Façade de la chapelle

Cet édifice, que la tradition orale attribue à sainte Anne, se trouve au bout de l’impasse Isabelle, du nom d’un des anciens propriétaires de ce secteur, Isabelle Colombo qui résidait avenue Félix Faure mais possédait à Cimiez une maison de campagne. Une confusion avec la proche chapelle Sainte-Anne n’est cependant pas à exclure.

IMGP1478Cette chapelle orientée ouest-est est composée d’une nef courte et d’une petite abside à trois pans coupés. Elle mesure environ 4,50 mètres de long pour 3,5 mètres de large. La façade de l’édifice est percée d’un oculus ovale et de deux fenêtres dont les encadrements sont en briques. Elle présente sur la gauche ce qui pourrait s’apparenter à un contrefort mais qui est en réalité le moignon d’un des murs de la maison qui était autrefois accolée à la chapelle. Il est possible que le retour présent au nord-ouest de l’abside soit également un élément de cette maison disparue. L’appareil est principalement constitué de moellons grossièrement assemblés et un lit de briques vient soutenir la toiture.

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Dans les états de section de 1873, la chapelle est indiquée comme « en mauvais état et servant à des usages ruraux », ce qui pourrait s’expliquer par l’orientation religieuse des propriétaires, les Colombo. Cette famille de négociants installée à Nice depuis au moins le XVIIIème siècle était en effet de confession juive. Le fonds Colombo (1 S 1-118, Ville de Nice et Métropole Nice Côte d’Azur - Service des archives) nous apprend notamment qu’Abraham Colombo (1803-1870) était président de la communauté israélite de Nice et qu’il possédait à Cimiez une maison de campagne qu’il louait parfois au dey d'Alger, Hussein Bey. Rien d’étonnant, donc, à ce que cette chapelle ait été utilisée pour des « usages ruraux » par son propriétaire, Joseph Colombo, en 1873. Ce n’est d’ailleurs pas la famille Colombo qui est à l’origine de la villa et de sa chapelle attenante, puisque pas moins de trois cartes conservées aux archives de Turin, dont une de 1762-1763, mentionnent le nom de « Cauvin » à côté de ce bâtiment, qui existait donc avant que les Colombo ne rachetent le domaine.

Traces du parcellaire de 1871 dans le cadastre actuel

Actuellement, un permis de construire a été accordé pour un projet d’immeuble à côté de la chapelle, mais l’entrepreneur s’est engagé à ne pas détruire le petit édifice. Par ailleurs, un article du Nice-Matin du 3 juillet 2018 dans le cadre d’un contentieux entre les riverains et le promoteur immobilier fait état de « souterrains mystérieux », mais il s’agit sans doute des anciennes caves de la villa qui était autrefois accolée à la chapelle.

Cartes (ASTo) et restitution sur vue aérienne (IGN)

 

Aude Lazaro