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12 avril 2021

Appel à bénévoles - fouilles archéologique Notre-Dame de Brissan (Occitanie) - 24 mai-12 juin 2021

Appel à bénévoles pour la fouille de l'église rurale Notre-Dame de Brissan, du 24 mai au 12 juin.

Les places sont limitées à 10 étudiants en archéologie ou anthropologie funéraire.

Contact :

Clément VENCO
clement.venco@gmail.com

Annonce complète : Sondages_Programm_s___N

 

Annonce eglise occitanie

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09 avril 2021

2ème Séminaire Jeunes Chercheurs équipe IT&M, CEPAM, Nice, 23-24/04/2021

Le vendredi 23 et samedi 24 avril se tiendra la deuxième édition du Séminaire Jeunes Chercheurs de l'équipe Images, Textes & Monuments du laboratoire CEPAM-UMR 7264 (CNRS-Université Côte d’Azur), organisé par Fabienne Martinez-Honorin, Carla Otto-Bruc et Jacqueline Vujica.

Lien Zoom pour le 23 avril 2021 : https://univ-cotedazur.zoom.us/j/84252134384?pwd=anJvMVRhRzVOZ3BUV25aL01qQzlqUT09

Lien Zoom pour le 24 avril 2021 : https://univ-cotedazur.zoom.us/j/81625146963?pwd=VFNldUUwbnZ1ZytHNmc4Yld2MUEyUT09

Le programme de l'évènement (avec les liens Zoom) : Programme_Seminaire_JC_compress_

bandeau sjc

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14 décembre 2020

Idées cadeaux pour archéologue et archéophiles - édition 2020

Si vous n’avez pas encore terminé vos achats de Noël, voici une petite liste d’idées pour faire plaisir aux archéologues et/ou historiens qui partagent votre vie.

couverture

Un puzzle 3D d’un monument emblématique ! Au choix : le Colisée, la cathédrale Notre-Dame de Paris (avant l’incendie), la tour de Pise ou encore le pont des Soupirs de Venise.

Combien ? Entre 35 et 45€ selon les magasins et les sites de vente en ligne pour les grands modèles, environ 30€ pour les petits modèles comme la tour de Pise.

Où ? En magasin et sur intenet https://www.amazon.fr/Ravensburger-Puzzle-Building-Pi%C3%A8ces-Colis%C3%A9e/dp/B00HPLZUQG

1 puzzle 3D

Des petits badges avec des glyphes ou des peintures rupestres !

Combien ? 10€ + 2€ de frais de port pour la planche de 9 badges

Où ? https://www.etsy.com/fr/listing/732029551/petits-badges-archeologie

 

2 badges

Une figurine de Napoléon Bonaparte ou de Marie-Antoinette

Combien ? 7€80

Où ? https://www.boutiquesdemusees.fr/fr/boutiques/musee-du-louvre/figurine-napoleon-en-costume-de-sacre/16017.html

 

3 Napoleon

Un très beau carnet avec la Vénus de Milo ou la Joconde.

Combien ? 9€90

Où ? https://www.boutiquesdemusees.fr/fr/boutiques/musee-du-louvre/carnet-venus-rose-irise/19655.html

 

4 carnets

Un portefeuille pour archéologue (à défaut d’avoir des sous pour mettre dedans).

Combien ? 22€86

Où ? https://www.etsy.com/fr/listing/565405603/selina-jayne-archeologue-edition-limitee?ref=internal_similar_listing_bot-1

5 portefeuille

De la cuisine médiévale ! Au choix : terrine de cerf à la cervoise, terrine de sanglier à l’hypocras ou encore une bouteille d’hydromel.

Combien ? A partir de 5€

Où ? https://www.la-cour-des-saveurs.com/fr/terrines-gauloises-180-g-2-a-3-personnes/12-terrine-de-cerf-a-la-cervoise-3760066651819.html

 

6 nourriture

Et n'oubliez pas de regarder dans les éditions précédentes pour plus d'idées ! 😉  🎅🎄🎁

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29 juillet 2020

Contrat Thèse en biogéochimie appliquée aux bois carbonisés de la charpente de Notre-Dame

Dans le cadre du groupe de travail « Bois et Charpente » du chantier scientifique de Notre-Dame de Paris, un contrat doctoral de 3 ans est financé par le CNRS  sur un sujet intitulé : « Détermination géochimique de la provenance géographique des bois de Notre-Dame de Paris. Vers de nouveaux indicateurs de la gestion ancienne des forêts »  

Les candidatures sont à envoyer avant le 15 septembre 2020, pour une prise de fonction prévue le 1er novembre 2020.

Le descriptif détaillé (en français et en anglais) de la fiche de poste et les contacts se trouvent en bas en page.

FICHE DE POSTE DOCTORAT

Durée de contrat : 36 mois

Lieu de travail : Paris et Nancy

Le doctorant sera amené à travailler dans les UMR METIS, AASPE et IPGP sur Paris et les UMR LIEC et SILVA sur Nancy.

Quotité de travail : Temps complet

Niveau d’étude : Master II

Prise de fonction : 1er novembre 2020

Date limite de candidature (CV + notes M1/M2 et classement+ mémoire de M2+ lettres de motivation et recommandations): 15 septembre 2020

Entretiens : mi-septembre/mi-octobre 2020

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13 mars 2020

Protéger la ville au Moyen Âge : les ceintures spirituelles des XIVe-XVIe siècles (Alpes-Maritimes)

La ville médiévale, et plus encore  la ville littorale, est soumise à la fin du Moyen Âge à plusieurs crises militaires et sanitaires. Situées dans un espace frontalier stratégique, carrefour commercial entre les ports et la route du sel, les communes de Cannes, Nice, Antibes et Villefranche-sur-Mer ne firent pas exception à la règle.

Comment donc protéger la ville et ses habitants des maladies et des raids, alors même que la région souffre régulièrement d’épidémies dévastatrices et des conflits entre les puissances monarchiques et impériales qui succèdent aux guerres pour la succession de la reine Jeanne ? Si l’on pense spontanément aux remparts et autres systèmes défensifs militaires (remparts et fort Carré d’Antibes, citadelle Saint-Elme de Villefranche-sur-Mer), il est une forme de protection, moins visible dans le paysage mais non moins présente, qui se met pourtant en place autour des villes à cette époque.

Cette protection, avant tout spirituelle, se manifeste par une ceinture de chapelles qui enserre la ville comme le ferraient des remparts. Elle n’est pas nécessairement destinée à protéger les habitants des incursions de soldats, mais elle doit en revanche les garder des épidémies, des maladies, et dans certains cas, du danger inhérent à des professions spécifiques.

A Cannes, elle se matérialise au sud avec la chapelle Saint-Pierre, implantée sur le port, et au nord avec la chapelle Saint-Antoine située en bordure de l’habitat médiéval. Les documents anciens mentionnent également un lieu-dit « St-Sébastien[1] » mais sa localisation ne nous est pas connue. Peut-être était-ce l’édifice à l’ouest de la chapelle Saint-Antoine[2].

Cannes à la fin du Moyen Âge

Cette ceinture spirituelle se manifeste avec encore plus de rigueur à Antibes où la chapelle Saint-Sébastien garde la porte ouest des remparts, la chapelle Notre-Dame d’Entrevignes s’implante au nord, et la chapelle Saint-Roch, suivie de la chapelle du Saint-Esprit, garde l’accès est de la commune. Au sud, la chapelle Sainte-Claire, implantée sur le port, complète ce balisage cardinal. Il existait à la même époque une chapelle dédiée à saint Pierre[3]. Bien que son emplacement ne nous soit pas connu, il y a fort à parier pour qu’elle se soit également trouvée sur le versant sud de la ville (côté mer).

Siège d'Antibes de 1592 (ASTo)

A Nice, une partie de cette ceinture de protection suit le rempart naturel du cours du Paillon. On retrouve donc, placés en face du pont permettant accéder à la ville au nord, deux édifices : une église dédiée à saint Jean-Baptiste et une chapelle dédiée à saint Antoine. Au sud, c’est à la porte Marine que fut construite une chapelle consacrée à saint Roch. Enfin, si la première chapelle Saint-Sébastien se trouvait en bordure de l’ancienne enceinte de la colline du Château, un deuxième édifice fut construit le long du Paillon, à côté de la porte Pairolière[4] et de la chapelle Notre-Dame de Sincaire[5].

Nice chapelles MA

A Villefranche-sur-Mer, la chapelle Saint-Pierre, implantée sur le port (au sud), assurait la protection des pêcheurs et marins tandis que la chapelle Saint-Roch, suivie de la chapelle Saint-Jérôme, gardait l’entrée est de la ville. L’ouest était défendu par la citadelle Saint-Elme et sa chapelle éponyme, mais aussi par une chapelle qui aurait été celle de Saint-Sébastien[6]. Au nord-ouest, la chapelle du Saint-Esprit (devenue Sainte-Elisabeth au XVIIIe siècle) fut construite le long du vallon de la Barmassa, limite naturelle de l’habitat médiéval.

Villefranche

Villefranche, restitution de l'ancienne ceinture de chapelles

La simple observation de ces quatre cordons sanitaires spirituels permet d’observer une permanence au niveau des protecteurs assignés à la défense de la cité. On y retrouve donc systématiquement au moins deux des trois saints prophylactiques fréquemment invoqués à cette période : saint Roch (Antibes, Nice et Villefranche-sur-Mer), saint Sébastien (toutes les communes) et saint Antoine (Cannes et Nice). Il faut y ajouter, pour au moins deux cas attestés, une chapelle dédiée à saint Pierre, implantée en versant sud sur le port, ainsi qu’une chapelle consacrée à la Vierge Marie (Notre-Dame d’Entrevignes et Notre-Dame de Sincaire) et une à l’Esprit sain.

Sans parler de modèle, on peut tout de même observer un schéma qui se compose souvent comme suit : un ou plusieurs édifices consacrés à l’un des trois principaux saints prophylactiques du bas Moyen Âge, un édifice consacré à la Vierge Marie et un à l’Esprit sain. Il faut également y ajouter, pour les villes littorales, le culte de saint Pierre.

Ces remparts spirituels, souvent placés en avant des remparts maçonnés ou à leur contact, forment ainsi un schéma qu’il serait intéressant de confronter à d’autres villes, littorales ou non, de l’Occident tardo-médiéval.

Aude Lazaro


[1] AD 06, H 0490 (1523) et H 0486 (1528)

[2] Notons tout de même le toponyme actuel de la rue Saint-Dizier et l’emplacement, dans la même rue, d’une église dédiée à saint Roch qui pourrait avoir remplacé un lieu de culte plus ancien.

[3] AD 06, 08B 0081

[4] AM Nice, CC 294, CC 359, CC 363, etc.

[5] AM Nice, CC 289 et CC 286

[6] Jean-Pierre Jardel, Rafaele Antoniucci, Alain Frouté, Jean Mascle, « D'une fontaine sacralisée à une chapelle sans nom Découverte d'un site patrimonial à la Darse de Villefranche-sur-Mer », Archéam, n°20

21 novembre 2019

Idées cadeaux pour archéologues et archéophiles - édition 2019

Décembre n’est pas encore là que tous les magasins te le rappellent : Noël approche à grands pas ! Cette année, tu as décidé de ne pas t’y prendre à la dernière minute et de ne pas te rabattre sur le trop facile chèque-cadeau. Mais tu te demandes encore comment tu vas trouver des cadeaux originaux et sympas pour ta famille, tes amis et collègues. Pas de panique, avec Thaddeus, on a préparé une liste d’idées cadeaux pour archéologues, historiens, et grosso modo toutes les personnes qui gravitent dans ton entourage d’amateur de silex !

2019 Noel

1 Prehistoire

Et puisqu’on parle de silex, autant commencer avec ce joli porte-clés fait main, constitué d’un silex sur son support de cuir (18€ ). Ce pendentif avec la tête de la Vénus de Brassempouy fera également un super cadeau pour les préhistoriens ( 15€ ) tout comme ce très beau collier en argent à l’image de l’Indalo, une peinture rupestre de la fin du Néolithique ou Âge du cuivre, qui représente une figure humaine avec les bras étendus et un arc en ciel sur ses mains (16€ ).

Si vous avez un ami ou collègue spécialiste des civilisations précolombiennes, il y a fort à parier pour que ce pins émaillé à l’image de Mictlantecuhtli allume des étoiles dans ses yeux(9€40). L’artiste qui réalise ces petites merveilles propose également un pins de Quetzalcóatl.

2

Une fois n’est pas coutume, offrez à vos amis anthracologues un nouveau type de charbon à étudier avec ces charbons qui sont en fait des … savons (6€80) ! Juste pour le plaisir de voir la perplexité se peindre sur leur visage !

Pour les protohistoriens, on vous propose ce t-shirt représentant une femme soufflant dans son lur en bronze (20€64 ) ou ces mignonnes petites fusaïoles inspirées des céramiques du Néolithique et de l’âge du Bronze  (18€76).

3

4

Si vous êtes plutôt antiquisant, on vous conseille la très belle collection Hestia et notamment les mugs Apollon (17€50) et l’ensemble salière/poivrière en forme de colonnes antiques (24€95) ! Pour les amoureux de l’antiquité égyptienne, vous avez le choix entre les nombreux objets à l’image de la Pierre de Rosette comme cette gourde à 9£99 ou inspirés du livre des morts (mug à 9£99). Et si le terrain vous manque,  le Louvre propose un kit de fouilles permettant d’exhumer la momie d'Imeneminet à l’aide de mini outils (15€90).

5

J'en profite pour signaler que comme personne ne s’est décidé en trois ans à m’offrir la peluche de Bastet, je vais immédiatement la mettre dans mon panier. Ne bougez pas, je finalise l’achat et je reviens.

6

Ceci étant fait, passons maintenant à nos amis médiévistes ! Au choix, nous avons sélectionné ce mug en forme de château, disponible pour 11€75 ou ce kit pour construire sa propre catapulte sur le modèle de celle de Léonard de Vinci (19€95). Par ailleurs, cela peut paraître étrange mais sachez que vous pouvez acheter une ceinture de chasteté sur le modèle des ceintures médiévales (65€). L’admin se demande encore qui peut bien acheter ça mais si cela se vend … c’est que cela s’achète (CQFD), alors assumez vos goûts, même les plus particuliers ! Et pour réchauffer les longues soirées d’hiver, on s’est dit qu’un peu d’alcool ne ferait pas de mal et on vous a trouvé un assortiment de 6 fioles d’élixir (34€90) ! Vin de groseille ou de kiwi, vin de sureau, cerise et miel, ces petites fioles peuvent également compléter un repas de Noël !

Et voici qui va sauver les éternels retardataires : un modèle de crochet en téléchargement numérique pour réaliser un bateau viking avec un petit viking, le tout au crochet (4€51)!!!

7

Et parce qu’il en faut pour tous les goûts (oui, c’est bien des anthropologues dont il est ici question), on vous a dégoté ce savon en forme de squelette fœtal (5€59) ainsi qu’un pins émaillé représentant un squelette de siamois (10€34).

8

Ils apprécieront également ce très joli collier ras du cou avec un atlas (première vertèbre cervicale) à 29€85. Et pour ceux qui auraient besoin de réviser un peu, voici un ensemble de 7 aimants composant les os du carpe, à replacer sur son frigo (11€54) !

 

9

Vous n’avez pas trouvé votre bonheur dans cette liste ? Alors jetez un coup d’œil par ici, c’est le bonus de cette édition de Noël, aka LE cadeau dont tout le monde va se souvenir pendant trèèès longtemps…

Et sinon, pour plus d’idées, vous pouvez également consulter les précédentes éditions des « Idées cadeaux pour archéologues et archéophiles », ici et ici.

Bons préparatifs de Noël à tous ! 🎅🎄🎁

P.S. : si quelqu’un cherche un cadeau de Noël pour l’admin, il y a ici un fort joli marque-page très à mon goût ;)

09 novembre 2019

Table ronde internationale sur les Ordres Mendiants en Méditerranée Nord-occidentale (XIIIe-XVIe siècles)

Une table ronde internationale sur les Ordres mendiants en Méditerranée nord-occidentale se tiendra à Nice du 4 au 6 décembre 2019.

Attention, l'nscription est obligatoire (et gratuite) et doit se faire avant le 18 novembre !

Le programme à télécharger (avec le formulaire d'inscription) :

Ordres_Mendiants_Nice_2019

Table ronde

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27 juin 2019

Habitat et lieux de culte dans le vallon du Refrei (Tende, 06)

Ouvrage de Castel Tournou

Boudée par les randonneurs qui lui préfèrent la vallée des Merveilles et ses gravures protohistoriques, la vallée du Riofreddo, à l’est de Tende, n’est pourtant pas dénuée d’intérêt.

Le vallon du Refrei est formé par le ruisseau du Riofreddo (13 km) qui prend sa source sur le plateau de Malabergue à un peu moins de 1800 mètres d’altitude. Grossi par les eaux du vallon de Malabergue, de Bachialon et de Baracon, il s’écoule d’est en ouest, vers le sud où il rejoint la Roya au niveau de Tende.

Le vallon du Refrei est essentiellement connu pour Castel Tournou (ouvrage 243) et le rocher de Servia (ouvrage 244), deux ouvrages défensifs creusés à même la roche en 1940.

Vallon du Refrei, sd.

L’histoire de l’homme dans ce vallon est pourtant beaucoup plus ancienne.

C’est en 1163 qu’est mentionnée pour la première fois la route qui va de Cravaluna, au-dessus de Navarne (aujourd’hui La Varne), au gias[1] de Malaberga (Malabergue).

Aujourd’hui, la présence humaine ne se concentre plus qu’en trois lieux : la Pia, Refrei et la Varne.

A seulement quelques minutes en voiture de Tende, c’est le hameau de la Pia qui concentre le plus d’habitants. Viennent ensuite le hameau du Refrei et les granges de la Varne, desservis par une piste depuis Morignole. Si les routes et pistes ont permis de pérenniser (de façon très relative) ces groupements d’habitats malgré le dépeuplement du vallon, un autre facteur doit être pris en compte pour expliquer la longévité de ces hameaux au fil des siècles derniers.

Saint-Julien, la Pia, Carta contenente Briga, Carnino, Upega e Tenda, ASTo

Ce sont les lieux de culte. Seules trois chapelles semblent avoir existé dans le vallon du Refrei. La première se trouvait à la Pia et était dédiée à saint Julien. Un seul document nous renseigne sur sa localisation et seul un oratoire accolé à un bâtiment qui correspondrait à l’ancien emplacement du lieu de culte pourrait aujourd’hui témoigner de l’existence de cette chapelle.

La deuxième se trouve à la Varne et est dédiée à Notre Dame des Neiges. Modeste bâtiment semblable aux autres bâtisses du hameau, elle n’est reconnaissable qu’à la croix en fer forgé qui se dresse à son fronton. De plan carré, sa surface est légèrement inférieure à 30 m2 et elle s’ouvre au sud. Elle est totalement prise dans le noyau d’habitations que forment les granges de la Varne.

Notre-Dame des Neiges, La Varne

Enfin, la troisième se trouvait un peu avant l’actuel hameau du Refrei et était dédiée à Notre Dame de Consolation. Il n’en reste aujourd’hui que des ruines. Cette chapelle aurait été reconstruite au XVIIIème siècle en remplacement d’une ancienne détruite par une avalanche de neige[2].

N-D de Consolation, amorce de la voûteNon orientée, elle s’ouvre à l’est et sa superficie avoisine les 30 m2. Sa façade est percée d’une porte rectangulaire surmontée d’un linteau hémicylindrique en lames de schistes concentriques et de deux petites fenêtres latérales. Une autre ouverture, plus grande, perce le mur sud de l’édifice. Il est possible qu’un oculus se soit trouvé au-dessus de l’entrée. De plan carré, cet édifice semble avoir été couvert d’une voûte d’arêtes, comme en témoignent les piliers qui, aux angles du bâtiment, portent encore quelques un des claveaux de la voûte, réalisés en tuf de rivière. L’essentiel du bâti est modeste et fait la part belle au schiste. Des lames de schiste, complétées par quelques blocs calcaires, constituent l’appareil de cette chapelle.

Notre-Dame de Consolation

 

1785, La Varne et Refrei, ASTo

En 1805, on y célébrait encore la sainte Messe mais ces petits lieux de culte n’accueillaient en fait qu’une ou deux familles, rarement plus. Ainsi, à la Varne, on ne comptait qu’une famille de sept ou huit personnes en 1805[3]. Cet aspect n’est pas propre au vallon du Refrei puisque le hameau de Canaresse, au nord de Tende, où se trouve la chapelle Saint-Pierre d’Alcantara, ne comptait à la même époque que deux familles pour un total de trente-cinq personnes[4]. La pérennisation de ces familles en un lieu pourrait d’ailleurs expliquer le caractère erratique de ces groupements d’habitats. En effet, l’observation des cadastres anciens et modernes ne fait ressortir aucune logique d’organisation. Aucune ligne médiane -si ce n’est au hameau du Refrei-, des parcelles aux dimensions disparates, des orientations variables, le parcellaire de ces hameaux a tout de l’urbanisme erratique. On peut localement observer quelques rares noyaux autours desquels sont venus s’accoler les autres habitations, sans doute au fur et mesure de l’agrandissement des familles, mais le seul critère qui semble avoir été pris en compte lors de la construction de cet habitat fut la volonté de vivre ensemble.

Gias à Cravaluna

Enfin, il ne faut pas oublier les gias et vacheries dont les ruines se rencontrent encore à travers toute la vallée et notamment à partir de 1500 mètres d’altitude. Le hameau de Cravaluna est composé d’un noyau d’habitats et de plusieurs gias répartis le long de la barre rocheuse qui mène aux rochers de la Crave au-dessus de la Varne et de Lassanasque. La totalité du hameau est en ruines mais les gias sont les bâtiments les mieux conservés de cet ensemble, preuve d’une certaine longévité des activités pastorales après l’abandon de l’habitat. On les reconnait aisément car ce sont de très grands édifices avec de larges ouvertures, peu ou pas de fenêtres et un large pilier central pour soutenir la charpente et la toiture. A Cravaluna, leurs murs sont larges, massifs, quasiment exclusivement réalisés avec d’épaisses lames de schiste alternativement posées en panneresse et en boutisse qui confèrent à l’ensemble une grande stabilité et résistance. Pourtant, on n’y abrite plus les animaux depuis longtemps et la végétation reprend peu à peu ses droits. Seuls les toponymes et quelques rares bâtiments signalent encore leur existence, comme la vacherie de Valmaurina, le gias supérieur de Malabergue ou la bergerie de Sénéca. On retrouve également les ruines d’une ca d’arbinée, une construction typique de la Roya, se présentant comme un enclos circulaire ou semi-circulaire en pierres sèches destiné à protéger les abeilles et leur miel et pouvant abriter jusqu’à une centaine de ruches.

Gias à Cravaluna Vacherie de Malabergue

 Le vallon du Refrei ne conserve donc pas que des vestiges militaires liés à son emplacement stratégique mais aussi un « petit patrimoine », témoin de plusieurs siècles de pastoralisme, dont l’architecture singulière est cependant condamnée à disparaitre avec les traditions qui faisaient vivre cette vallée.

 

Aude Lazaro



[1] Gias ou jas, se traduit pas « gîte » et désigne de grandes bergeries construites à l’écart des fermes et hameaux.

[2] AD 06, 01B 0207 - l'autorisation pour le notaire de Tende de rebâtir une chapelle située dans le quartier de Rioffredo, emportée par une avalanche de neige, déjà obtenue de l'évêque de Ventimiglia (5 juin 1738).

AD 06, 01B 0211 - la construction d'une chapelle champêtre, sous le titre de Sainte-Marie-de-la-Consolation, dans le quartier Riofreddo de Tende, en remplacement d'une ancienne détruite par une avalanche de neige, accordée au chanoine de la collégiale de ce lieu et la collation de la prévôté dans ladite collégiale pour le prêtre Carlo Giuseppe Caissotti (30 octobre 1761).

[3] Archives Diocésaines de Nice, 1C6.

[4] Il ne faut pas oublier que le concept même de famille a énormément évolué ces 200 dernières années et que l’exode rural a morcelé ces « clans ».

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19 mars 2019

Reliques en séries ?

Saint Fortuné de Coldirodi

Vous vous souvenez peut-être du corps de saint Fortuné que je vous avais présenté il y a quelques temps. Au détour de mes (nombreuses) pérégrinations, je suis tombée il y a peu devant le corps de saint Placide à Ceriana. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a comme un air de déjà vu ! Conservés dans deux églises de deux villes différentes distantes d’une trentaine de kilomètres, dans la province d'Imperia (Italie), ces deux re-lit-quaires (le jeu de mot était trop facile) ont la même forme et le même style. Seules les couleurs et les moulures varient. D'une longueur de 140 centimètres pour environ 75 centimètres de haut, ces reliquaires présentent la même structure, à savoir une niche ouverte à l'avant posée sur quatre pattes de lion. Celle de Ceriana est bleue (un faut décor de marbre bleu veiné de blanc peint sur bois) et or. Celle de Coldirodi est verte et or. La principale différence réside dans les moulures latérales. Le reliquaire de Ceriana (bleu) présente sur les deux tiers supérieurs des moulures latérales un décor de feuilles de chêne et de glands. Sur la partie basse, une feuille d'acanthe recouvre les coins inférieurs du reliquaire. Le reliquaire de Coldirodi (vert) présente un décor plus simple, uniquement constitué de feuilles d'acanthe. La partie haute de ces deux reliquaires est la même, à l'exception du motif central figurant la couronne et la palme du martyr qui présente quelques variations, notamment sur la façon dont les palmes se croisent et retombent hors de la couronne. Or, sur les quelques 200 niches contenant des squelettes, corps momifiés ou personnages de cire que j'ai pu comparer, aucun ensemble (si ce n'est les classiques rectangles de verre) ne présentait autant de similitudes que ces deux reliquaires (on observera par ailleurs, au niveau du contenu, que les reliques de femmes prennent plus souvent l'apparence de personnages de cire dans des positions de repos, alors que les hommes apparaissent plus volontiers sous la forme d'ossements mis en scène, dans des postures également plus variées).

comparaison

On observe également des similitudes en ce qui concerne les occupants de ces niches.

Saint Placide de Ceriana

Les deux squelettes sont vêtus de la même façon, avec là encore, des variantes entre les deux. Saint Placide est vêtu d’un vêtement blanc ornés de motifs floraux. Son bras droit soutient sa tête, une posture que l'on retrouve également chez saint Benoit de Vallebona (province d'Imperia également, et sa posture n'est d'ailleurs pas la seule similitude avec les deux corps dont il est ici question...). A côté de lui est posé un petit pot en verre, dont le contenu est difficile à identifier, fermé par un galon doré. Saint Fortuné, lui, est vêtu d’un plastron argenté selon le modèle de la lorica squamata, ou armure d’écaille, le modèle de broigne le plus courant dans l’Empire romain (saint Benoit de Vallebona porte également un plastron semblable). Il repose allongé, sa main droite tient une épée de bois, la gauche une branche d'olivier séchée et ses jambes sont croisées, la gauche passant par-dessus la droite. La tenue de l’un comme de l’autre est fortement rehaussée de broderies et rubans dorés.

S’il existe plusieurs saints nommés Fortuné, la tenue de celui exposé dans la niche verte laisse supposer qu’il s’agissait du soldat connu sous ce nom, et qui appartenait à la légion thébaine. L’épée dans sa main droite et les écailles argentées sur son plastron évoquant une armure sont en effet plus proches de la représentation d’un soldat que de celle que l’on pourrait avoir de saint Fortuné de Spolète, un prêtre qui consacra sa vie entière au labeur et à la charité, ou de saint Fortuné de Todi, un évêque du V-VIème siècle. De plus, il tient dans sa main gauche la palme du martyr sur laquelle est écrite S. Fortunati Marty.

Saint Fortuné vêtu d'un plastron argenté

Or, le corps de saint Fortuné de la légion thébaine reposerait dans l’église paroissiale de Lonate Pozzolo… mais aussi à Camogli ! Quelle relique est donc l’authentique ? Si tant est qu’une seule d’entre elles soit authentique… Les doublons de reliques de ce type, avec des squelettes ainsi vêtus et placés dans des niches ne sont pas rares. Dans la cathédrale de Melfi, c’est saint Théodore, vêtu d’or et de banc, une épée à la main, qui se tient allongé, accoudé sur son bras droit. Son corps proviendrait des Catacombes de Priscille[1], à Rome. Seul bémol, l’église paroissiale de Vasto possède elle aussi un corps censé être celui du martyr saint Théodore, allongé dans sa niche bleue et or. Le corps de saint Valentin se trouverait quant à lui à Palmoli, à Cavour, à Monselice et à Belvedere !

saint Fortuné dans sa niche

Cette multiplication d’individus pour un même saint démontre en tout cas la création ex-nihilo de reliques à partir de corps dont la véritable origine nous est finalement inconnue. S'agit-il de corps d'homonymes attribués (sciemment ou non) à tort à des saints ? Ces corps proviennent-ils seulement des catacombes ?

Sur le plan ostéologique, c'est le squelette de saint Fortuné qui est le plus facilement observable. Son avant-bras gauche présente plusieurs cassures récentes, peut-être liées au déplacement de la relique de l'église Saint-Bernard (aujourd'hui connue sous le nom du Sanctuaire de la Madone Pèlerine) à l'église paroissiale où elle est aujourd'hui conservée. Le radius et l'ulna droits sont également en mauvais état. En revanche, la tête est dans un remarquable état de conservation, surtout au niveau de l'os nasal. L'observation du saint Fortuné de Coldirodi permet également d’affirmer qu’il s’agissait du corps d’un individu mort jeune. En effet, l’épiphyse proximale du tibia (surtout visible sur le tibia gauche) n’a pas encore complètement fusionné avec la métaphyse. Or chez les hommes, la fusion de l’extrémité proximale du tibia se fait vers l’âge de 18 ans (15 ans pour les femmes)[2]

tibia gauche de saint Fortuné, Coldirodi

On ignore à quel âge mourut saint Fortuné (seule la date de son décès nous est connue), mais ce fut vraisemblablement jeune. Pour autant, il ne faut pas en déduire que Coldirodi possèderait la véritable relique . Premièrement, parce que si saint Fortuné mourut jeune, il est peu probable que ce fut avant l'âge de 18 ans, d'autant plus que les citoyens romains étaient mobilisables de 17 à 60 ans (bien sûr, il faut aussi prendre en compte les variations anatomiques et les limites des méthodes d'estimation du profil biologique). De plus, la qualité de la réalisation, avec l’épée et la lorica squamata, laisse présumer de la grande érudition en matière de vitae sanctae des pourvoyeurs de reliques. C’est sans doute préjuger des connaissances ostéologiques de l’époque mais nous ne sommes pas à l’abri d’un choix délibéré qui se serait tourné vers un individu mort jeune (c’est encore le problème de la provenance des corps : cimetières, catacombes anciennes, corps volé ou acheté puis préparé par compostage, enfouissement ou même macération dans l’eau ou cuisson ?). La relique serait arrivée à Coldirodi en octobre 1772 et proviendrait de Rome, mais aucun authentique ou document ne peut en attester. 

Saint Placide

Concernant le corps de saint Placide de Ceriana, on se retrouve face au même problème de doublon dans la mesure où son corps se trouverait également dans l’église Saint-Jean de Malte à Messina où il aurait été retrouvé en 1588… La ressemblance entre le reliquaire de saint Placide de Ceriana et celui de saint Fortuné de Coldirodi, qui évoquent une facture baroque, probablement du XVIIIème siècle, pose la question d’une production "en série" de fausses reliques destinées à orner les églises d’Europe et à raviver la foi à une époque où la ferveur chrétienne avait déjà considérablement faibli.

 

Aude Lazaro

[1] Paul Koudounaris nous rappelle d’ailleurs que "les squelettes décorés proviennent d'Italie, d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche aux XVIIe et XVIIIe siècles [… et qu’] aucun d'entre eux n'appartenait à des saints célèbres ou à des personnalités canonisées lors de procès officiels. Ils venaient des catacombes romaines, ils étaient des martyrs et étaient donc considérés comme des saints ". P. Koudounaris, Heavenly Bodies: Cult Treasures & Spectacular Saints from the Catacombs, 2013

[2] B. Jain, Guide to Forensic Medicine & Toxicology, B. Jain Publishers, 2016

Posté par ArcheOn à 17:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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