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ArcheOn

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22 novembre 2025

Idées cadeaux pour archéologue et archéophiles - édition 2025

Chaque année, les préparatifs de Noël commencent de plus en plus tôt et la quête des cadeaux parfaits bat désormais son plein. De nouveau, vous ne savez pas quoi offrir à vos proches et amis archéologues et/ou archéophiles ? Pas de panique ! ArchéOn vous propose une sélection totalement subjective, légèrement déraisonnable, parfois inutile donc parfaitement indispensable, de cadeaux à mettre au pied du sapin ou au bord de la berme.

 

🛠️ Pour le terrain et le bureau

On commence par un grand classique, la truelle, objet sacré du fouilleur.

Oui, mais pour Noël, on choisit une truelle personnalisée dont les motifs sont inspirés de la céramique celtibère. Comptez 60 € pour une de ces truelles, que vous n’oserez peut-être même pas salir tant elles sont belles !

On connait tous quelqu’un qui décrit le substrat par « brun » ou « marron », ou « ??? », ou même « terre d’ombre brûlée » (votre admin plaide coupable pour les noms « poétiques » des nuanciers de Winsor & Newton et Sennelier). Mais si votre archéologue préféré a fait du Munsell sa bible de chantier (oui, Jérôme, c’est à toi que je pense), il appréciera sûrement ces mugs inspirés du nuancier Munsell (Munsell 2.5Y Soil Chart). Comptez entre £7.49 et £11 pour un mug standard en céramique : un cadeau parfait pour afficher son expertise jusque dans la salle de pause/roulotte de chantier ou au bureau.

Vos amis et collègues archéologues apprécieront sans doute cette feuille d’autocollants sur le thème de l’archéologie, à 6,47 € : idéal pour personnaliser son casque de chantier, son ordinateur ou pour personnaliser la porte du bureau. Sur Etsy mais également sur d’autres plateformes, vous pouvez aussi trouver des stickers de céramiques à figures noires, de représentations de chats médiévaux, de Vénus paléolithiques, etc.

Les inrapiens le savent bien : les prochaines chasubles de sécurité seront couleur « framboise » ! Mais saviez-vous qu’il en existe aussi … en dentelle ?!!

Était-ce nécessaire d’en créer en dentelle ? Non. Est-ce qu’on les veut quand même ? Assurément.

chasuble sécurité en dentelle

🏡 Pour la maison (et pour afficher sa passion avec style)

Le Musée de la Tapisserie de Bayeux est fermé pour travaux, ce qui fait que la tapisserie (la broderie, pour être exact) est actuellement stockée dans les réserves, avant d’être prêtée au British Museum à partir de septembre 2026. Mais il n’est guère besoin d’attendre si longtemps et d’aller très loin pour la (re)découvrir : la boutique du British Museum propose une house de coussin représentant une des scènes de cette borderie narrative du XIe siècle. Comptez £40.00 soit environ 45€ pour avoir la Tapisserie de Bayeux dans votre salon.

Et pourquoi pas une boule à neige « La Dame à la licorne – À mon seul désir » ? Parce qu’il n’y a aucune raison pour que seule la Tour Eiffel ait droit à sa boule à neige. Élégante, kitsch juste ce qu’il faut, pour 16,90 €.

Pour la table, un ensemble de salières et poivrières en forme de pierre de Rosette sera du plus bel effet. Car, oui, cela existe ! Comptez £13.99 pour avoir un autre sujet de conversation que les frasques politiques lors de vos repas de famille.

Parce qu’il n’y a pas de meilleure saison pour multiplier les bougies que Noël, direction la boutique de la Maison Bohiti qui propose de très jolies bougies en forme de colonnes et de statues antiques (19,94 € pour la bougie représentant la Vénus de Milo, 41,05 € pour la grande bougie en forme de colonne grecque).

Pour la salle de bain (ou la piscine, ou la salle de sport), la boutique du musée du Louvre propose une très belle serviette de bain, créée à l’occasion de l’exposition « L’Olympisme. Une invention moderne, un héritage antique », inspirée de l’amphore à figures noires panathénaïque du peintre de Cléophradès, vers 500 av. J.-C.. Une belle serviette à (s’)offrir pour seulement 12€ !

Également pour la salle de bain, voici un savon qui a scandalisé Thaddeus, et qui plaira surtout aux anthropologues (2,72 €). À poser sur ce magnifique porte-savon pour rester dans le thème (15 €).

Et pour afficher sa passion avec style, vous pouvez opter pour une impression d’art. Le choix ne manque pas (ici, ici et ici) et si Stonehenge ne vous parle pas, vous en avez aussi du Colisée, de la pyramide de Chichen Itza, etc. Et il y en a pour tous les budgets !

🥧 Et qui dit fêtes dit festins ! L’occasion de jeter un coup d’œil vers les vins romains du Mas des Tourelles pour trinquer comme un citoyen de l’Empire, et vers l’alléchante « carte » médiévale de la Cour des Saveurs. Au menu, des plats et des terrines (civet de cerf aux châtaignes, sanglier à l’hydromel, terrine de sanglier à l’hypocras), des desserts (le taillis au fruits secs, notamment, un pudding très moelleux que l’on réalisait au XIVe siècle) et, bien sûr, des boissons (de l’hydromel, de l’hypocras et des bières médiévales).

Cluedo Louvres jeu

🕵️Enfin, actualité oblige, je ne pouvais pas ne pas vous parler du Cluedo du Louvre (45 €). L’objectif ? Enquêter pour « pour retrouver l’œuvre volée au musée du Louvre ». Et j’espère que, lors de vos parties, vous aurez plus de succès que les enquêteurs en charge de retrouver les bijoux et joyaux de la Couronne de France volés en octobre…

Et comme toujours, pour plus d’idées, vous pouvez aussi consulter les précédentes éditions des « Idées cadeaux pour archéologues et archéophiles », ici, ici et ici.

Bons préparatifs de Noël à tous ! 🎅🎁🎄

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22 octobre 2025

Pétition • Travaux sur le parvis de la cathédrale de Valence: arrêtons ce scandale archéologique !

La pétition dénonce le lancement d’un chantier d’aménagement sur le parvis de la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence sans qu’aucune étude archéologique préventive n’ait été menée. Ses auteurs s’alarment du risque de destruction de vestiges majeurs enfouis à faible profondeur sous la surface actuelle. Le site est en effet connu pour sa richesse archéologique : il abrite notamment les traces d’un baptistère du Ve siècle, transformé au XIIe siècle en église canoniale, ainsi que des éléments liés à un ancien palais épiscopal, à un rempart et à des thermes antiques. Plusieurs campagnes de fouilles avaient déjà révélé la valeur historique exceptionnelle du lieu, mais de larges zones n’ont jamais été explorées ni documentées de manière complète.

Surtout, le démarrage des travaux sans fouilles préventives contrevient au Code du patrimoine, d’autant plus que le parvis se trouve dans une zone de protection archéologique et au pied d’un monument classé depuis 1862 ! 

Les pétitionnaires demandent donc la suspension immédiate du chantier afin qu’une campagne de fouilles préventives complète soit menée avant tout aménagement. Ils appellent également au respect intégral de la législation patrimoniale et à une prise de conscience de la valeur scientifique et culturelle de ce site, considéré comme un témoin essentiel des origines de la ville de Valence. Lancée à la fin du mois de septembre 2025, la pétition avait déjà recueilli plus de mille sept cents signatures, parmi lesquelles celles d'archéologues reconnus.

Vous pouvez retrouver la pétition ici.

 

19 septembre 2025

Pétition • Préserver la cathédrale paléochrétienne de Vence

Cette pétition appelle à protéger et valoriser une découverte archéologique majeure à Vence : une cathédrale paléochrétienne avec baptistère, mosaïques et tombes du Ve siècle. Le site, fouillé par le service archéologique de la Métropole Nice Côte d’Azur, constitue une découverte majeure non seulement à l’échelle de la ville de Vence mais du département des Alpes-Maritimes. Si la Municipalité souhaite valoriser les vestiges, les pétitionnaires déplorent que le projet de halles commerciales sur ce site exceptionnel soit conservé. La pétition demande donc aux autorités locales de soutenir un projet culturel et muséal pour faire de ce lieu un site patrimonial, éducatif et touristique au service des générations futures.

Vous pouvez retrouver la pétition ici.

De nombreux articles de presse ont été consacrés à cette découverte importante :

- Le Figaro, Une cathédrale paléochrétienne découverte près de Nice, 31 juillet 2025

- France Info, C’est bien une cathédrale paléo chrétienne qui a été mise au jour dans les Alpes-Maritimes : "une découverte exceptionnelle", 31 juillet 2025

- CNews, Nice : une cathédrale datant du Ve siècle découverte par des maçons, 1er août 2025

- Finestre sull’Arte, À Vence, en Provence, un baptistère paléochrétien a été découvert à côté de la cathédrale du Ve siècle, 2 août 2025

Et un reportage vidéo :

- BFMTV, Un baptistère paléochrétien découvert à Vence, 1er août 2025

19 septembre 2025

Pétition • Pour sauver l’ancienne Fabrique Hugues-Aîné à Grasse

Portée par Bastien Botazzi, cette pétition s’élève contre la vente de l’ancienne fabrique Hugues-Aîné de Grasse, bâtiment emblématique de la parfumerie locale situé près du Musée d’Art et d’Histoire de Provence. La municipalité prévoit en effet de céder ce site de 466 m² à la Foncière « Pays de Grasse Dynamique » pour 300 000 €, mais les opposants dénoncent une atteinte au patrimoine communal. Restaurée récemment grâce à un mécénat, l’ancienne usine est considérée comme un « joyau patrimonial » qui devrait rester public. Les signataires proposent d’en faire un lieu culturel vivant, dédié aux savoir-faire de la parfumerie et intégré dans un parcours muséal reliant les différents sites de la ville. Vous pouvez trouver plus d’informations et signer cette pétition ici.

Le journal Le Figaro y a également consacré un article que vous pouvez retrouver ici.

9 août 2025

Le premier volume du Dicochap06 est sorti !

Après plusieurs années de travail, l’IPAAM vient de sortir le premier volume de son Dictionnaire consacré aux chapelles des Alpes-Maritimes !

Le Dicochap06 – ou Dictionnaire des chapelles du département des Alpes-Maritimes (France) – est un inventaire inédit consacré à un patrimoine religieux fragile et menacé de disparition. Lancé en 2019 par une équipe de passionnés de l’IPAAM, ce projet monumental vise à recenser toutes les chapelles du département en s’appuyant sur l’ensemble de la documentation disponible et sur un important travail de terrain. À ce jour, plus de 2 500 chapelles ont été recensées, dont environ 500 sont aujourd’hui considérées comme disparues.

dicochap06, dictionnaire, chapelles, Alpes-Maritimes, IPAAM
Couverture du vol. 1

Le dictionnaire comprendra 7 volumes :

  • Volume 1 (tome 72 des Mémoires de l’IPAAM, déjà paru) : généralités et liste des 520 chapelles disparues.
  • Volume 2 (à paraître en 2026) : chapelles des communes commençant par A ou B.
  • Volumes suivants :
    • Vol. 3 : communes de C à E
    • Vol. 4 : de F à M
    • Vol. 5 : de N à R
    • Vol. 6 : la lettre S
    • Vol. 7 : de T à Z

Le projet réunit plusieurs spécialistes ponctuellement épaulés par d’autres membres de l’IPAAM :

  • Claude Salicis, archéologue, spécialiste des lieux de culte préromains
  • Aude Lazaro, spécialiste des lieux de culte médiévaux et modernes (et votre dévouée admin)
  • Edgar Petit, historien local, spécialiste des lieux de culte modernes et contemporains

À partir du deuxième volume, qui concernera les communes commençant en A ou B, chaque chapelle sera présentée dans une fiche comprenant un numéro d’identification, une description détaillée et une photographie de haute qualité (avec ciel bleu garanti, Claude y veille !). Une classification a également été mise en place afin de regrouper les différents cas rencontrés sur le terrain : chapelles détruites, intégrées à d'autres bâtiments, oubliées, etc.

À terme, ce patient travail d’inventaire constituera une référence pour l'étude et la compréhension de ce patrimoine souvent méconnu.

Aude Lazaro

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7 mars 2024

L'inventaire FONTAS : Fontaines et sources saintes des Alpes du Sud

Attestés depuis les premiers temps du christianisme, les sources sacrées, fontaines saintes et puits vénérés parsèment le territoire français. Cependant, alors que des sites semblables ont été étudiés dans l’ouest de France, de la Bretagne à l’Aquitaine, ainsi qu’en Bourgogne, le sud-est de la France n’a encore fait l’objet d’aucune synthèse. Pourtant, à l’encontre du postulat selon lequel « les régions montagneuses n’attirent pas les cultes » (Caulier, 1990, p. 19), le département des Alpes-Maritimes, essentiellement composé d’espaces montagneux, compte de nombreux sites et vestiges témoignant de la sacralisation et/ou sanctification de certains points d’eau.

Figure 1 : le puits miraculeux de l'île Saint-Honorat au sein du monastère éponyme, 1635

Ce sont d’une part les puits, tel celui de l’île Saint-Honorat (fig. 1) ou celui de Sainte-Lucie à Saint-Vallier-de-Thiey. Ce sont d’autre part les fontaines édifiées pour capter des sources, voire des bassins, tel celui aménage au pied de l’oratoire Saint-Germain du Broc (fig. 2). Il y a enfin les sources et résurgences elles-mêmes, à côté desquelles viennent parfois s’implanter églises, chapelles ou oratoires (fig. 3).

Figure 2 : oratoire Saint-Germain, Le Broc. Bassin pour l’écoulement de l’eau à la base de la structure, cliché A. Lazaro 2023.

Forte d’une excellente connaissance du terrain mais aussi des fonds documentaires, j’ai donc compilé l’ensemble des données relatives à ces structures, tant pour assurer une meilleure connaissance (et donc protection) des sites que pour donner une ligne directrice à la suite de mes recherches et travaux.

Figure 3 : vue aérienne de la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines de La Brigue avec les résurgences du vallon de la Madone, cliché A. Lazaro 2023.

Cet inventaire, réalisé dans le cadre de mon travail de thèse sur les lieux de culte « secondaires » de Provence orientale, couvre le territoire des Alpes-Maritimes ainsi que les proches régions, soit l’arc liguro-provençal (fig. 4). Il recense, pour le département des Alpes-Maritimes, 55 sites attestés soit par des vestiges archéologiques, soit par des textes, soit par des données cartographiques (et notamment toponymiques). Il bénéficie également d’une bibliographie qui, si elle est ancienne et éclatée, est foisonnante d’informations est présentée dans chacune des notices composant cet inventaire (fig. 5).

Figure 4 : carte de répartition des fontaines et sources saintes ou sacrées et des monuments susceptibles de témoigner d’une sacralisation ou d’une sanctification des lieux.

Naturellement, ayant depuis le début de mon parcours, il y a déjà près de 10 ans (!), concentré mes recherches sur les Alpes-Maritimes, les données listées pour le Var, la Ligurie et le Piémont demeurent perfectibles. Il appartiendra donc à mes collègues spécialistes de ces espaces de pourvoir aux lacunes de cet état de la recherche et je tiens de fait à leur disposition l’inventaire réalisé.  

C’est par ailleurs sur cet inventaire que se fondent les travaux présentés lors de la 18ème Journée Doctorale d’Archéologie de l’ED 112 et qui feront l’objet d’un article dans le 18ème volume de la collection Archéo.doct aux Éditions de la Sorbonne. À signaler également, l’article sur « Les sources et fontaines Saint-Martin des Alpes-Maritimes » qui devrait paraître dans le courant de l’année 2025 ainsi que l’article co-écrit avec Claude Salicis consacré au site de Saint-Martin de Gattières dont la parution dans les Mémoires de l’Institut de Préhistoire et d’Archéologie Alpes Méditerranée est prévue pour la fin de l’année.

L’état des connaissances reste toutefois variable d’un site à l’autre. On ne saurait donc mettre sur le même plan des sites tels que celui de Notre-Dame-du-Brusc à Châteauneuf-Grasse, connu par plusieurs opérations archéologiques (fig. 5), et des sites plus "confidentiels" tel celui de Saint-Germain du Broc ou de Saint-Martin de Gattières qui ont tous deux fait l’objets de recherches de terrain en collaboration avec l’IPAAM.

Figure 5 : notice du site de Notre-Dame-du-Brusc de l'inventaire FONTAS

Si mon travail sur les sources et fontaines saintes des Alpes-Maritimes est donc loin d’être achevé, les données déjà récoltées sur ces dernières années témoignent de l’importance d’un phénomène longtemps sous-évalué. Le seul exemple des sources Saint-Martin en témoigne : seuls 6 sites sont connus dans les Alpes-Maritimes. Or, si ces chiffres peuvent paraître peu élevés par rapport à d’autres département qui en comptent parfois plus du double, tel celui des Landes (pays d'eau et de fontaines !) qui concentre un peu plus d’un dixième des fontaines christianisées de France, on constate, en rapportant ces chiffres à la superficie du territoire, que le département des Alpes-Maritimes est loin d’être en reste : dans les Landes, par exemple, avec une superficie de 9 243 km2 pour les 13 fontaines dédiées à saint Martin, on obtient une moyenne de 711 km2 par fontaine tandis que cette moyenne est de 716,5 km2 par fontaine dans les Alpes-Maritimes ! Sans prétendre à l’exhaustivité, ce premier inventaire des sources et points d’eau sanctifiés des Alpes-Maritimes entend donc poser les bases d’une recherche qui sera approfondie dans les prochaines années, pour remonter aux « sources » de ces éléments naturels sacralisés.

Aude Lazaro

4 février 2024

Montjoie ! Jeux de regards sur le sacré en Provence orientale et Ligurie occidentale à la fin du Moyen Âge

Quelle place le regard tient-il dans la topographie du sacré ? À travers ce billet édité dans le carnet de l’École française de Rome, je vous propose d’interroger la notion de visibilité des sanctuaires (montjoies et chapelles) de Provence orientale et Ligurie occidentale.

Montjoie ! Jeux de regards sur le sacré en Provence orientale et Ligurie occidentale à la fin du Moyen Âge

Billet rédigé par Aude Lazaro, doctorante en histoire médiévale à l'Université Côte d'Azur et édité par Chloé Tardivel, membre scientifique de la section Moyen Âge. Boursière de l'EFR en octobre-novembre 2022 et juillet 2023,...

https://efrome.hypotheses.org

 

Analyse de visibilité, Ascros, chapelle Sainte-BrigitteAnalyse de visibilité, Monjoie du sanctuaire de la Madone de Fenestres

Analyse de visibilité, Sanctuaire de la Madone d'Utelle

2 mai 2022

Appel à bénévoles - fouilles archéologiques Occitanie

Voici deux appels à bénévoles relayés par Clément Venco, de l'université de Toulouse !

Une campagne concernera la fouille de la chapelle Notre-Dame d'Esputs, du 23 mai au 11 juin 2022 (commune de Chaum, Occitanie).
Une autre portera sur l'habitat médiéval abandonné du Plateau de Bouve, du 11 au 30 juillet 2022 (commune de Malvezie, Occitanie).

Contact et CV à : Clément VENCO

clement.venco@gmail.com

Vous trouverez plus d'informations dans les fichiers joints : 

Fouilles Malvezie

31 janvier 2022

La femme et l'archéologie dans les films et séries

Jeune, belle, désirable, athlétique et intelligente : voici la femme archéologue telle que représentée dans les films et séries depuis les années 1995. Mais les rôles féminins des productions archéologico-centrées sont l’héritage d’une longue tradition mêlant aventure, romance et danger, le tout dans un contexte de chasse au trésor et de découvertes extraordinaires. Retour sur les figures féminines de l’archéologie dans le 7ème art.

La demoiselle en détresse : I need a hero

Comment ne pas fredonner ce refrain culte interprété par Bonnie Tyler en 1984 devant tant de récits mettant en scène une femme en détresse sauvée par un homme fort, beau et macho au possible ? L’évidence est là : dans les années 1950, la femme (fidèle image de ce que la société de la première moitié du XXe siècle attend d’elle, du reste[1]), telle que présentée dans les films d’aventure mêlant archéologie et chasse au trésor, est d’abord la fille d’un père ou l’épouse d’un mari, et elle doit s’entourer d’hommes, guides et/ou protecteurs, pour parvenir à son but. Dans Les Mines du roi Salomon, de 1950, Elizabeth Curtis, accompagnée de son frère John et du guide Allan Quatermain, part sur les traces de son mari disparu alors qu’il était à la recherche des mines du roi Salomon. Sans grande surprise, Elizabeth Curtis finira par s’éprendre de son guide et sauveur, Allan Quatermain… Sorti en 1954, le film La Vallée des Rois illustre parfaitement ce topos désormais bien connu de la « demoiselle en détresse » : nous sommes ici devant la fille d’un archéologue, mariée à un revendeur d’antiquités, qui souhaite poursuivre les recherches de son père et fait donc appel à un des anciens collègues de celui-ci. Au cours de leur expédition, ce dernier va la sauver à maintes reprises des mésaventures de son époux, au point de la faire douter de ses sentiments à l’égard de ce dernier.

Bande annonce _ La cité disparue (1957)

La femme, demoiselle en détresse, est l’objet de la romance, voire de la rivalité entre deux hommes (cf. notamment La cité disparue de 1957) : en bref, c’est un (délicieux[2]) accessoire de scène, un personnage secondaire, caution « sexy » renforçant la virilité de l’archéologue ou de l’aventurier qu’elle accompagne. D’ailleurs, dans la bande-annonce de La cité disparue, est-ce véritablement l’aventure scientifique/archéologique qui est « plus chaude que cent soleils du désert » (cf. capture d’écran) ? On est en droit de se poser la question … 

Les affiches de ces films annoncent la couleur : le protagoniste devra secourir la demoiselle en détresse

La scientifique sexy ?

Angelina Jolie dans le rôle de Lara Croft

Changement de paradigme à partir des années 1990 : la femme n’est plus guidée par des hommes, elle est elle-même archéologue. La plus connue est indiscutablement Lara Croft, d’abord sex-symbol du jeu vidéo, puis des films inspirés du personnage, dont le premier fut un véritable succès au box-office américain. Corps athlétique et poitrine généreuse, notre héroïne porte des tenues moulantes et parfois très courtes laissant peu de place à l’imagination. Car en même temps qu’elle devient une femme forte qui n’a plus besoin d’un homme (ou qui, du moins, n’en a plus tant besoin), l’archéologue voit sa tenue se rétrécir.

Si la tenue d’Evelyn Carnahan-O'Connell (La Momie, 1999, La Momie - Le retour, 2001 et La Momie - Tombeau du dragon, 2008) est parfois plus « conventionnelle », elle n’en met pas moins en valeur les « atouts » de l’archéologue, et en l’occurrence, je ne parle pas de son intelligence … Même chose pour la sculpturale poitrine de Sydney Fox, protagoniste de la série éponyme diffusée entre 2000 et 2003. Et que dire de Nico Robin, l’archéologue de l’équipage du chapeau de paille du désormais cultissime One Piece ? Le fan service est au manga ce que le chapeau Fedora est à Indiana Jones, et le personnage, avec ses jambes interminables, sa taille de guêpe et sa poitrine plus que conséquente, ne dépareille donc pas des autres personnages féminins du manga et de son adaptation télévisuelle. Mais une fois de plus, il véhicule le cliché de l’archéologue sexy, dont l’apparence et la tenue, plus que les compétences, sont au cœur du chara-design (pour les non anglophones, le chara-design (de character designer) est l’ensemble des éléments composant un personnage fictif).

De l'autre côté du miroir : légitime, mais dans l’ombre des protagonistes masculins

Plus récemment, le poncif de la femme archéologue s’est de nouveau nuancé puisqu’elle fait désormais équipe avec un homme qui, lui, n’est pas archéologue.

La "collaboration" entre l'archéologue Alex et Hooten

Dans les aventures de Tad (Tad l'explorateur : À la recherche de la cité perdue, 2012 et Tad et le Secret du roi Midas, 2017), ce dernier, ouvrier du BTP maladroit et féru d’archéologie, se retrouve, à la suite d’un quiproquo, à faire équipe avec Sara Lavrof, archéologue de métier. Dans la série Hooten and the Lady, diffusée en France en 2017 (et récemment rediffusée sur Gulli), l’historienne Alex Lindo-Parker, mandatée par le British Museum, doit faire équipe avec Ulysse Hooten, chasseur de trésor aventurier, afin de trouver des trésors cachés à travers le monde. Inversion de paradigme par rapport aux années 50 ? On ne saurait l’affirmer car si la collaboration entre la femme scientifique (et donc légitime) et l’homme « non-scientifique », point commun de ces productions récentes, est le miroir inversé de la collaboration entre l’homme scientifique et la femme « non scientifique » autrefois représentée, d’autres éléments doivent nuancer ce constat.

Tad sauve l'archéologue Sara

Jetons donc un coup d’œil à un autre des points communs de ces productions : tout d’abord, il y a la romance qui naît entre les deux partenaires, élément pratiquement absent des récits de Lara Croft, Nico Robin et même Sydney Fox. Encore un autre point commun ? Le retour subtil mais néanmoins bien présent de la « demoiselle en détresse » : elle vient tout juste de présenter sa dernière découverte que Sara Lavrof est kidnappée, motivant Tad à se lancer à sa recousse. Et si Ulysse Hooten est parfois secouru par Alexandra Lindo-Parker, c’est plus fréquemment elle que l’aventurier doit secourir …

Un autre aspect enfin, que trahissent certains synopsis, sinon certains titres : dans ces films et séries, même lorsqu’ils mettent en scène une femme archéologue, cette dernière n’est souvent qu’un personnage secondaire. Le synopsis du premier volet des aventures de Tad, disponible sur Allociné, est édifiant : « Suite à un quiproquo, Tad, ouvrier distrait, est pris par erreur pour un célèbre archéologue et envoyé en mission au Pérou. Avec l’aide de Jeff, son chien fidèle, d’un professeur intrépide, d’un perroquet muet et d’une charmante jeune femme, il tentera de défendre la Cité Perdue des Incas contre l’assaut d’une redoutable bande de chasseurs de trésors… ». Une « charmante jeune femme ». Elle n’est ni nommée (alors que le chien l’est !), ni définie par son métier. 

Si Indiana Jones était une femme (@ ArchéOn)

C’est juste une femme, jeune et charmante dont on se demande s’il ne s’agirait en fait pas d’une potiche destinée à rééquilibrer la distribution essentiellement masculine de ce film d’animation et à alimenter l’histoire d’amour qui se joue en arrière-plan, donnant plus de « valeur » au protagoniste masculin.

Quid de la femme archéologue alors ? Demoiselle en détresse ou aventurière forte et autonome ? Femme d’esprit ou corps sexualisé ?  La question est posée mais notons tout de même que si le chapeau Fedora est le symbole de l’homme archéologue, dans les films et séries produits ces trente dernières années, c’est le débardeur moulant qui est celui de la femme archéologue …

Aude Lazaro

Le débardeur, uniforme de l'archéologue

 

 

[1] Et, bien que produit récemment, The Dig (2021) est fidèle à cette image de la femme, l’intrigue prenant place dans l’Angleterre des années 1930. Notons néanmoins que si l’archéologue Basil Brown, sensiblement paternaliste, ignore d’abord les conseils de la propriétaire du terrain, Edith Pretty, c’est bien elle qui avait raison quant à l’emplacement des vestiges.

[2] Seuls les vrais auront la référence à Ekhö monde miroir, mais nous quittons là le 7ème art pour le 9ème art…

29 novembre 2021

Le lieu, l'église, le toponyme (journée d'étude en histoire et archéologie du Moyen Âge) 03-04/12/2021

Journée d'étude en histoire et archéologie du Moyen Âge organisée par Angela Baranes et Aude Lazaro (CEPAM UMR7264)

En 2001, Elisabeth Zadora-Rio, archéologue médiéviste, annonçait le divorce des disciplines historiques et de l’étude de la toponymie(1). Dans son article, elle remettait en question la pertinence des tentatives de datation de l’occupation humaine ancienne à partir des noms de lieux, ces derniers ayant évolués au fil des siècles. Pour autant, elle relevait que c’était précisément leur caractère évolutif qui pouvait en faire un objet d’étude intéressant, notamment pour comprendre les différentes appropriations et représentations d’un lieu par une société. Dans une démarche historique, on peut donc s’interroger sur le(s) choix relevant de la dénomination d’un lieu mais surtout sur les transformations, volontaires ou involontaires, ou le maintien de ces toponymes liés aux lieux de culte. A la croisée de l’étude des textes, de la cartographie ancienne, de l’archéologie, de la linguistique et de la géographie, cette journée d’étude vise à aborder les rapports systémiques entre le monument ecclésial, sa localisation et ses toponymes tout au long du Moyen Âge au sein d’un contexte chronogéographique large.

Différentes réflexions seront envisagées autour de :

- l’influence de la topographie anthropique et/ou naturelle dans la formation des toponymes ecclésiaux (question des géotoponymes notamment) ;

- les corrélations entre le choix de la dénomination et de l’implantation de l’édifice et sa fonction liturgique ;

- l’héritage des noms des lieux de culte dans les toponymes des territoires dans lesquels ils s’inscrivent (relation microtoponyme/macro-toponyme) ;

- les méthodes de travail du médiéviste autour de l’identification, la compilation et l’analyse statistique des toponymes historiques.

Cette journée est l’occasion de proposer un nouveau bilan après le « divorce » survenu entre histoire et toponymie il y a maintenant 20 ans.

 

(1) ZADORA-RIO Elisabeth, « Archéologie et toponymie : le divorce », Les petits cahiers d'Anatole, CITERES, Tours, 2001

Le lieu, l'eglise, le toponyme _ Journee etude Histoire medievale CEPAM Lazaro Baranes

https://www.cepam.cnrs.fr/evenement/journee-detude-le-lieu-leglise-le-toponyme/

Programmes_toponymes_ecclesiaux_Nice_3_4_decembre_2021

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