moderne située à quelques mètres du chemin de Saint-Yriel ? Cela semble peu probable.

Cartes figurant la chapelle Saint-Eloi

Je rajouterai que dans l’hagiographie, saint Yrieix et saint Eloi sont « liés », dans la mesure où saint Eloi nait au moment même où meurt saint Yrieix et où il est donc considéré comme son successeur. D’ailleurs, Yrieix est à l’origine de la première fondation monastique du limousin, le monastère d’Attanum, et Eloi, qui lui succède, est à l’origine du deuxième monastère du limousin, celui de Solignac. Krusch a d’ailleurs démontré que la vita d’Yrieix (attribuée à tort à Grégoire de Tours) était inspirée de celle de saint Eloi.

Saint Eloi a-t-il succédé à saint Yrieix en tant que saint patron pour la chapelle de l’Arbre Inférieur ? On ne peut l’affirmer. Mais sur le plan symbolique, le parallèle avec la succession de saint Eloi en tant que fondateur de monastère, à la suite de saint Yrieix, est saisissant. Rappelons d’ailleurs que le chemin Saint-Yriel permettait de se rendre des bords du Paillon au … monastère de Cimiez !

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04 juillet 2018

Chapelle Sainte-Anne de l'avenue Isabelle

 

Façade de la chapelle

Cet édifice, que la tradition orale attribue à sainte Anne, se trouve au bout de l’impasse Isabelle, du nom d’un des anciens propriétaires de ce secteur, Isabelle Colombo qui résidait avenue Félix Faure mais possédait à Cimiez une maison de campagne. Une confusion avec la proche chapelle Sainte-Anne n’est cependant pas à exclure.

IMGP1478Cette chapelle orientée ouest-est est composée d’une nef courte et d’une petite abside à trois pans coupés. Elle mesure environ 4,50 mètres de long pour 3,5 mètres de large. La façade de l’édifice est percée d’un oculus ovale et de deux fenêtres dont les encadrements sont en briques. Elle présente sur la gauche ce qui pourrait s’apparenter à un contrefort mais qui est en réalité le moignon d’un des murs de la maison qui était autrefois accolée à la chapelle. Il est possible que le retour présent au nord-ouest de l’abside soit également un élément de cette maison disparue. L’appareil est principalement constitué de moellons grossièrement assemblés et un lit de briques vient soutenir la toiture.

IMGP1493

Dans les états de section de 1873, la chapelle est indiquée comme « en mauvais état et servant à des usages ruraux », ce qui pourrait s’expliquer par l’orientation religieuse des propriétaires, les Colombo. Cette famille de négociants installée à Nice depuis au moins le XVIIIème siècle était en effet de confession juive. Le fonds Colombo (1 S 1-118, Ville de Nice et Métropole Nice Côte d’Azur - Service des archives) nous apprend notamment qu’Abraham Colombo (1803-1870) était président de la communauté israélite de Nice et qu’il possédait à Cimiez une maison de campagne qu’il louait parfois au dey d'Alger, Hussein Bey. Rien d’étonnant, donc, à ce que cette chapelle ait été utilisée pour des « usages ruraux » par son propriétaire, Joseph Colombo, en 1873. Ce n’est d’ailleurs pas la famille Colombo qui est à l’origine de la villa et de sa chapelle attenante, puisque pas moins de trois cartes conservées aux archives de Turin, dont une de 1762-1763, mentionnent le nom de « Cauvin » à côté de ce bâtiment, qui existait donc avant que les Colombo ne rachetent le domaine.

Traces du parcellaire de 1871 dans le cadastre actuel

Actuellement, un permis de construire a été accordé pour un projet d’immeuble à côté de la chapelle, mais l’entrepreneur s’est engagé à ne pas détruire le petit édifice. Par ailleurs, un article du Nice-Matin du 3 juillet 2018 dans le cadre d’un contentieux entre les riverains et le promoteur immobilier fait état de « souterrains mystérieux », mais il s’agit sans doute des anciennes caves de la villa qui était autrefois accolée à la chapelle.

Cartes (ASTo) et restitution sur vue aérienne (IGN)

 

Aude Lazaro

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09 janvier 2018

La survivance du parcellaire médiéval de Biot

D’abord occupé par des tribus celto-ligures[1] battues à Aegitna[2] par les légions romaines venues au secours des grecs, le village est par la suite occupé par les Romains qui s’établissent sur le site actuel de Biot[3]. La période qui suit la chute de l’empire romain est trouble et n’a pratiquement pas laissé de traces. Ce n’est qu’à partir du Xème siècle que des cartulaires signalent des noms de lieux biotois tels que Clausonne, Bisoto ou Buzoto[4].

Se développent alors le christianisme et la féodalité. Les terres appartiennent à des seigneurs sous l’autorité du comte de Provence. C’est d’ailleurs ce dernier qui, en 1209, fait donation à l’ordre du Temple d'une partie des terres et droits qu’il possède à Biot. Ainsi, les Templiers fondent ce qui deviendra une des commanderies les plus importantes de la région, accumulant par achats, legs et dons des terres et constituant le territoire qui correspond à la surface actuelle de Biot. Arrêtés en 1308, leurs biens sont attribués aux Hospitaliers Saint-Jean de Jérusalem par le Pape. En 1530 ils deviennent chevaliers de Malte et, avec l’évêque d’Antibes, ils administreront le territoire de Biot jusqu’à la Révolution.

Par ailleurs, en 1348 et 1352, la peste noire décime la population et des compagnies de mercenaires ravagent la région. La guerre de succession de Jeanne d’Anjou aggrave la situation. Biot est finalement abandonnée et ses habitants se réfugient dans la tour de la Garde, près de Villeneuve-Loubet. Pendant près de 80 ans, le village est un repère de brigands et corsaires[5]. En 1470, afin de mettre fin à cette situation, le roi René, Comte de Provence, décide de repeupler Biot et fait installer une cinquantaine de familles originaires d'Oneille (Imperia), leur offrant terres et avantages. C’est avec ce repeuplement que la fabrication de la jarre connait une expansion croissante. Exporté dans toute la Méditerranée, cet artisanat régit l’économie du village et fait vivre la population biotoise. Au XVIIème siècle, la vie connait une importante expansion démographique. Ainsi, en 1696, on y recensait 1600 âmes (sans compter les enfants de moins de 10 ans).

Malgré une économie florissante, les razzias et incursions barbaresques se multiplient. Vandalisé et brulé au cours des guerres de succession d’Espagne et d’Autriche, le village ne compte plus que 700 habitants au XVIIIème siècle et les habitants de Biot doivent se réfugier à Antibes en 1747. Pourtant, malgré ces conditions difficiles, la poterie connait un essor important avec le commerce de jarres et bugadiers vers tout le bassin méditerranéen, les Indes et les colonies des Antilles. Cette activité décroit au XIXème siècle avec la concurrence des futs, citernes et silos. Les potiers se diversifient alors, s’orientant vers un artisanat plus décoratif. Petit à petit, le verre à bulle s’impose comme l’une des spécialités du village qui tire sa renommée de cet artisanat. Aujourd’hui, le village vit toujours du verre et de la poterie, auxquels se sont ajoutés les revenus liés au tourisme.

Malgré les destructions et remaniements auxquels a été soumis Biot, le village a su conserver son aspect médiéval et son parcellaire témoigne encore de cette époque troublée.

Les documents de travail utilisés sont le plan cadastral de Biot de 1813, feuille A, disponible en ligne sur le site des Archives départementales des Alpes-Maritimes et les registres et actes conservés aux archives municipales et départementales.

             1. Le Castrum primitif du XIIème siècle

Le site de Biot répond à un besoin de protection. Il surplombe donc la plaine de la Brague, ce qui lui permet de dominer le territoire jusqu’à la mer. Le promontoire est bordé par deux cours d’eau : la Brague, à l’ouest, et le Vallon des Combes à l’est (Fig. 1). Densément plantés de feuillus et de pins, les environs présentent un couvert forestier indispensable à l’implantation d’une population sur un territoire. C’est donc à cet emplacement stratégique, situé en face de la mer et d’Antibes que Biot se développa, d’abord sur l’extrémité sud-est de la crête puis sur son prolongement nord-ouest.

Fig. 1 : carte topographique de Biot et de la plaine de la Brague 

Fig. 2 : Place des Arcades

La première forme qui se dégage du parcellaire de Biot est celle du castrum primitif. La forme, moins régulière que celle du reste du village, suit une orientation est-ouest selon la crête du promontoire barré sur lequel s’est établie la population.  L’actuelle place des arcades aurait été le siège des Templiers et certaines arcades dateraient du XIIIème et XIVème siècle (Fig.2).

De l’état primitif, l’église est l’élément qui a conservé la forme la plus reconnaissable et dont la trace est toujours clairement identifiable dans le cadastre. Actuellement orientée selon le reste du Castrum du XIIème siècle, c’est-à-dire est-ouest, elle était à l’époque orientée sud-nord (Fig. 3), ce qui justifie cette forme particulière et cette entrée en vestibule. Les évêques d’Antibes en font mention dès 1155 et elle est signalée dans un document du 9 avril 1211 sous le vocable de Sainte-Marie. Cependant, de l’église romane, seul l’emplacement peut encore être deviné, l’église du XIIème siècle ayant été détruite en 1387, restée en ruine jusqu’en 1470 et reconstruite selon un plan différent au XVème siècle.

Fig. 3 : état de Biot au XIIe siècle

Cette reconstruction serait intervenue après la destruction de l’église primitive lors des périodes de guerre et de brigandage traversées par la population biotoise. Un procès-verbal fait en 1411 par les commissaires de l’ordre des Hospitaliers mentionne les destructions dont a été victime le village et précise que l’hôpital possédait une importante maison, avec une chapelle et un oratoire, et que cette maison et ses dépendances avaient été complètement détruites il y 24 ans à cause des guerres, soit en 1387[6]. On sait par ailleurs que la population, faute d’église pour célébrer les offices se déplacera vers la Garde et son castrum. C’est ainsi que le prieur de Biot apparait pour la première fois à la Garde en 1375, sous le nom de « Prior de Bisoto de Garda[7] ».

Le parcellaire des habitations semble s’être organisé autour du noyau créé par l’église. La place de l’Eglise, autrefois appelée petite place est le cœur du castrum médiéval et s’expliquerait par la présence d’un cimetière accolé à l’église primitive (Fig. 3), avant que celui-ci, pour des raisons d’hygiène, ne soit déplacé. La morphologie du parcellaire est irrégulière mais il s’en dégage une orientation est-ouest. Les îlots d’habitation du XIIème siècle n’ont pas de médiane et présentent principalement 3 types de lotissements qui semblent néanmoins se baser sur une mesure de base située entre 8 et 9 mètres de long et 4 et 5 mètres de large. Les autres types de lotissement, en particulier les lots de 16/17 mètres de long sur 5 mètres de large, sont des multiples de cette mesure de base. Les bandes les plus régulières sont celles à l’ouest du castrum, attribuées à la commanderie des Templiers. La bande la plus longue mesure 47 mètres contre 35 mètres pour celle qui lui fait face (Fig. 4). Malgré le fait que certains arcs qui constituent les habitations de ces deux bandes soient datés du XIIIème siècle, il est probable que cet ensemble ait été remanié au XVème siècle, la bande la plus courte suivant parfaitement la ligne nord-sud du parcellaire du XVème siècle. Des réemplois d’éléments lapidaires pouvant fausser l’interprétation sur l’emplacement de la Commanderie ne sont également pas à exclure.

Fig. 4 : Unités modulaires du parcellaire du castrum au XIIe siècle

           2. Le renouveau du XVème siècle

Après une période de troubles et de destructions, le roi René décide en 1470 de repeupler Biot. Il y installe une cinquantaine de familles qui reconstruiront le village et de nouveaux remparts. L’installation de ces nouvelles familles sur le territoire de Biot a conduit à la création d’un nouveau schéma d’arpentage, essentiellement réalisé aux XVème et XVIème siècles.

Fig. 5 : points d'inflexion et d'intersection du parcellaire de Biot

Ainsi, le 24 février 1470, l’évêque de Grasse, coseigneur de Biot autorise les « habitants de Gênes, au nombre de 48, à passer tous actes et transactions nécessaires à cet établissement[8] ». Cette « émigration ligure[9] » se retrouve dans une charte dont l’original n’a pas été retrouvé mais dont le détail nous est parvenu grâce à une copie défectueuse des archives communales de Biot, corrigée par M. R. Busquet d’après une transcription du 18 janvier 1488. Il y est écrit que « les étrangers du Val d’Oneille, peuvent être reçus, à défaut d’éléments provençaux, aussi bien dans l’intérêt du pays où ils veulent se fixer que dans celui des pays voisins et de la Provence ; dans l’intérêt de Biot, village détruit et abandonné où des bandits dissimulés dans des cavernes commettent les pires méfaits, - dans l’intérêt des pays voisins, la zone maritime de la région étant terrorisée par les pirates des nations ennemies... ». Dans cette charte, le roi René autorise les nouveaux habitants du Castrum et leurs successeurs à reconstruire le village, à édifier des fours et moulins, à tenir les terres libres en pleine propriété, à conserver le fruit de leur travail et les affranchit même pendant 20 ans de charges fiscales[10].

Les nouveaux habitants de Biot vont donc entreprendre de reconstruire le village selon un plan défini et remarquablement régulier. Les îlots suivent la crête orientée est-ouest et l’observation du cadastre permet de dégager une régularité dans la morphologie et la métrique du parcellaire. Les trois principales demies-bandes de lotissement allongées structurent l’espace entre le castrum primitif et les remparts du XVIème siècle. On distingue sept demies-bandes orientées est-ouest et ce qui semble être une bande orientée nord-sud, le long du rempart ouest aujourd’hui disparu, divisée par des impasses qui permettent d’accéder aux habitations dans le prolongement des demies-bandes est-ouest. Cette bande, en rupture avec la régularité des bandes est-ouest est probablement venue s’ajouter contre l’emplacement des remparts, dans l’espace laissé pour la défense du village. C’est ce même type d’espace contre les remparts sud qui se devine sur le parcellaire du plan cadastral de 1813, l’espace alors vide aujourd’hui occupé par des maisons construites après la réalisation de la carte napoléonienne.  Les points d’inflexion permettent de confirmer une rupture au niveau de la bande nord-sud qui ne faisait sans doute pas partie du schéma d’arpentage d’origine (Fig. 5).

Fig. 6 : Unités modulaires du parcellaire au XVe siècleLes demies-bandes orientées est-ouest mesurent en moyenne entre 9 et 10 mètres de large (7 mètres sur la partie la plus resserrée), à l’exception des trois bandes au sud du castrum primitif qui mesurent environ 17 mètres de large, soit le double des autres bandes. Il faut néanmoins noter que leurs médianes correspondent aux demies-bandes de 9 à 10 mètres, pour la plupart sans médianes. Il faut donc en déduire que la largeur des habitations était sensiblement la même, soit entre 9 et 10 mètres de large sur les demies-bandes orientées est-ouest. Pour ce qui est de la longueur, les bandes présentent moins de régularité. La rue Lei Croûtons est la seule à couper de façon parfaitement droite les bandes orientées est-ouest. Les deux premières demies-bandes au sud sont coupées en trois parties de dimensions inégales mais à peu près régulières. La troisième demie-bande est quant à elle constituée d’une longue partie de 90 mètres de long sans interruption, puis d’un prolongement de 37 mètres. Elle est doublée en son milieu par le prolongement la quatrième bande qui s’y est accolée. La quatrième bande est quant à elle venue s’adapter au castrum primitif et sa médiane rejoint la limite des premières fortifications. Toutes ces bandes et demies-bandes sont parallèles et suivent la même orientation le long de la crête du promontoire (Fig. 6).

L’église primitive située dans le castrum de Biot est également reconstruite à cette époque. L’architecte de la nouvelle église nous est connu grâce à une inscription encastrée au-dessus de la porte latérale : IHS OCMD VI TADEUS NIGER COMPOSUIT (Fig. 7). On sait de plus que Thadée Nègre et son père étaient spécialisés dans la réalisation d’édifices religieux et il est possible qu’ils soient à l’origine d’autres monuments religieux de Biot et des environs.  

Fig. 7 : fronton de la porte latérale Fig. 8 : dédicace de Mgr Isnard de Grasse

Fig. 9 : place de l'Eglise et entrée ouest

Une inscription scellée à droite du chœur permet de dater cette reconstruction de la fin du XVème siècle et permet de savoir qu’elle fut consacrée le 19 janvier 1472 par Mgr Isnard de Grasse[11]. Cette inscription est confirmée par un inventaire dressé à Biot, en 1659, par Louis Constans, notaire et greffier de la communauté : « une bénédiction et consécration par l’évêque de Grasse, abbé commanditaire de Lérins, d’une place ou rotonde de laquelle le conseil avait délibéré de construire une église, un cimetière et un cloître ; en l’année 1472. Notaire : Bartélémi de Laudes ». La nouvelle église est donc construite selon un plan orienté est-ouest, et une porte est percée sur la place de l’église, devant le cimetière du XIIème siècle (Fig. 9). C’est aujourd’hui encore l’orientation et l’implantation de l’église actuelle (Fig. 10).

Fig. 10 : église Sainte-Marie Madeleine 

Fig. 11 : entrée ouest

La différence de niveau entre le sol de l’église primitive et l’entrée de la nouvelle église sur la place est à l’origine des douze marches qui permettent de descendre dans l’église et qui ne sont pas parfaitement alignées avec le plan du bâtiment (Fig. 11 et 12).

Fig. 12 : plan de l'église Sainte-Marie Madeleine et de ses chapelles

La note de Louis Constans permet en outre de supposer que le cimetière se trouvait encore au cœur du village à la fin du XVème siècle. Il devait pourtant sans doute exister un cimetière extérieur dès la moitié du XVIème siècle, car Mgr de Boussicaud donna l’absoute des morts en 1604 dans un cimetière « entièrement abandonné et profané par les bêtes »[12]. Ce désintérêt du cimetière extérieur s’explique par la volonté des habitants d’être inhumés dans l’église Sainte-Marie-Madeleine. Si certains purent se faire élever de magnifiques tombeaux qui sont les actuelles chapelles de l’église, la plupart des habitants furent inhumés dans la tombe commune des confréries, ensevelis sous les dalles, à faible profondeur. Cependant, ces inhumations laissaient tant à désirer du point de vue de l’hygiène que Mgr Godeau, au XVIIème siècle, fut obligé de les règlementer et obligea la population biotoise à nettoyer ses tombes communes dans un délai d’un mois.

Fig. 13 : cimetière actuel

 En 1643, il interdit finalement les inhumations dans l’église, sans grand succès, car Mgr de Roquemartine constate en 1679 que les dalles de l’église sont disjointes et qu’elles continuent de recouvrir des corps dégageant dans l’église une odeur épouvantable. Finalement, il fut décidé que les paroissiens seraient enterrés dans le cimetière et que ceux qui voudraient être enterrés dans l’église devraient s’acquitter de la somme de 20 sous[13]. On sait néanmoins qu’il existe dès 1795 une personne chargée d’ensevelir les morts[14] et il est possible que le cimetière ait déjà été déplacé hors des remparts du village (Fig. 13).

Quant au cloître, il semblerait que Biot ait accueilli une communauté monastique en la présence d’un prieuré. Plusieurs registres et actes font mentions de ce prieuré[15], ou encore d’une vicairie[16]. Si on admet l’hypothèse d’un prieuré à Biot, on peut se demander si ce qui est définit comme un cloitre n’est pas le bâtiment situé Place Marcel Camatte, derrière l’église (Fig. 14). Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le terme de « claustra », aujourd’hui parfois abusivement traduit par « cloitre », pouvait simplement désigner une clôture.

Fig. 14 : place Pierre Camatte

Les informations relatives à l’église de Biot permettent d’expliquer les places ou espaces laissés vides sur le cadastre. Il en effet fait mention d’un cimetière situé derrière l’église[17]. Or, si au XIIème siècle, l’entrée de l’église se situait au sud et le cimetière à l’ouest sur l’actuelle place de l’église, au XVIIème siècle, l’entrée se situait à l’ouest, ce qui peut laisser supposer que le cimetière qui se trouvait « derrière l’église » était à l’est de celle-ci, soit sous la place Marcel Camatte, d’où cet espace dans le cadastre.

Afin de se protéger, les habitants durent également élever des enceintes défensives autour du nouveau village.  Les remparts de Biot, du fait de leur forme irrégulière, n’ont pas laissé de trace dans le cadastre du village, si ce n’est par les tours dont on voit encore les formes et qui sont toujours en élévation, bien que parfois partiellement ruinées. Leur empreinte est pourtant identifiable, car s’ils n’apparaissent pas sur le cadastre, la plupart des murs défensifs est encore en élévation.  Ils ceinturent la deuxième vague d’habitations du XVème siècle établie autour du castrum primitif (Fig. 15).

 

Fig. 15 : restitution des remparts de Biot

 

porte des tines avant après 1Fig. 17 : porte des TinesJusqu’au siècle dernier, trois portes donnaient accès au village : la Porte Basse, dite porte des Tines (Fig. 16 et 17), construite en 1565, la Porte du Mitan, dite porte des Migrainiers (Fig. 18), construite en 1566 et la Porte du Haut-Village, dite porte du plus haut ou porte de Saint-Antoine (disparue aujourd’hui, elle était située au début de la rue du Portugon et du passage de la Bourgade).

Fig. 18 : porte du Migrainier

Dans une lettre écrite au roi le 3 juin 1592[18],  le duc d’Epernon fait mention des remparts et on sait également que les armées se brisèrent devant les fortifications de Biot et ne parvinrent à s’emparer que de la Bourgade (la Bourgade désignait le faubourg construit hors de l’enceinte des murailles). A ce jour, six tours sont encore en élévation (Fig.19).

Fig. 19 : tours défensives des remparts de Biot

Il faut cependant se demander si ces fortifications ne se sont pas élevées en deux étapes, une première qui longerait la rue Sous-Barri, redescendrait vers la rue des Tines, longerait la rue Sous-Balcon et remonterait par la rue du Portugon, et une seconde, rajoutée peu de temps après qui engloberait une bourgade au sud-est de la commune et qui suivrait le Chemin de Ronde. Le cadastre permet en effet de constater une séparation entre ces deux parties, marquée par un passage plus large que les rues Basses et du Mitan et par une rupture dans la régularité du parcellaire. Si cette deuxième étape dans la construction des remparts s’avérait exacte, on ne pourrait cependant pas la dater d’après 1592, les armées n’étant parvenues qu’à prendre la bourgade située à l’entrée de la Porte de Saint-Antoine et la porte des Tines datant elle-même de 1566. Il faut donc en déduire que si deuxième étape dans la construction il y a eu, elle a été réalisée moins de cinquante ans après les premiers travaux. On peut également envisager que les Biotois aient prévu de construire les remparts au niveau de la rue des Tines, et aient donc délimités leur schéma d’arpentage selon ce premier projet, puis qu’en cours de construction, ils aient réalisé qu’il leur faudrait agrandir le projet initial et étendre l’emprise des remparts à l’extrémité est de la crête. De plus, il ne faut pas oublier que le village est alors en croissance démographique et a de ce fait besoin de nouvelles habitations (Fig. 20).

Fig. 20 : évolution démographique du village de Biot

Par ailleurs, il n’est nulle part fait mention d’un nouveau chantier destiné à l’agrandissement des remparts. De plus, si les habitants avaient décidé de détruire la partie située sur la rue des Tines pour agrandir les fortifications vers l’est, pourquoi ne l’auraient-ils pas fait avec la bourgade située au nord-ouest ? Ce fait peut nous permettre de supposer que les travaux des remparts avaient probablement été commencés au niveau de la Porte Saint-Antoine, puis que le chantier se serait poursuivi vers la porte des Migrainiers, datée de 1565, avant de se poursuivre vers celle des Tines datée de 1656. Et c’est à ce moment que le projet aurait été modifié pour englober la bourgade du sud-est, entrainant ces changements dans le parcellaire. Faute de preuves avérées pour étayer ces hypothèses, la question reste cependant entière.

Le parcellaire médiéval subit peu de modifications dans les siècles qui suivent et le village garde son aspect des XVème et XVIème siècles, même si de nouvelles maisons se sont élevées pour répondre à la croissance démographique de Biot. Le parcellaire actuel encaisse cependant un trou au niveau de la troisième bande, une place appelée « Place de la Catastrophe » (Fig. 21). Cette place ne se voit pas sur le cadastre napoléonien de 1813 car elle fut créée suite à l’effondrement de trois maisons le 12 juin 1898, entre la rue de la Poissonnerie (actuelle rue Vieille Boucherie) et la rue du Milieu (actuelle rue du Mitan), alors que trois familles étaient réunies dans la maison centrale pour la Fête-Dieu. C’est cette maison, sans doute sous le poids exercé par la trentaine de personnes réunies, qui s’effondra, entrainant avec elle les deux maisons qui lui étaient accolées de part et d’autre et n’épargnant que deux rescapés dont un enfant d’un an protégé par son berceau.

Fig. 21 : Biot au XIXe siècle

C’est également au XIXème siècle que sont détruites les Chapelles Saint-Grégoire, Saint-Sébastien et Saint-Philippe, situées hors du village et déjà partiellement ruinées. La chapelle des Pénitents Blancs située au niveau de la Porte Saint-Antoine fut en partie détruite dans la seconde moitié du XXème siècle, mais son clocher triangulaire fut conservé. Ce qu’il reste du bâtiment est aujourd’hui le musée de céramique Biotoise et la place laissée par la chapelle pour le stationnement des bus au XXème siècle a été renommée place de la Chapelle.

Enfin, si l’héritage médiéval de Biot est indéniable tant il a laissé des traces dans le parcellaire actuel, et si les sources écrites permettent de connaitre avec certitudes certains moments clés de l’histoire du village, l’absence de fouilles archéologiques sur l’ensemble du site rend incomplète la connaissance de Biot et ne permet que d’avancer des suppositions quant aux datations et constructions relatives à l’évolution du village. Il faut donc espérer que cet état de fait évolue et nous permette de mieux appréhender la réalité historique de Biot.


Aude Lazaro

 

Bibliographie

 

Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Première Partie, Histoire et géographie humaine, 1935

Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Deuxième Partie, Les temps modernes (de 1470 à la Révolution), 1936

Durbec, Joseph-Antoine, Biot : notice historique, Editions Macabet impr.. Vaison-la-Romaine

Papon, Histoire générale de la Provence, T.1, 1776

Prou et Clouzot, Pouillés des Provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, 1923

Tisserand, La Renaissance dans les Alpes-Maritimes, 1878

Walkenaër, Géographie ancienne des Gaules, 1839



[1] « Nicaea tangit Alpes, tangit oppidum Deceatum, tangit Antipolis », Pomponius Mela, De situ orbis, L. II, Cap. V

[2] Aegitna serait le nom du port antique découvert à Vaugrenier : « Aegitna urbem in agro Oxybiorum naves appulererunt », Polybe, Polybii Historiarium reliqua, L. III, Cap. IV

Walkenaër situe cependant Egitna à la Napoule (Aegitnapolis) ou à Agay dans sa Géographie ancienne des Gaules, t. I, p.182. Papon le situe au-dessus de Mougins, se basant sur le nom de Monginum qu’il assimile à Mont Aegitna dans son Histoire générale de la Provence, p. 177-178. C’est une hypothèse cependant réfutable car Mougins n’est ni un port ni située près d’un port. Cluverius, Sardou, Desjardins et Wissowa le situent en revanche à Cannes. La rivière Apron mentionnée par Polybe à proximité d’Aegitna est quant à elle interprétée comme étant le Loup. Il faut cependant noter qu’il existe près de Biot deux cours d’eau situés au lieu-dit les Aspres, ce qui pourrait confirmer l’hypothèse de ceux qui placent le port d’Aegitna à Vaugrenier.

[3] Plusieurs inscriptions romaines ont été trouvées en remploi dans le vieux village, dont un fut en calcaire découvert en 1931 dans la cave de l’ancien château de Biot et portant la mention suivante «  L. AMAENIUS FRONTO ET VILBIA MARCELLA UXOR ET M. AMAENIUS MATURUS M. AMAENIUS OPTATIANUS FILII SIGNUM ARBUGIONIS POSTERUNT. HOC AMPLIUS PAGUS… » Il est possible que le nom d’Arbugio mentionné ici fasse partie des nombreux noms portés par Biot au fil des siècles, tels que Buzot, Bisot, Bisotho, Bisoto, Buzotho, et Bisotto.

[4] Une des premières mentions du nom de Buzoto apparaît dans un cartulaire de 1173 : « Totum quod est a fonte Rusticina usque ad Bragam et usque ad passum de Labagoreda, et Garinos qui morantur in Buzoto cum omnibus que tenent, et pratum cum molandino de Ricsens et omne quod Martinus de Buzot tenet in portu pro Bertrando Agulfi », Gallia Christiana, III, F. 601, v

[5] Gauthier- Ziegler, « Ita quod locus ipse non castrum de Bisoto, sed verius vocabatur spelunca latronum. »

[6] Procès-verbal, par les commissaires de l’ordre des Hospitaliers, 1411 : « Habebat hospitale bonam et notabilem domum cum capella et oratio que propter guerras et habitantes in castro de La Garda, jam sunt XXIIII anni, fuit tonditus destructura. »

[7] Prou et Clouzot, Pouillés des Provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, p.273-276

[8] Cet extrait figure dans une note d’inventaire des archives de Biot aujourd’hui détruites.

[9] Tisserand, La Renaissance dans les Alpes-Maritimes, 1878

[10] Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Première Partie, Histoire et géographie humaine, 1935, p.113

[11] ISNARDUS DE GRASSA EPISCOPUS GRASSENSIS CONSECRAVIT 19 IAN. 1472

[12] Durbec, Joseph-Antoine, Monographie de Biot. Première Partie, Histoire et géographie humaine, 1935

[13] Mgr de Verjus, 1687 : « La quantité de corps qu’on ensevelit dans les caves et sépultures, le peu de soins qu’on a de nettoyer celles-ci de temps en temps, et de fermer et de sceller lesdites caves, cela cause une orible et dangereuse infetion dans l’église, dans laquelle on ne peut faire ces prières et le service divin sans une très grande incommodité […] qu’à l’avenir aucun paroissien ne pourra être enterré que dans le cimetière qui est derrière l’église. Ordonnons néanmoins que ceux qui voudront être enterrés dans les caves et sépultures des confréries qui sont dans l’église paieront 20 sous à la confrérie à qui la cave appartient. »

[14] Administration municipale des cantons de Grasse, Document L 1163 du 23/09/1795 du An IV au 22/09/1800 au An VIII, Folio 142 : « Gages de l'ensevelisseur des morts de Biot (5 floréal). »

[15] Document G 0030 du 01/01/1554 au 31/12/1571 « Collation du prieuré de Biot, pour Joseph Grenon (1562). »

Document G 1099 du 01/01/1635 au 31/12/1636 « Mise en possession du prieuré de Biot, en faveur d'Antoine Isnard (1635). »

Document G 0045 du 01/01/1704 au 31/12/1710 « Mise en possession du prieuré de Biot, pour Jean Mérigon (1707). »

[16] Document G 0048 du 01/01/1716 au 31/12/1720 « Mise en possession de la vicairie de Biot, pour Honoré Pugnaire (1719). »

[17] Ibid

[18] « Sire, c’est une place très importante pour la communication d’Italie […] on attaquera ung lieu nommé Byot qu’il a fortifié et sy près de luy que la fumée du canon pourra aller jusqu’aux fenestres de son chemin de Nice. »

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05 décembre 2017

Chapelle Saint-Charles

      La chapelle Saint-Charles est située à l’intersection du boulevard de l’Observatoire, du boulevard Bischoffsheim et de l’avenue Professeur Henri Chrétien. Un escalier venant du cimetière de Saint-Roch débouche également sur ce croisement. Elle est bâtie sur un à-pic qui surplombe le quartier de Saint-Roch. Du fait de la déclivité, le vallon qui s’ouvre sous le rocher de la chapelle a conservé un couvert forestier dense et n’a pas pour l’instant pas été urbanisé. C'est une petite chapelle avec abside. Sa façade se compose d'une porte rectangulaire surmontée d'un oculus. Au niveau supérieur, un fronton triangulaire est surmonté d'une croix et d'un clocheton sur la gauche du mur de façade. Une grille enserre désormais le parvis de la chapelle suite à des actes de vandalisme en 2012.

chapelle St Charles Nice

      Elle date vraisemblablement de 1864 puisque c’est la date qui apparait sur le drapeau accroché sur la croix qui surmonte le clocheton du mur clocher de l’église.

Saint-Charles clocheton

Saint Charles 1882

      La chapelle Saint-Charles est figurée sur une carte pour la première fois en 1882[1], où elle porte le nom de chapelle Saint-Charles. Elle sera par la suite régulièrement figurée, sans que son nom ne soit indiqué, comme sur les cartes de 1891[2] ou 1938.

tunnel de saint charles 1866 1869 recade

      Des photographies de 1866-1869, prises lors des travaux de constructions du réservoir des eaux de Peillon et des tunnels, dont celui dit de Saint-Charles[3] sont vraisemblablement les premiers documents iconographiques pour cette chapelle. Elle y apparait avec son apparence actuelle, au moins pour l’abside et les ouvertures pratiquées dans les murs latéraux.

      Si la façade actuelle est percée d’une entrée rectangulaire, ce n’était pas son aspect à la fin du XIXème siècle. Une photographie datée d’entre 1880 et 1902 montre une façade percée d’une entrée ogivale, accolée de part et d’autre par deux petites fenêtres étroites en baies en lancette. Seul l’oculus semble avoir gardé son aspect original. Cet aspect a au moins perduré jusqu’en 1953, date d’un tableau d’Alain Ducoté représentant Jean Behra au Tour Auto au-dessus de Nice. Si le clocheton diffère de son aspect réel, on reconnait aisément la colline du Château en fond, ainsi que l’entrée ogivale, les baies en lancette et l’oculus au-dessus de la porte. Un autre tableau de 1931 de Maurice Debenedetti représente également la chapelle Saint-Charles avec ses étroites baies latérales et son entrée ogivale. Cette entrée ogivale se devine encore sous l'enduit dont les murs de la chapelle sont recouverts.

Saint Charles 1880 1902 

08 St Charles R recad



[1] 1882, Nice et ses environs / Monnier, sous-lieut[enan]t au 111e, Source :  Bibliothèque nationale de France, GEC-20 (Source Gallica)

[2] 1891, Guide-touriste. Plan de la ville de Nice, avec indication des rues, places, hôtels, banques... / dressé par Ad. de R. Source : Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-1486

[3]  Distribution des eaux dans la ville de Nice : vues photographiques des travaux de captage et d'adduction des sources / Peillon, photogr. Source : Ecole nationale des ponts et chaussées

 

Aude Lazaro

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02 décembre 2017

Chapelle Notre-Dame des Anges

      La chapelle Notre-Dame des Anges de Nice fut fondée en 1696 par Charles Isoardo (également nommé Carlo Ioardo en 1748), huissier du Sénat de Nice.

« En 1696. Charles Isoardo érige une chapelle sous le titre de N-D. des Anges au Col de Villefranche au couchant.

Legs de 142 écus d’or dus par le Comte de Coarraze plus 25 écus dus par le Comte d’Aspremont.

Obligation d’y célébrer la messe aux jours des fêtes de : S. Charles, S. Antoine, les SS. Anges Gardiens, Ste Catherine de Sienne, de Ste Rose de Lima et une à l’année à l’anniversaire de son décès. Le S. Sacrement sera exposé les 3 dimanches de Carême avec célébration et application de la messe.

En 1784, le titulaire est Laurent Ferraris » [1] 

Un acte du 25 janvier 1716 fait état de « la restitution d'une maison demandée par l'huissier Carlo Isoardo, fondateur de la chapelle champêtre érigée sous le titre de la Très-Sainte-Vierge-des-Anges, au procureur Giambattista Pauliano (Pauliani) de Nice qui l'avait achetée des époux Rasini »[2]. Un autre acte du 9 octobre 1717 rappelle cette fondation et fait état du « procès en révision d'une sentence du sénat du 7 septembre 1717 demandé par le procureur Giambattista Pauliano à l'encontre de l'huissier Carlo Isoardo, en sa qualité de fondateur de la chapelle de la Vierge des Anges, érigée sur le col de Villefranche et du prêtre Ottavio Sauvaigo, promoteur de la mense épiscopale de Nice, en vertu de laquelle Pauliano était condamné au paiement de loyers d'une maison »[3].

25 janvier 1716 ND Anges

      Par ailleurs, un acte des archives du Sénat interdit le 28 septembre 1748 « de cultiver le terrain entourant la chapelle de la Très-Sainte-Vierge des Anges, située sur le col de Villefranche, exploité par Maria Ludovica Giacobi veuve du gardien de la dite chapelle »[4].

La chapelle faisait certainement partie d'une vaste propriété privée qui resta au moins jusqu'à la moitié du XIXème siècle la propriété de la famille Isoardo, comme en témoigne l'indication d'une "casa del Signore Ioardi" sur un plan du col de Villefranche de 1827 (AD 06, document 01FI 0042Col de Villefranche, 1827) .

Casa del Signore Ioardi

      Elle est figurée sur le plan de Visconti de 1872 et porte le nom de Notre-Dame des Anges sur un plan de 1882. Un autre plan, d’avant la restauration Sarde, mentionne « Mad. Degli Angeli ». Notre-Dame des Anges, Vierge des Anges Très-Sainte-Vierge des Anges, Madone des Anges et Madonette furent les différents noms de cette chapelle.

Carte ND Anges

      Si on se fie à la représentation qu’en a fait Ercole Trachel sur une huile sur panneau représentant Nice vue du col de Villefranche en 1855, c’était une chapelle à nef unique, avec une façade de style baroque et un clocheton. La chapelle n’étant qu’un détail du tableau, il serait difficile de pouvoir en dire plus.

Ercole Trachel, Nice vue du col de Villefranche

      Elle se trouvait sur la route de Villefranche, alors principal chemin d’accès pour rejoindre le col de Villefranche. Cette route s’appelle aujourd’hui avenue du Mont-Alban. Elle fut détruite vers 1970 par la construction d’un ensemble immobilier nommé "Résidence du Mont-Boron" au 33 de l'avenue du Mont-Alban.

 



[1] Document 014J0001, fond Chapuzot Chapelleries et chapelles - Tableau des chapelleries et bénéfices existant dans le diocèse de Nice avant la Révolution ; liste des chapelles rurales ;liste des chapelleries de Nice ; notes sur différentes chapelleries et chapelles ; historiques des chapelles Saint-François et Sainte-Réparate à la cathédrale, des chapelles de Sospel

[2] Document 01B 0339 du 22/02/1712 au 08/08/1716

[3] Document 01B 0340 du 19/02/1717 au 04/02/1719

[4] Document 01B 0359 du 28/09/1748 au 24/10/1750

 

Aude Lazaro

28 novembre 2017

Chapelle Saint-Aubert ou Saint-Albert

      La chapelle Saint-Aubert de Nice, également nommée Saint-Hubert ou Saint-Albert sur les cartes, est une chapelle privée située au bout d’une impasse au 71 du boulevard de l’Observatoire, juste avant le chemin du Mont des Mignons. Elle n’est cependant pas visible depuis cette impasse et il est nécessaire de faire le tour par le chemin du Mont des Mignons, de prendre la piste des carrières sur la gauche et en laissant les carrières sur sa droite, de récupérer le sentier conduisant à la batterie de Saint-Aubert pour apercevoir la chapelle. Elle se trouve au lieu-dit Saint-Aubert, au-dessus de Roccabilière et surplombe la vallée du Paillon. Elle fait face à l’actuel quartier de Pasteur. Elle se trouve à environ 130 mètres (à vol d’oiseau) de la batterie de Saint-Aubert (1888-1889) et se trouve sur l’ancienne voie qui reliait la Chapelle Saint-Charles à l’avenue Vincent Arnaud, au niveau de la Madone de Bon Voyage. Cette voie n’est aujourd’hui plus praticable du fait du développement de l’urbanisation. Elle existait encore en 1938 mais les tronçons qui n’avaient pas été recouverts par les habitations sont désormais recouverts par la végétation et pour l’essentiel impraticables.

      Elle est mentionnée pour la première fois le 19 août 1744 sur la carte particulière des environs de Nice et de Villefranche depuis Villeneuve-en-Provence jusqu'à Monaco, où l'on voit la marche des armées de France et d'Espagne... et les différentes attaques des retranchements de Mont-Alban et de Villefranche. Elle y apparait sous le vocable de saint Hubert. Elle est par la suite régulièrement indiquée sous ses différents vocables : Saint-Hubert, Saint-Albert et Saint-Aubert.

Cartes St Aubert Nice

      Etant une chapelle privée, la chapelle Saint-Aubert ne figure pas dans les archives religieuses et les traces écrites à son sujet sont très rares. On sait qu'en 1734 le titre de prédicat attaché à Saint Albert fut accordé à la famille de Raynaldi de Saint-Albert. C'est en effet Giovanni Francesco (Jean-François) Raynaldi, qui en 1734, rachette pour 4 000 lires la "giuridizione di Montegrosso territorio d’essa citta da denominassi St. Alberto" (AD 06, 01B 0175). Ce fief de Saint-Albert avait pour limites, à l'est, " la voie publique qui s'étend de Nice à Villefranche sur le site où se trouve la colline" qui correspond à l'actuelle route de Turin, au sud, "la route royale de Nice à Villefranche" (elle correspond plus ou moins au boulevard du Mont-Boron et à l'avenue du Mont-Alban), à l'ouest le "pied du mont appelé Borghea" et au nord la "gorge de la Borghea [...] qui sépare [le mont Borghea] de la place d'Eze". Elle est également citée dans un article du 3 avril 1860 dans Le Messager de Nice : « Les voitures et les cavaliers sont allés à la rencontre des troupes sur la route de Gênes, jusqu’à la hauteur de la chapelle de St-Aubert, où une foule compacte accourue de la ville et des environs se trouvait massée. » 

      Trois dates figurent au-dessus de l’entrée de la chapelle: 1786, 1840 et 2001. La date de 2001 est celle de la dernière restauration du lieu par les actuels propriétaires, qui ont racheté la chapelle à la famille des Uberti (toujours la même confusion entre Hubert et Albert) en 1942. On pourrait supposer que les dates de 1840  et 1786 indiqueraient d'autres restaurations.

Chapelle Saint-Aubert de Nice AL

      C'est une petite chapelle puisque ses dimensions sont d'environ 6m50 de long et 5m50 de large. La façade de la chapelle, de style baroque, est percée d'un oculus ovale et de deux fenêtres de part et d'autre de la porte d'entrée. Surmontée d'une croix, elle vient s'appuyer contre le toit à double pente de l'édifice. Le mur sud de la chapelle se complète d'un clocheton. Cette chapelle semble avoir conservé sa cloche d'origine puisqu'on peut y lire : " ...OBIS S. ALBE...". La chapelle serait alors en réalité dédiée à San Alberto, Saint Albert, qui est d'ailleurs le nom indiqué sur une carte de 1794 (cette confusion se retrouve encore aujourd'hui dans les arrêts de bus du boulevard qui, après Saint-Charles, sont Saint-Albert, Sainte-Anne et Saint-Aubert).

 cloche de la chapelle Saint-Aubert Nice

      C'est néanmoins le vocable de saint Aubert, évêque d'Avranches à l'origine du Mont-Saint-Michel, qui semble s'être imposé, bien que le nom qui figure aujourd'hui au-dessus de l'entrée de la chapelle soit celui de "Saint-Albert". 

 

Aude Lazaro

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