La chapelle Sainte-Rosalie, autrefois située à l’intersection de l’avenue des Arènes et de la corniche Sainte-Rosalie, aurait été « bâtie sur un terrain appartenant au Chapitre, en exécution d’un vœu fait lors de la grande peste de 1631 »[1].

Mais c’est surtout au XVIIIème siècle, lorsque le chanoine Jean Garneri fonde une chapellenie dans la chapelle Sainte-Rosalie que cet édifice semble refaire surface. Un acte des archives du Chapitre cathédral de Nice mentionne en effet en 1772 la « fondation par le chanoine-curé Jean Garneri de deux canonicats et des cinq chapellenies rurales de Saint-Sauveur de Gairaut, Saint-Pierre de l'Ariane, Sainte-Rosalie de Cimiez, Saint-Etienne de Camp-Long et Saint-Roch de Roquebillière » et « l’acceptation de la fondation par le chapitre et l'évêque ». Le détail de ce legs est disponible sur le site Archeo Alpi Maritimi : http://www.archeo-alpi-maritimi.com/chapellesruralesdeNicegarneri.php .

Cartes figurant la chapelle Sainte-Rosalie

La chapelle Sainte-Rosalie semble avoir eu une vie religieuse assez marquée puisqu’elle est à plusieurs reprise mentionnée dans les archives anciennes et révolutionnaires. Ainsi, le 5 novembre 1779, un acte des archives du Sénat de Nice informe du « refus d'autoriser le transfert de la chapellenie érigée dans la chapelle Sainte-Rosalie, existant dans le quartier de Cimiez, dans la chapelle Saint-Roman, située dans le quartier de Bellet, dans la campagne de Nice »[2]. Le 12 août 1785, c’est « l'agrandissement de la chapelle champêtre Sainte-Rosalie de Cimiez » qui est mentionné, également dans les archives du Sénat de Nice[3].

Par ailleurs, les archives du Chapitre cathédral de Nice recensent les nominations ayant eu lieu à la chapelle Sainte-Rosalie. En 1773, Hyacinthe Botti est nommé chapelain de Sainte Rosalie de Cimiez[4]. La nomination de Pierre Giletta, de Levens, comme chapelain de Sainte-Rosalie de Cimiez se fait le 27 mai 1779[5]. Le 4 mars 1780, il s’agit de François Remusati. Le 25 janvier 1782, l'avocat Etienne Truqui reprend le poste de chapelain[6]. Un document du 12 avril 1785 comporte un « témoignage contre Truchi, chapelain de la chapellenie de Sainte-Rosalie, accusé de ne pas remplir avec conscience les charges de son bénéfice »[7]. Si l’orthographe du nom diffère sur les deux actes, il s’agit très certainement de la même personne. En 1787, la chapellenie est confiée à don Jean Honoré Castea (aussi orthographié Gioanni Onorato Casteu)[8]. Il achète notamment en 1792 quatorze ardoises pour neuf francs « pour les deux chapelles latérales de l’Eglise de ladite Ste Rosalie » [9]. On peut donc en déduire qu’en plus d’une sacristie, cet édifice comportait deux chapelles latérales, vraisemblablement ajoutées dans les années 1790.

Reçu pour la chapelle Sainte-Rosalie

Inventaire de 1805

Une série de documents conservés aux archives diocésaines de Nice nous apprend également qu’en 1789 la chapelle possédait, entre autres, une « couronne d’argent à l’image de Sainte Rosalie », une « petite croix d’argent à Sainte Rosalie », un « calice d’argent et sa patène », un « tableau des Indulgences » ou encore un « tabernacle en bois peint ». En 1805, elle était décorée par plusieurs tableaux dont un tableau de saint Joseph, un tableau de l’Immaculée Conception donné par le Sieur Passerone, un tableau de sainte Rosalie, un tableau de saint Charles et un autre de saint François d’Assise, ainsi que par deux « ovales », un à saint Louis et un autre à sainte Véronique[10]. On y trouvait également une représentation de saint François de Sales et un ovale de sainte Jeanne de Chantal, les deux fondateurs de l’ordre de la Visitation de Sainte-Marie. Enfin, une statue de la Vierge à l’Enfant ornée de pierreries et de perles décorait l’autel central.

La chapelle Sainte-Rosalie, parcelle 773

Le plan cadastral de 1871 indique qu’il s’agissait d’un petit édifice rectangulaire orienté ouest-est, d’environ 8 mètres de long pour 5 mètres de large. La chapelle est alors la propriété d’Albert Camous, « substitut du procureur du roi ». Il ne reste aujourd’hui de la chapelle que le nom de la corniche Sainte-Rosalie.

Aude Lazaro



[1] http://www.nicerendezvous.com/corniche-sainte-rosalie.html

[2] AD 06, Document 01B 0215 du 16/02/1776 au 17/12/1779

[3] Document 01B 0217 du 23/01/1784 au 30/11/1787

[4] Document 02G 0007-BIS du 01/01/1631 au 31/12/1782

[5] Ibidem (02G 0007-BIS)

[6] Document 02G 0005 du 01/01/1742 au 31/12/1864

[7] Document 02G 0068 du 01/01/1482 au XVIIIe siècle

[8] Document 02G 0004 du 01/01/1605 au 31/12/1862

[9] Archives Diocésaines de Nice, 1C29

[10] Ibidem